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No hay alma acrobática que esquive un “¡hasta luego!”
Agua, Ambkor (con Nach).
INKTOBER 2023 - Esquive
Vingt-quatrième jour du Inktober sur le thème de l'esquive.
A FUNAMBOLIKA LA PRIMA ASSOLUTA DI ESQUIVE
A FUNAMBOLIKA LA PRIMA ASSOLUTA DI ESQUIVE Ha chiuso sold out la prima settimana di Funambolika, Festival Internazionale del Nuovo Circo, organizzato e promosso dall’Ente Manifestazioni Pescaresi. “Kairos”, l'innovativo spettacolo circense del Teatro delle Foglie, ha incantato il pubblico per sette sere consecutive al porto turistico di Pescara. È stato solo il primo spettacolo di quest'anno ed è stato un vero successo, con circa 1500 spettatori paganti nel corso delle sette repliche sotto il tendone. Ogni sera standing ovations e caccia al biglietto per poter assistere agli spettacoli. Dai palati più raffinati a famiglie con bambini, il circo attrae ogni tipo di pubblico.
Funambolika, festival internazionale del nuovo circo prodotto dall'Ente Manifestazioni Pescaresi, continua il 5 luglio al Teatro d'Annunzio con l'imperdibile “Esquive” (dal francese "schivare"), balletto vertiginoso su piattaforme elastiche e pareti oblique, uno spettacolo ipnotico in cui i performer camminano sui muri e si gettano nel vuoto. GUARDA IL TEASER Si tratta di un progetto nato durante il lockdown, sul tema del rischio e della caduta, che unisce alta acrobazia, danza contemporanea e musica elettronica. Sostenuto dal Ministero della Cultura Francese, co-prodotto da cinque teatri stabili d'oltralpe, “Esquive” ha accettato l'invito di Funambolika a tenere a Pescara la prima data internazionale, prima ancora di approdare a Parigi. L'idea del progetto è di Gaëtan Levêque, atleta-coreografo che da 25 anni fa del trampolino la propria specialità. Per questo spettacolo ha messo insieme sei acrobati-danzatori fuoriclasse usciti dalle migliori scuole francesi, realizzando una sorprendente macchina scenografica che invaderà l'intero palcoscenico del d'Annunzio, raggiungendo in alcuni momenti un'altezza di dieci metri.
«Funambolika è sempre stato un laboratorio, un trampolino di lancio» spiega il fondatore del festival, Raffaele De Ritis; «negli anni abbiamo puntualmente accolto creazioni inusuali da tutto il mondo, ancora sconosciute, che partendo da Pescara sono diventati appuntamenti leggendari a Londra, Sidney, Parigi, Berlino Montreal. Una delle nostre missioni è la scoperta, e con essa stimoliamo la curiosità del pubblico verso territori inesplorati della creazione. Ed è su questa scia anche la scelta di accompagnare nella nascita un progetto creativo e ambizioso come “Esquive”. Il circo resta un linguaggio nel quale la fantasia e l'innovazione non hanno confini». Al termine dello spettacolo, tornerà anche quest'anno la tradizione del “Funambolika Talk”: dopo i saluti finali, gli artisti rientreranno brevemente in scena per raccontarsi e scambiare con il pubblico domande e curiosità.
Funambolika, giungerà al clou con l'ultimo appuntamento di importanza mondiale: l'8 e il 9 luglio, sempre al Teatro d'Annunzio, andranno in scena le due repliche di quello che è forse il momento più atteso: la quattordicesima edizione del “Gran Gala du Cirque”, che si annuncia favoloso. Lo spettacolo più prestigioso dell'anno raccoglierà le novità da tutto il mondo, tra vincitori di talent show internazionali o vincitori dei massimi concorsi circensi del pianeta.
I biglietti per “Esquive”, che stanno andando a ruba, sono disponibili anche in un convenientissimo carnet in combinazione con il Gran Gala du Cirque. Info funambolika.com . Se questo articolo ti è piaciuto condividilo sui tuoi social utilizzando i bottoni che trovi qui sotto Read the full article
Se débiner ou esquiver ?
