Piégeage d’air
Je n’étais encore qu’étudiante en cinquième année, et je n’en pouvais plus d’attendre pour passer à la pratique de la médecine. Avec ma meilleure amie on faisait des gardes volontaires aux urgences. On guettait toutes sortes de cas, et on voulait participer à les soigner: des infarcs, des crises d’asthme, des fractures, mais aussi de la chirurgie. On faisait les folles, on courait dans tout les sens, c’était formidable tout ce chakra.
La nuit, une ambulance ramène une évacuation de la maternité, un nouveau-né, et nous voilà déjà dans l’engin à contempler le petit miracle dans la couveuse, tels des enfants face à un aquarium, on s’est précipité sur son dossier et ses radios: un pneumothorax suffocant nous éblouit. Selon le chirurgien pédiatre de garde, il faut ouvrir de toute urgence; une thoracotomie à la volée a été faite, sous l’objectif de mon appareil-photos, dès l’ouverture le poumon bulleux fait issue dans la plaie, le chirurgien décide alors de pratiquer une lobectomie réglée. J’immortalise la pièce de résection en photo avant qu’on ne l’envoie en anapath.
Sans encore connaitre la pathologie tel que je la connais aujourd’hui, assister à ce bloc était une chance que je ne savais pas avoir, le plus beau des emphysèmes lobaires géants









