Elle attend. Sur le fauteuil, les mains jointes en une prière angoissée, elle attend. Ses yeux sont une valse à trois temps. L'horloge, le téléphone, la porte. Rythme lancinant, sans variation, monotone.
Il n'y a pas un bruit. Que le chat qui respire à pas feutré sur le divan. L'extérieur est si loin, inaccessible derrière le double vitrage. L'horloge. Elle se lève pour aller jusqu'à la table, feuilleter un bout de journal. Ca ne l'a jamais intéressée. Le téléphone. Elle rejoint la cuisine, fait bouillir de l'eau. Avec sa tasse, elle rejoint son fauteuil, y choit comme si elle avait mille ans. L'horloge.
Le vendredi, à 16h, sa fille vient toujours lui faire une bise, un thé, la conversation. Une heure avant, elle prévient toujours pour dire qu'elle est dans les embouteillages. Elle écoute la trotteuse, retire patiemment les tics et les tacs qui s'enfuient, qui la sépare de cette visite hebdomadaire. On est samedi, il est 16h. Plus que cinq cent dix-huit mille quatre cent. Trente-neuf, trente-huit...
Elle attend. L'horloge, le téléphone, la porte.