“Si jamais l’orgueil surgit, ce qu’à Dieu ne plaise, prends garde que jamais il ne s’élève aucunement dans ton cœur, et ne perds pas de vue que Dieu résiste aux orgueilleux et les précipite au plus bas. Méfie-toi de lui, fuis-le, et montre toujours face à cette maladie et à cette peste mortelle une grande et franche humilité. Le créateur du genre humain, humble, véridique et bon, donne la grâce aux humbles. Il dit en effet lui-même : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur." Combien terrible est cette peste, cette maladie de l’orgueil : à cause d’elle, Lucifer, que le grand Créateur avait daigné créer grand, s’est enfoncé dans les ténèbres de ces nuées obscures et précipité au plus bas, englouti dans le souffre des peines de la mort ; avec tous les siens, il est voué sans fin au Tartare. Oh ! combien sublime est la grandeur, la hauteur de l’humilité ! Du lieu d’où le méchant, mal conseillé par lui-même, a été chassé par l’orgueil, l’Humble est descendu humblement. Il y fait monter les humbles par degrés pour y trouver le repos auprès des habitants du ciel. En eux réside et se repose Celui qui a dit :"Sur qui reposerai-je ? Sur l’humble, le paisible, et celui qui craint mes paroles."”
Dhuoda, Manuel pour mon fils, trad. Bernard de Vregille et Claude Mondésert, IXe siècle.












