MARKED FOR DEATH (1990)
DÉSIGNÉ POUR MOURIR chez nous, MARKED FOR DEATH a beau regrouper du beau monde -l’acteur Danny Trejo (MACHETE, 2010) ou bien le compositeur James Newton Howard (plein de bons films, la liste est trop longue pour être citée ici)-, ça reste un film Steven Seagal, le bien-nommé incarnant ce héros bourrin qu’est John Hatcher. Produit oblige, on opte pour la VF, cachet comique permettant de surmonter la bêtise du long-métrage. MARKED FOR DEATH, correctement réalisé -en tant que production 20th Century Fox de l’époque-, est un des “moins pires” exemples de la médiocrité de Seagal -car présentant un bon nombre de répliques ringardes, mais pas que- avec cette direction scénaristique menant à la violence expéditive. On revoit avec nostalgie un cinéma d’un autre temps, où les balles tirées éclataient les chairs en faisant gicler le sang par demi-litres: aspect insuffisant pour cette histoire d’ex-agent de la DEA prenant sa retraite, mais devant rempiler face à une racaille Jamaïcaine s’étant répandue jusque dans la bourgade familiale. MARKED FOR DEATH est presque un buddy-movie, Hatcher étant souvent accompagné d’un collègue en quête de vengeance: hélas, ce petit plus n’efface pas ce sentiment de racisme quant au traitement de la pègre Jamaïcaine dans le film. Un peu gênant, les clichés de langage tels que “cool, mec” et autre “yeah man” étant légion: on s’avance encore plus loin avec la caricature vaudou du grand méchant, à grands coups de sacrifices humains et autres violences sectaires à l’appui. MARKED FOR DEATH est violent, ce vengeur blanc partant à la chasse de ces “rastas”, terme employé tout au long du visionnage lorsque Seagal s’adresse à un noir. On se doute d’une raison relatant d’une idiotie de mise en scène, maladroite et mal tournée, ce MARKED FOR DEATH étant réalisé par Dwight H. Little, un gars au parcours inégal et parfois “de seconde main”: HALLOWEEN 4 (1988), SAUVEZ WILLY 2 (1995), ANACONDA 2 (2004) témoignent de la teneur d’une réalisation assez oubliable: oui, il a aussi tué l’adaptation du jeu vidéo TEKKEN (1994-20017) en 2009, immonde ratage à jamais oublié... Si l’on écarte ce point dérangeant, MARKED FOR DEATH s’avère être amusant, de par ces manières bourrines d’un John Hatcher baffant amicalement tout visage humain qu’il croise -à l’exception de sa famille, bien évidemment-: le personnage est ouvertement un forcené imbécile aux lignes de dialogue (la version française, du moins) équivalentes à son Q.I.: feintant ses ennemis en déclamant de la philosophie de baroudeur de bas-étage avant de les taper, Steven Seagal assoit son statut d’icône naze mais sympathique. L’ultime instant de moquerie sera cette scène (qui se devrait poignante si bien faite) où l’acteur essaie de pleurer devant sa nièce hospitalisée, victime du gang “des rastas”: expression zéro absolu, malgré les gouttes d’eau glissant sur son faciès constamment impassible. Crise de rire. MARKED FOR DEATH s’éloigne peu des formats similaires du genre, incluant les étapes standard de l’actioner décérébré: c’est très souvent n’importe quoi. Sans atteindre le niveau de références catégorie “un poil nanardes” à l’image des très bons ABOVE THE LAW (1988) ou UNDER SIEGE (1992), MARKED FOR DEATH est minime en comparaison avec l’âge d’or d’un Seagal destiné à percer -ça s’arrêtera définitivement en 1993-. Oubliable, MARKED FOR DEATH l’est forcément, et se laisse pourtant regarder, le sourire en coin: “c’était mieux avant, même si c’était pas terrible”. A voir pour son héros sanguin John Hatcher, et les inévitables combats “rigides” d’un Steven Seagal à son potentiel maximum, MARKED FOR DEATH tient plus de l’en-cas que du bon repas: le film est une intro soft au nanar des années 90, donc on valide malgré la faiblesse du film. Plaisir coupable de moindre qualité, on sent venir la menace toxique (FIRE DOWN BELOW, 1997) à grands-pas... “VU”.
STEVEN TSS TSS /20