Traversée
Sous un masque de sérénité, j'ai appris à naviguer dans les eaux troubles, dissimulant un abîme de peine derrière un sourire figé, sans jamais laisser transparaître un soupçon de mélancolie, pour ne point attirer la compassion non désirée. Comme une embarcation bravant l'orage, ma fierté fut rangée dans le recoin le plus sombre de mon être, confrontant des vagues d'outrage tout en préservant une étincelle secrète, loin des regards indiscrets. Le voyage se révèle ardu, en particulier quand les courants du contentement semblent s'être retirés, engloutis par les remous implacables de la vie quotidienne. Malgré tout, je poursuis ma route, car ton existence est le phare qui éclaire mes nuits sombres, le motif pour lequel je continue d'avancer.
Dans l'étreinte du silence, j'ai appris à réprimer mes larmes, à tromper mon cœur meurtri, me rappelant sans cesse que l'existence, semblable à un fleuve ininterrompu, poursuit son chemin. Quand l'affection s'est dissipée de ma présence, je me suis levée pour partir en silence, affichant à l'horizon ma capacité à embrasser le néant sans un mot. Ma peine, je l'ai dissimulée sous les couches de mon esprit, avançant sur mon sentier comme si de rien n'était, me questionnant sur ce que demain pourrait encore offrir, derrière le mystère de l'avenir.
La robustesse m'a été dictée, un fardeau inévitable quand la logique prend le dessus sur les pulsations du cœur. Dans cette odyssée à travers le vide, j'ai écouté les murmures du vent et des constellations, parfois au prix d'une douleur profonde, apprenant à composer avec un cœur en éclats. Cette odyssée, malgré sa rudesse, m'enseigne la ténacité face à un quotidien souvent impitoyable, où le bonheur peut sembler une chimère éphémère. Mais ma voilure d'espoir demeure tendue, car ta lumière guide mes pas sur le chemin sinueux de la vie.









