L’étrange Noël de Horace Adcock
Il y a fort longtemps, à Londres, vivait Horace Adcock.
Il était prêteur sur gages d'objet magique avec son cher ami James Baker.
Horace était heureux de travailler avec son ami d'enfance.Il pensait n'avoir besoin de rien d'autre.Et d'ailleurs, il n'avait rien d'autre que James et sa boutique remplie d'objets magiques.
Seulement un rude hiver a emporté James, qui avait toujours été fragile des bronches.Horace avait le moral au plus bas.Il ne redeviendra plus jamais celui qu'il était, alors au fur et à mesure sa sœur, son frère, ainsi que tous ces neveux et nièces ne vinrent plus le voir.
Il lui envoyait une invitation pour Noël, mais ils espéraient qu'il ne viendrait pas, car il était toujours de mauvaise humeur, refroidissait toujours l'ambiance.
20 ans après la mort de James, à la veille de Noël, alors qu'Horace fatigué des chants de Noël, pestant et vociférant le plus fort qu'il pouvait contre ces chanteurs, alla se coucher.
C'est alors qu'il entendit un bruit.
Il attrapa sa lanterne et sa baguette, sorti de son lit et alla dans son salon, là d'où venait le bruit.
Il vit une fillette, aux cheveux roux bouclés, assise près du feu de cheminée.
MAIS QUE FAITES-VOUS LA ???
Je me réchauffe près du feu en vous attendant.
VOUS M'ATTENDEZ ??MAIS POURQUOI ??VOUS ÊTES CHEZ MOI ! ET JE N'ATTENDS PERSONNE.MAINTENANT SORTEZ AVANT QUE JE NE VOUS JETTE UN SORTILEGE IMPARDONNABLE !
Horace, calmez-vous, je me présente.Je m'appelle Elizabeth et vous allez me suivre pour un voyage hors du commun.
Il pensait qu'on se payait sa tête.Mais non.
Elizabeth lui prit la main, le força à grimper sur un cheval ailé et ils s'en allèrent.
En quelques minutes, ils arrivèrent près de Gloucester où Howard avait grandi.Howard se demandait comment ils avaient parcouru cette distance en aussi peu de temps sur le cheval, car bien sûr, il reconnut tout de suite, c'est comme si rien n'avait changé.
Et pour cause, ils n'avaient pas juste fait Londres-Gloucester, il avait également voyagé 40 ans en arrière.Il connaissait cette grange, à côté de laquelle ils avaient atterri.C'est dans cette grange que se rassemblait toute la communauté sorcière pour le réveillon de Noël.
Il y avait de la lumière, ce qui était étrange, car cela faisait bien 20 ans qu'il n'y avait plus de réveillons.
Il s'approcha de la fenêtre et vit une trentaine de personnes à table, près d'un sapin énorme, des bougies volantes dans toute la grange et un douce musique de Noël.
Et soudain, il tomba sur James en grande conversation avec LUI-MÊME !
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Quel maléfice m'avez-vous jeté ?
Il ne s'agit pas d'un maléfice, il s'agit de ton passé, celui que tu as vécu, une époque où tu étais heureux, bien avant que tu deviennes l'homme détestable que tu es aujourd'hui.
Il regarda à nouveau par la fenêtre et se souvint avec nostalgie de ces bons moments en compagnie de James et Kate.
À l'époque, Horace trouvait que James et Kate allaient bien ensemble.
Seulement Kate voyait en James un frère, elle ne souhaitait qu'une chose, c'est que Horace voit en elle, la femme et non la fille qu'il avait toujours connue.
Maintenant, il comprenait, mais le passé était passé, rien ne pourrait le changer.
L'esprit triste, il remonta sur le cheval.
Il pensait rentrer chez lui, mais Elizabeth, lui apprit, qu'ils avaient encore 2 voyages à faire.
Ils atterrirent à Londres, à côté de la maison de sa sœur.
Il vit des gens au rez-de-chaussée, c'était encore la veille de Noël et il reconnut sa sœur, son frère, mais pas les autres gens qui étaient avec eux.
Il y avait des enfants qui attendaient au pied du sapin, les yeux rivés sur la montagne de cadeaux.
Il demanda à Elizabeth, qui avait étrangement grandi, c'était maintenant une jeune femme.
Ces gens sont ta famille. Il y a ta sœur, ton frère, ainsi que leurs enfants et leurs petits-enfants.
Ah oui, les mêmes personnes qui ne sont jamais venues me voir.
Ils entendirent un bout de la conversation.
Eh bien cette année encore, nos prières ont été exaucées, oncle Horace n'est pas venu et n'a donc pas gâché la fête.
Oh Ronald ne soyez pas si méchant envers votre oncle.Vous savez bien qu'il n'a jamais pu se remettre de la mort de son meilleur ami.Il n'avait rien d'autre que sa boutique et il refusait qu'on l'aide.Mais j'aimerais qu'un jour cela change.
Ils remontèrent sur le cheval pour le dernier voyage.Horace comprit qu'ils iraient dans le futur.
Oui, effectivement.Mais ils arrivèrent dans un cimetière.
Il vit la tombe de James fleurie avec des Roses de Noël, ainsi qu'une autre à côté vierge de toutes fleurs, ni même de passage régulier d'un proche, il se demandait à qui elle pouvait bien être...
Elizabeth (qui avait encore un peu changé) lui apprit, qu'ils avaient voyagé de 15 ans dans le futur.
Alors, il comprit là aussi . C'était sa tombe.
Il remonta à cheval pour la dernière fois et arriva dans son salon.
Il était triste. Et il se rendait compte qu'il était lui-même responsable de sa tristesse.
Il avait gâché sa vie en se détournant de ses proches, qui eux voulaient être présents.
Devant lui se matérialisaient les 3 Elizabeth :
Oui, vous avez voulu me faire comprendre à quel point ma vie avait été gâchée et c'est moi-même qui l'ai gâchée.
...voudrais-tu vraiment...
J'ai compris qu'on ne peut rien faire seul, nous avons besoin de nos proches quoi qu'il arrive et les repousser ne fera que nous isoler.Seulement, le passé ne peut être changé.
La plus jeune Elizabeth, lui donna un drôle de collier.La deuxième lui demanda de le mettre autour de son cou et la troisième l'embrassa sur la joue et lui souhaita bon voyage.
Horace se réveilla en sursaut, avait-il rêvé ? Ou bien était-ce réel ?
Une jeune femme se tenait dans l'encadrement de la porte avec dans ses bras, une jolie petite fille, aux cheveux roux bouclés, elle tendait ses petits bras potelés vers lui en disant « PAPA !»
En fait, il se fichait bien de savoir si ce qu'il avait vu cette nuit était réel ou non.Il savait qu'il ne deviendrait jamais ce vieil Horace aigri, car il avait quelque chose de précieux à quoi se raccrocher.
La vie n'est pas toujours tendre.Seulement, il faut toujours se souvenir que le bonheur ne se trouve pas un beau jour devant sa porte.Le bonheur se cultive, chacun a sa propre formule pour le faire fleurir. À vous de trouver votre recette.