Une performance réalisée avec Clément Brunon (ESBA le Mans)

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Une performance réalisée avec Clément Brunon (ESBA le Mans)
introduction
Observer la société, c’est ce que fait le designer avant toute autre chose. Son travail ne se résume pas à proposer des versions améliorées, plus soucieuses de l’environnement, plus séduisantes, plus efficaces, moins chères, des produits que nous consommons. Il doit innover et l’innovation est une notion plus globale. Innover c’est améliorer notre quotidien, et notre quotidien n’est pas fait seulement de produits, d’objets qui nous assistent. Le quotidien c’est avant tout vivre ensemble. Les nouveaux comportements développés pour pallier à des manques, des dysfonctionnements ou des anomalies dans notre société doivent être observés attentivement. Façonner l’environnement, nous le faisons instinctivement mais nous le faisons par groupe. William Morris (Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre, Rivages 2 poche / petite bibliothèque, Payot et Rivages, 2013) disait “on peut s’associer au lieu de lutter”. La nature propre de l’Homme le guide vers des pratiques communautaires de partage et d’échange pour assurer la survie de tous. Être designer, c’est savoir que créer un objet est en réalité créer une expérience, par l’usage mais aussi par le processus de fabrication. C’est aussi être soumis à des lois morales. L’innovation sociale est le point de départ et d’arrivée du travail du designer comme Ezio Manzini (http://www.slowlab.net/ezio%20manzini.html) nous le rappelle. Il mène une réflexion globale qui place à son centre l’homme, l’homme concepteur, l’homme fabriquant, l’homme utilisateur.
Pour ces raisons, j’ai décidé de baser ma recherche sur l’observation d’un phénomène nouveau, celui des Makers (http://en.wikipedia.org/wiki/Maker_culture). Ces «fabricants» sont des activistes de la réappropriation des moyens de production. La production industrielle de masse a fini par nous déposséder de nos droits sur notre environnement. Réparer soi-même sa voiture sera bientôt impossible. Ma plaque de cuisson vitrocéramique est en panne, il faut appeler le service après-vente de la marque. J’ai acheté ces chaussures il y a trois semaines mais je dois les jeter, elles sont trop usées. Voici quelques exemples de ce que notre rapport aux objets est devenu et les Makers ont décidé de changer cela. Partout dans le monde des groupes se mobilisent pour ouvrir des ateliers partagés accessibles à tous et où chacun va pouvoir réapprendre comment on fabrique ou répare soi-même quelque chose. Les Makers se multiplient à une vitesse incroyable grâce à la baisse du coût des machines à commandes numériques: imprimantes 3D, découpeuses laser, fraiseuses numériques, découpeuses vinyle, etc... Elles permettent de pouvoir travailler à partir d’un fichier numérique envoyé à la machine. On peut avoir téléchargé ce fichier depuis internet où l’offrir au téléchargement après l’avoir créé ou modifié. Le travail de ces machines est précis et elles ne nécessitent pas d’être expert pour s’en servir. Les Makers ont même commencé à créer leurs propres machines à très bas coup et Open Source (http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_sourc), c’est-à-dire libres de droits.
Ce mouvement est porté par une éthique très forte libertaire et écologiste. Une révolution est en marche, même si s’émanciper de l’industrie classique n’est pas encore pensable pour tous. Les micro-fabriques fondées par les Makers, qu’on appelle Makerspaces, Hackerspaces (http://en.wikipedia.org/wiki/Hackerspace) ou FabLabs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab) constituent une innovation sociale indéniable que personne ne peut ignorer aujourd’hui. Le mémoire qui suit relate mon expérience personnelle qui m’a menée à m’intéresser à ces initiatives. De manière chronologique, je présente ma pratique du design et ma découverte de techniques ancestrales: le verre et la céramique. Je présente également le carnet de bord de mon voyage dans plusieurs FabLabs des États Unis. Mon intention est de mettre en valeur les liens possibles entre des pratiques très récentes (la fabrication numérique et les nouveaux comportements qu’elle engendre) et des pratiques millénaires.
Voici le premier article:
Je suis étudiante en design, à l’École nationale supérieure d'art de Nancy en France (http://www.ensa-nancy.fr). Je partage ici mes expériences et mes expérimentations. Je commencerai par remonter le temps pour expliquer les origines de ma recherche.
Coming soon (haha) - Nouveau Département ?