Stratégies de l’esquive, encore une fois (ses variations et ses faux amis). J’ai envie d’insister sur la dimension active de l’esquive, sa dimension décidée et butée, provocatrice et politique (y compris quand c’est la seule voie qu’il reste, sur le fil, sur la crête, et qu’on ne saurait de toute façon rien faire d’autre - mais tout de même, il faut tenir sur cette crête, et endurer les vents contraires). On pourrait distinguer plusieurs formes d’esquive en amour, ou en tout cas : mettre à distance l’esquive qui ne serait qu’un repli lâche, une “bassesse” orgueilleuse (fuite en arrière). On a déjà écrit sur le “ghosting”, dont parle Claire Marin dans son ouvrage sur les ruptures : le ghosting est une rupture-disparition, où l’on abandonne l’être aimé silencieusement, sans avertissement et sans explication, en s’effaçant progressivement. Et en réalité : on abandonne peut-être moins de cette manière l’être aimé, que l’être aimant, l’être qui aime trop, ou qui dérange parce qu’il a pris trop au sérieux la déclaration d’amour. Dans un article fascinant que m’a envoyé ma collègue Caroline G. (”Par l’amour”), Hannah Arendt raconte une histoire qui permet de dessiner les contours de ces formes différentes d’esquive. Une femme (Rahel) aime un homme (Finckenstein - laissons tomber tous ses prénoms) qui a “voulu qu’elle l’aime”. Mais Finckenstein prend assez vite la fuite, malgré sa déclaration d’amour romantique fabriquée de “clichés” forcés et de “situations imaginaires”, déclaration que Rahel a investie sans compter (”S'il se rapproche d'elle, s'il l'aime, ce n'est que par hasard, car il ne la connaît pas. Il ne fait que lentement sa connaissance, et à mesure que cette connaissance croît, son amour décline”) :
“Difficile de dire s'il l'aime. Il est écrasé par les conséquences que son timide petit début d'amour a déclenchées en elle. Bien sûr, c'est lui qui a voulu qu'elle l'aime ; mais il n'a pas su ce qu'il voulait. Voilà qu'il se sent inexplicablement pris au filet. Il ne le prenait pas tellement au sérieux ; elle lui coupe n'importe quelle retraite, avec son amour. C'est ainsi qu'elle, la conquête, le conquiert lentement. « Je voulais l'aimer d'amour. » En présence de cette détermination, tout ce qu'il fait se change à l'improviste en dérobade ; aussi bien l'optimisme de son espoir que son sentiment d'être inférieur à elle. Son amour perd « son aiguillon » ; il ne peut se tenir à la hauteur de celui de Rahel, « il se détruit lui-même »”.
Plutôt que d’être à la hauteur de ce qu’il a déclenché et qui le dépasse, ou d’oser casser cet attachement trop intense, Finckenstein préfère attendre que les choses passent, qu’elles passent d’elles-mêmes (sans effort de sa part). Il prend la voie d’un abandon “lent et passif”. La réponse passionnée de Rahel consiste alors à forcer/déclencher une “rupture franche et nette” (elle cherche le “refus direct” en se refusant à lui). Autrement dit, elle cherche à endosser la responsabilité de la décision dont il est incapable. Mais elle n’obtient de lui, “ni la rupture, ni le lien définitif”. Elle provoque pourtant, cherche le réel, la blessure qui lui rendra sa pleine puissance d’agir. Mais il ne lui donne rien.
“Impossible de soutirer quelque action à Finckenstein. Elle s'éloigne de lui, le rejetant ainsi dans une solitude, telle qu'il n'est plus en mesure de rien décider, puisqu'il n'est plus rien. Elle-même lui retire l'asile sûr de son amour, après l'avoir arraché à celui de sa famille. Elle lui barre impitoyablement toutes les possibilités d'une fuite, fût-ce d'une fuite vers elle, et même la fuite imaginaire, avec elle, loin des hommes, puis finalement aussi la fuite dans l'instant présent, loin des « voix de l'avenir ». Elle se hâte d'évoquer ce qui ne fait encore que s'ébaucher, non par goût des chimères, mais parce qu'elle sait bien que tout cela se réalisera un jour, et qu'elle est avide de n'importe quelle réalité, fût-ce la plus cruelle”.
L’homme se retire sur la pointe des pieds. Il renonce plutôt qu’il ne rompt. Il dit ne pas comprendre le sens de la rupture. Cesse de lui écrire. La femme qui s’est livrée et exposée réclame la décision franche (”il aurait pu attirer à lui, une fois encore, ma vie entière, s'il l'avait voulu !”). Elle le repousse pour chercher sa vérité. Elle cherche à tenir parole (tout se passe essentiellement dans l’écriture, l’échange épistolaire).
« Tu m'as dit que mademoiselle von Berg t'aime. Il y faut de l'espoir... Je n'ai à y opposer rien qu'on puisse définir ; donc, je me tais. Si tu ressens, si tu distingues dans quelque profondeur de ton âme le désir, le dessein, la pensée de vouloir t'unir à elle, montre-le ; et fais-le tout de suite. C'est tout ce qu'il te reste à faire pour moi. Je t'en somme pour la dernière fois. Dans un an, ou deux, ou trois, ce serait bas et vil. Alors je me considérerais comme une femme sur laquelle aurait craché le destin ; et je ne me garantis plus moi-même ; ce qu'un homme devrait toujours pouvoir. Alors je ne serai plus personne. Sonde-toi, aie du courage ! Ne reste pas avec un pied sur une rive et un pied sur l'autre. Passe le gué. Je ne puis plus agir à ta place. Je ne l'ai pu qu'une seule fois... Ne prends pas tout cela pour une menace. Si tu connaissais mon âme ! Le calice que me tend mon Dieu, je veux seulement le boire jusqu'à la lie ; mais le prendre de moi-même, plus jamais ».
