SEANCE #05 – Militantisme en ligne, un combat perpétuel ?
À travers, ce billet de blogue, je vais m’intéresser au militantisme en ligne (surtout le féminisme, car c’est le sujet de mon mémoire en France) et les clivages qu’il peut renforcer.
De manière générale, les « organisations militantes se sont emparées des Techniques d’Information et de Communication dans le but de relayer et diffuser leurs revendications » (Breda, 2017). Dans les années 80, il y a la convergence de l’information et des télécommunications. Ainsi, les citoyens passent d’un rapport passif à l’information à une production active. Comme le disent Dominique Cardon et Fabien Granjon dans Médiactivistes (2013), ce sont les groupes en marge, militants qui utilisent Internet en premier.
Cependant, comme le soulève Christine Guionnet, dans l’article « Troubles dans le féminisme. Le web, support d’une zone grise entre féminisme et antiféminisme ordinaires », le féminisme en ligne renforce les clivages entre féminisme et antiféminisme. « Si l’on en croit plusieurs sondages publiés récemment, il existe actuellement un véritable malaise de l’opinion publique par rapport au féminisme. » (Guionnet, 2017). L’auteure définit deux idéaux types en ligne :
« Les féministes sans réserve », c’est-à-dire des personnes qui assument pleinement leurs positions, qui se revendiquent comme féministe. Elles montrent en quoi les causes féministes s’imposent indiscutablement.
« Les antiféministes sans réserve ». Dans la même manière que les « féministes sans réserve », ces personnes assument leurs positions. Elles ne distinguent pas le féminisme en tant que lutte pour l’égalité et les féministes (personnes qui se battent pour). Ce groupe rejette « certaines féministes radicales en particulier ». Il y a deux sous-catégories : les « ulcérés du féminisme » (qui exprime un « ras-le-bol » général à l’égard des manifestations actuelles du féminisme » et les « antiféministes par devoir moral » (pour lesquel.le.s dénoncer le féminisme est perçu comme une sorte de nécessité politique, en raison des risques de dictature de la pensée).
Finalement, comme l’a dit David Bertrand : « le fait que le féminisme en ligne se pratique, par définition, sur Internet, l’intègre nécessairement aux clivages qui séparent les utilisateurs de cette technologie. » (Bertrand, 2018).
En ligne, il est commun de voir des affrontements entre féministes et antiféministes. Auriez vous d’autres exemples de groupes militants et de leurs « adversaires » ?











