A ne pas voir si vous vous n'aimez pas l'humanité. Pas "l'Huma" le journal, quoiqu'il soit aussi question- un peu - de communisme, non l'humanité que nous portons en nous, celle qui se compose de fraternité, de solidarité, d'altruisme, cette part d'humanité que le féroce capitalisme n'a pas encore étouffé. Chaque journée est faite de motifs de déchirements, de rancœurs, d'aigreurs, il y a tous les jours, Ô nous frères humains, cent raisons de nous entre-déchirer, de se maudire, de se perdre et finalement de se tourner le dos quand on ne s'y plante pas un canif ou une hache... Guediguian, même si on ne lui la fait pas, c'est un gentil, un optimiste, il veut croire à la Fraternité celle qui unit la famille ET le genre humain. Il croit encore et nous avec, si on veut bien faire un petit effort, que la main tendue au frère, au pêcheur, à l'enfant, aux étrangers est la conduite à tenir pour que ce monde soit vivable. Tu as raison, Robert, mon camarade, le capitalisme à gagné... pour l'instant ! Mais là roue de l'histoire nous a appris que des temps propices à la justice sociale reviennent régulièrement, et que bientôt sûrement nous pourrons, planter nos fourches dans les culs des bourgeois qui nous méprisent tant ! La roue tourne en amour aussi. Tu es jeune et tu aimes la force de l'âge avant de t'en éloigner, bien nourrie que tu en as été, quelques années passent, ton cœur que les bas de la vie à un peu seché, renaît à l'amour et tu te laisses embarquer, que diable après tout, sur cette mer jamais tranquille. La méditerranée est un cimetière depuis quelques années, on n'y compte plus les rêves qui s'y sont noyés, emportés par la houle, les tempêtes, abandonnés par ces passeurs, Nochers malhonnêtes qui firent de la mer Méditerranée cet Acheron funeste. Parfois, la mer est un trésor, elle rejette des perles, des promesses d'avenir. Des enfants. "La villa" de R. Guediguian n'est pas un film nostalgique sur le mode du "c'était mieux avant", même si on y perçoit cette nostalgie qui peut nous saisir quand on perd pied et que la vie nous malmène. Ce film est porté par la volonté d'y croire aux lendemains meilleurs, aux jours plus heureux, à l'amour, aux enfants, à l'Humanité.













