La Métro et le jour où les “petites” Communes vont sortir de l’ombre : chaque institution est le produit d’une Histoire jusqu’au jour où un électrochoc se produit pour renvoyer cette histoire au rayon des simples archives. L’histoire de la Métro, c’est quoi ? Elle est née en 1995 dans des circonstances politiques très précises. Jusqu’à cette date, la gauche locale était “KO debout” par la perte de Grenoble en 1983.
Deux leaders locaux bataillent pour l’après-Dubedout : Migaud et Destot. A cette époque, le premier habite Grenoble Bd Agutte Sembat quelques étages au-dessus du local d’alors de la BNLI en face de la Banque de France. Il envisage de candidater à la succession de Raymond Espagnac dans le 1er canton de Grenoble puis de candidater comme tête de liste à Grenoble en mars 1989. Mais ce faisant, il va heurter l’ambition de Michel Destot. Avant les municipales de 1989, un pacte est passé. Les Rocardiens gardent Grenoble donc Michel Destot mènera la liste sur Grenoble. Et Didier Migaud “s’exile” sur Seyssins où il débutera de 1989 à 1995 comme Conseiller Municipal. Mais dans l’accord figurait le fait qu’en cas de passage à gauche de l’ex-SIEPARG, la présidence reviendrait alors à Didier Migaud. Et dans l’agglomération grenobloise jusqu’en 2010, tout a fonctionné sur cette répartition politique : Destot à Grenoble et Migaud dans le reste de l’agglomération.
La première remise en question intervient au printemps 2010 quand Nicolas Sarkozy nomme Didier Migaud à la Cour des Comptes. Pour la première fois, Michel Destot candidate à la fonction de Président de la Métro. Il est loin de Grenoble dans le cadre d’un déplacement de l’Association des Maires de France et il confie à Jacques Chiron le soin de mener les contacts. Le samedi qui suit sa nomination à la Cour des Comptes, Didier Migaud est de retour à Seyssins pour la passation du pouvoir de Maire. Après la cérémonie officielle, il réunit ses proches de la Métro et leur demande la solidarité en faveur du candidat désigné : Marc Baïetto. Quand Jacques Chiron prend les contacts, chacun est très apaisant, positif. Mais le moment venu, lors du vote interne, Michel Destot est battu. Didier Migaud a bien réussi à choisir son successeur. Le véritable “délitement” ne se produira que quatre ans plus tard avec l’élection de Christophe Ferrari.
Sur cette base historique, le “jeu politique” au sein de la Métro est simple. 1) Au sein de l’exécutif de gauche, ne pas rompre le pacte de “non agression” avec Grenoble qui obtient globalement ce qu’elle demande. 2) Renvoyer l’ascenseur aux Communes communistes de la première couronne qui sont les garantes de “l’union locale de la gauche”. 3) S’il reste des “disponibilités”, penser à la “droite” ou plus précisément à deux relais de droite avec lesquels la gauche est habituée à passer des accords bien au-delà de la seule gestion de la Métro (point sur lequel nous reviendrons prochainement de façon nominative très détaillée). Pour le reste, la Métro est une chambre d’enregistrement. La gauche est y organisée de façon très disciplinée pour disposer des bienfaits de la “mutuelle financière généreuse”. Et la droite fonctionne sur des bases claniques qui reflètent les “périmètres” d’influences personnelles de deux élus.
Mais voilà, comme sur le plan national avec l’explosion des vielles formations politiques privées du second tour de la présidentielle 2017 par lassitude des électeurs, la Métro a poussé trop loin sa “culture d’enregistrement”. Et lors des prochaines élections locales, non seulement des élus sortants vont payer très cher le prix politique de leur docilité trop ostentatoire mais le climat est à la remise en question de cette “culture historique”. Les “petites Communes” vont sortir de l’ombre. Et cette volonté, ajoutée à l’explosion à venir des configurations des vieilles formations politiques, va entièrement changer la donne de la Métro. Une étape nouvelle est solidement annoncée.