Marc de Basquiat : Pour une économie au service de l’homme
Marc de Basquiat est l’un des grands témoins qui ont choisi de s’exprimer dans la campagne de Christine Boutin et Xavier Lemoine pour Force Vie.
Pour une économie au service de l’homme
La situation désastreuse des finances publiques condamne-t-elle la France à toujours plus d’austérité et d’injustice ? Alors que notre déficit cumulé s’approche dangereusement des 100% du PIB, faut-il oublier toute considération de justice sociale, et juste tenter de sauver par tous les moyens un système économique rongé par les déséquilibres ? Le « bien-vivre-ensemble » n’est-il plus un objectif politique ?
Certains pays européens ont su inventer des modèles combinant mieux justice sociale et efficacité économique, mais, du fait de nos histoires différentes, aucun exemple n’est généralisable.
Il est donc temps d’innover pour penser l’Europe sociale comme un élément fondateur de la communauté de destin de nos peuples.
Étant assaillis par de grandes difficultés qui fragilisent nos sociétés, nous devons réagir et inventer maintenant un nouvel outil de vivre-ensemble, au service à la fois de plus de justice sociale et du renouveau de notre efficacité économique.
Cet outil, c’est le revenu de base inconditionnel.
Un revenu pour participer à la vie sociale
Dans nos sociétés urbaines, qui peut vivre sans recevoir tous les mois un revenu pour accéder à la consommation de base ? Autrefois, dans nos campagnes, chacun pouvait toujours trouver un travail et se nourrir. En ville, où sont la grande majorité des citoyens, cela n’est plus possible. Au XXIème siècle, impossible d’entreprendre la moindre activité productive sans êtreconvenablement reposé, nourri,habillé…
Pourtant, notre imaginaire collectif continue de croire que le revenu provient forcément de son travail. C’est faux dans beaucoup de cas, depuis longtemps: 40% des revenus perçus par les citoyens, dans le système économique actuel, ne sont la contrepartie d’aucun travail. A l’inverse, les statisticiens de l’INSEE calculent que la majorité des heures travaillées ne sont pas rémunérées !
Il nous faut d’urgence comprendre et assimiler les conséquences d’une vérité fondamentale : « c’est parce que je perçois un revenu que je peux contribuer à des activités socialement utiles ». Ce revenu n’est d’ailleurs pas nécessairement lié à ce travail : les millions de français engagés dans des activités bénévoles peuvent le faire parce que leur revenu est assuré par ailleurs. C’est le cas de nombreux retraités actifs.
La question sociale fondamentale est alors : comment faire en sorte que chacun perçoive au moins le niveau de revenu indispensable pour contribuer à la vie sociale ?
L’impasse du système socio-fiscal actuel
Aujourd’hui, de très nombreux mécanismes contribuent à transférer des revenus réguliers à des millions de bénéficiaires. Bien entendu, cet argent vient bien de quelque part, via des impôts et des taxes prélevés sur nos revenus et nos achats.
Mais la plupart d’entre nous ne sait pas très bien comment cela se passe et si sa part est équitable. Car les impôts, les taxes et les aides forment un véritable maquis.
Citons ici quelques outils de la redistribution française : impôt sur le revenu, quotient conjugal, quotient familial, CSG et autres prélèvements sur les salaires, exonérations fiscales, taux différenciés selon la nature des revenus, RSA, Prime pour l’emploi, ASS, ASPA, Allocations familiales, Complément familial, Allocation de base de la PAJE, bourses d’enseignement sur critères sociaux, etc… Au jeu de la redistribution, qui gagne ? Qui perd ?
Face à cette complexité, chacun peut légitimement suspecter son voisin de davantage bénéficier de ce maquis que soi-même. Ce qui attise des jalousies mettant en danger le sentiment d’appartenance à une même communauté.Une clarification est nécessaire.
Par ailleurs, l’accès aux diverses aides nécessite d’accomplir des démarches toujours renouvelées. Le formulaire de demande du RSA par exemple compte 6 pages où on doit détailler tous les détails de sa vie privée. Pas étonnant que beaucoup de ceux qui y ont droit ne le demandent pas…
Tout ceci est très compliqué pour une seule raison : chaque mécanisme s’adressant à des cas particuliers, l’administration concernée doit forcément vérifier que le demandeur correspond bien au cas prévu. Ne serait-ce pas infiniment plus simple de mettre en place un système qui s’adresse à tous, sans exception ?
C’est la logique du revenu de base inconditionnel.
Placer l’homme au cœur du projet européen
En 2003, Christine BOUTIN présentait au Premier Ministre Jean-Pierre RAFFARIN son rapport « Pour sortir de l’isolement, un nouveau projet de société » qui proposait un « dividende universel », expression d’une solidarité intergénérationnelle universelle au sein de la communauté nationale.
Depuis lors, nos travaux ont permis de montrer comment les mécanismes redistributifs actuels pourraient avantageusement être remplacés par un dispositif unique.
Pour fixer les idées, imaginons que la collectivité nationale décide de verser un montant du niveau du RSA actuel à tous les adultes, indépendamment de leur situation familiale. Pour chaque enfant mineur, les parents recevraient en plus une aide valant la moitié de celle d’un adulte. Ceci pourrait se financer par un impôt prélevé sur tous les revenus.
Très concrètement, chacun mettrait en commun un quart (25%) de tous ses revenus et chacun recevrait, de façon égalitaire, 500 euros mensuels par adulte et 250 euros par enfant. Ces chiffres ne sont que des exemples. Un débat national sera nécessaire pour décider du niveau de redistribution souhaitable.
Ce mécanisme extrêmement simple et transparent permettrait de supprimer toute la complexité actuelle, qui insulte le principe même de démocratie et brime les plus faibles.
Son versement automatique n’empêche personne de chercher un travail, bien au contraire. Toutes les études économiques et les expérimentations menées dans plusieurs pays, en particulier aux Etats-Unis et au Canada, montrent que les quelques cas de retrait du travail concernent uniquement les couples, où celui (ou celle) qui a le revenu le plus faible fait parfois le choix de s’occuper de ses enfants ou de s’investir dans des activités socialement utiles même si non rémunérées.
Une consultation organisée en Europe en 2013 a permis de récolter plusieurs centaines de milliers de signatures. Cet élan démontre l’intérêt croissant que suscite la proposition d’un revenu de base. On constate que cette idée transcende les partis politiques. En France, nous travaillons avec tous ceux qui, quelle que soit leur sensibilité politique (droite, gauche, centristes, libéraux, écologistes…), œuvrent avec détermination à l’avènement d’un système simple, transparent, juste et efficace.
Grâce à son revenu inconditionnel, chacun continue à faire partie de notre société, quoi qu’il arrive, sans craindre d’être rejeté dans la solitude.
Notre projet social pour l’Europe
La TVA, inventée par la France en 1954, a été étendue à tous les pays européens et partout dans le monde. Cet outil représentatif du génie français a rencontré un succès planétaire, permettant de financer efficacement les services publics de nombreux pays.
Dans tous les pays, des experts travaillent aujourd’hui sur l’hypothèse de remplacer leurs systèmes socio-fiscaux complexes et coûteux, hérités de décennies de créativité législative et administrative, par un système simple et efficace, le revenu de base inconditionnel.
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