Question de Josette Féral à Christiane Jatahy
Josette Féral - Un acteur ne joue pas de la même manière pour le théâtre et pour le cinéma. Dans What if they went to Moscou ?, vos comédiens jouent à la fois pour l’un et pour l’autre. Les acteurs ont-ils partagé avec vous leurs difficultés par rapport à cela ?
Christiane Jatahy - Pour ce spectacle, j’ai répété cinq mois, la moitié du temps pour le théâtre et l’autre moitié pour le film parce que tout était soit trop petit pour le théâtre soit trop grand pour le cinéma. Comme les deux médias étaient séparés, il fallait trouver une manière de jouer commune, qui puisse convenir aux deux. Au fur et à mesure du travail, on a découvert que si cette forme de jeu était en relation directe avec ce qu’il se passait sur le plateau, elle commençait à pouvoir tenir dans un médium comme dans l’autre. Quand les actrices « jouaient », c’était très mauvais pour le cinéma, on a alors commencé à faire un travail dans lequel il fallait qu’elles réagissent à tout ce qu’il se passait même si cela impliquait qu’elles changent quelque chose dans leurs répliques. C’est un processus que je développe depuis longtemps avec mes acteurs. On a réussi à trouver une façon de jouer qui permettait une communication directe avec le spectateur, ce qui est très important dans mon travail. Du fait de la proximité avec la caméra, d’un jeu qui ne fuit pas le cinéma, on a obtenu que cette façon de jouer le potentialise. Je disais souvent aux actrices qu’il était plus important d’écouter que de parler.
Margot Dacheux (Paris 3)