(Sarah Siltala)
Politique du retrait (théorie de l’esquive - suite)
Je continue mon enquête sur les stratégies d’esquive - manifestement anti-héroïques - de celles et ceux qui s’opposent au modèle politique dominant de l’action politique triomphante. Je repense aux discussions soutenues avec Laura A. sur Elsa Dorlin, Se défendre. Plutôt que l’offensive, l’arrogance et le prestige spectaculaire de l’agression (qui vise souvent à augmenter son propre pouvoir ou capital symbolique grâce à l’action violente), tout autre chose : défaire les structures de domination, rompre avec les dispositions à la fascination, refuser la complicité avec les maîtres, tourner le dos, ne plus bouger, faire le poisson plat sur sa pierre plate. Il n’y a pas que des femmes qui cherchent à construire des modèles alternatifs pour l’action politique, des modèles qui ne manquent pas de puissance, tout en étant plus discrets, plus soigneux, moins narcissiques et moins tape-à-l’oeil. Je trouve dans mes lectures de ce matin un allié avec : Enzensberger “Les héros du retrait. Brouillon pour une morale politique de la destitution” (dans le recueil Feuilletage). La littérature a abandonné depuis longtemps la figure virile du héros. La politique est à la traîne. Extrait.
(photographie : A. Kinuko)
“La prétendue grande politique s’en tient jusqu’à ce jour, avec autant d’acharnement que de désarroi, au schéma classique du héros. Elle persiste à faire figurer des triomphateurs sur ses affiches et à rêver de victoires inégalées. Pourtant elle a atteint son étiage, comme le montrent non seulement son impuissance symbolique, mais la modeste portée de ses actions. Les normes démocratiques imposent à l’ambition et à la gloriole des entraves dont souffre manifestement le personnel dirigeant. Il n’est plus question de conquérir des empires, mais tout au plus une circonscription, et le génie stratégique se voit relégué dans des îles comme la Grenade ou les Malouines, qu’on ne trouve qu’à la loupe sur un globe terrestre. Ceux que réjouit le rapetissement quasi magique de la stature des héros n’ont qu’à comparer Churchill à Thatcher, de Gaulle à Mitterand, Adenauer à Kohl. Il y eut de toute éternité un côté théâtral et cabotin chez les héros incarnant les Etats ; mais aujourd’hui, les élites gouvernantes d’Europe occidentale ont franchi le pas qui sépare le modèle effrayant de son imitation ridicule. Le comique involontaire de ce clan dirigeant, obstinément persuadé de hanter toutes sortes de ‘sommets’, montre bien qu’il n’est resté du héros classique qu’une caricature.
Au cours de dernières décennies, la place a été prise par des protagonistes différents, dont je soupçonne qu’ils sont plus importants : par des héros d’un genre nouveau, incarnant non point la victoire, la conquête ou le triomphe, mais le retrait, la dissolution, le démembrement. Il y a tout lieu de se pencher sur ces spécialistes de la négation, car c’est sur eux que notre continent doit compter, s’il entend survivre.
C’est Clausewitz, le grand penseur classique de la stratégie, qui a montré que, de toutes les opérations, la retraite était la plus délicate. Cela vaut également en politique. Le nec plus ultra de cet art du possible consiste à abandonner une position intenable. Or, si la grandeur d’un héros se mesure à la difficulté de la tâche qu’il assume, il s’ensuit que le schéma héroïque doit être non seulement révisé, mais inversé. N’importe quel crétin peut lancer une bombe. La désamorcer est mille fois plus difficile”.
"Etre immune, c'est vivre à l'abri des chocs, des ennuis, des souffrances, c'est être hors de portée des flèches, avoir assez de bien pour vivre sans rechercher flatterie ni réussite, ne pas être obligée d'accepter les invitations et ne pas se soucier des éloges que reçoivent les autres. Etre forte, satisfaite, sentir que personne ne pense à moi et que je peux me reposer. L'immunité est un état paisible et exalté, désirable, que je pourrais atteindre bien plus souvent que je ne le fais. N'être rien n'est pas l'état le plus satisfaisant du monde ?" (Virginia Woolf)
citée par Rebecca Amsellem, Newsletter “Les glorieuses”