Le numérique prend de plus en plus d'ampleur dans notre société où il devient presque impossible de s'en passer ou de s'en détacher. Face à cette emprise du numérique, je me pose la question de savoir : que deviendra notre société ?
En ce qui concerne l'emprise numérique, la tournure que prend notre société m'inquiète énormément. Une société qui devient totalement dominée par le numérique au point où il devient difficile de s'en passer. J'ai peur que les relations humaines disparaissent totalement et qu'elles fassent place à des relations virtuelles. Au-delà de tout cela ma plus grande crainte c'est de voir notre société manquer de sociabilité envers ses proches, en étant trop occupée à construire son capital social ( Casilli 2013).
Ce phénomène m'inquiète de plus en plus, car moi aussi je m'inscris dans la catégorie de "dominés du web" si je peux l’appelé comme ça. D'après Sherry Turkle professeur au MIT, 44% d'adolescent ne se déconnectent jamais, même en faisant du sport ou en partageant un repas en famille (Klaus Schwab, 2017). De même pour moi, les médias numériques prennent beaucoup de place dans ma vie ; je ne me déconnecte jamais et je peux rester plus de 30 min sur Facebook alors qu'à la base c'était pour répondre à un message. Le régime de Facebook me pousse à y aller en tout temps. Entre les notifications par ci, les invitations par-là, les lives, les story ... je ne veux plus rien rater. Sans m'en rendre compte je deviens esclave de ses réseaux comme le disais Cédric Biagini « Ce sont les instruments eux-mêmes, dans le cadre de sociétés dites démocratiques, qui sont en train d’asservir les peuples sans qu’aucun dictateur ni autocrate ne l’ait décidé. »
Étant donné que nous vivons dans une société individualiste, je crains que cette emprise du numérique nous éloigne encore de plus belle.
En ce qui a trait avec la surveillance sur le Web, je me sens très surveillée et contrôlée, surtout par le fait que je laisse des traces numériques à chacune de mes connexions. « Les traces numériques représentent les informations relatives à un individu, laissées par celui-ci lors de sa navigation sur les différents régimes numériques (Internet, carte à puce, etc.) ( notes de cours, pwp 4 ).
En effet, j'ai une identité déclarative sur le Web c’est-à-dire que j'affiche ma vraie identité (nom, photo, adresse courriel, etc.) Selon une étude faite par Pascale Peurot, 92% des répondants ayant un profil sur un réseau social affirment avoir ouvert leur profil sous leur vraie identité. De ce fait, je deviens vulnérable, traçable à cause des différentes traces que je laisse lorsque je me connecte, lorsque je like un contenu, lorsque je fais un achat etc. D'emblée, les régimes numériques sont caractérisés par la traçabilité des actions des utilisateurs. Les pratiques interactives engendrent la production de traces qui permettraient de saisir la vie collective sur ces espaces (Mitchell, 2009 ; Venturini, 2012).
Bien que le Web 2.0 permette une certaine liberté celle de s'exprimer, de partager sur un sujet ; cette liberté n'est pas totale parce qu’on est toujours autant surveillé. Personnellement je doute de cette liberté où je suis surveillée h24, une liberté où mes données sont utilisées pour enrichir certaines personnes, une liberté où je dois faire attention à ce que j'écris sur les réseaux sociaux parce qu'on ne sait jamais qui viendra fouiner dans tes affaires. C’est le cas de Mennel Ibtissem , chanteuse de 22 ans qui s'est faite menacée d'exclusion à the Voice récemment à cause de ses anciens tweets et post Facebook qui datait d'au moins 2ans. " Depuis la diffusion de sa prestation des auditions à l'aveugle de The Voice, samedi dernier sur TF1, d'anciens messages de Mennel Ibtissem, chanteuse de 22 ans, refont surface et créent la polémique".
De quelle liberté parlons-nous au juste ? Où est la démocratie ? Plus j'agis librement, plus je me rends vulnérable et repérable ?
Pour conclure, je dirais que la société est sous l'emprise du numérique et je m'inquiète pour le futur de cette dernière. Aussi, vu la très haute surveillance sur le web, je ferais désormais très attention à ce que je publie ; car on a très souvent l'impression d'être libre, de pouvoir échanger comme on veut, de pouvoir s'exprimer , ce qui n'est toujours pas le cas d'autant plus que les propriétaires des plateformes vendent nos données pour se faire du profit.
Sources :
• La quatrième révolution industrielle, Klaus Schwab 2017
• Pascale Peurot - IUFM du limousin
https://www.cesep.be/PDF/ETUDES/ENJEUX/activisme.pdf
• Polé¬mique The Voice : sous pres¬sion, Mennel Ibtis¬sem préfère quit¬ter l’émis¬sion et s’ex¬plique
https://www.voici.fr/tele-realite/polemique-the-voice-sous-pression-mennel-ibtissem-prefere-quitter-lemission-et-sexplique-643785