Tranches de vies de Piémontais dans la rue Fanguerot à Hyères en 1906
J’ai choisi d’étudier le recensement de 1906 parce qu’il indique le lieu de naissance des habitants et j’ai pris au hasard la rue Fanguerot parce qu’il s’agit d’une rue peuplée de la vieille ville d’Hyères.
Dans cette rue se trouvent 35 maisons divisées en 107 appartements pour un total de 320 occupants, soit une moyenne de 3 appartements par maison habités en moyenne par 3 personnes. Parmi ces occupants, 195 personnes sont de nationalité italienne y compris les enfants d’Italiens nés à Hyères ou plus généralement en France, soit un pourcentage de 61 % d’Italiens dans la rue Fanguerot,
vue du début de la rue Fanguerot en direction de la rue du Portalet (source: Google Street View modifiée par Gemini)
Je m’attendais à y trouver quelques familles piémontaises parmi des varois de souche mais à ma grande surprise, nombre d’Italiens demeurant à Hyères sont originaires d’autres provinces comme le Latium ou la Ligurie ou encore les provinces d’Imperia ou d’Isernia.
Le quart de cette population italienne vient de la seule ville de Formia, dans le Latium. On trouve parmi eux des MATHEIS, di RUSSO, AVELLO, PICANO ou CICCOLETTO.
Je ne parlerai que des personnes nées dans une ville du Piémont, qu’elles aient ou non déjà obtenu la nationalité française, qu’elles soient restées vivre ou pas à Hyères ou plus largement en Provence.
la rue Fanguerot est dessinée en vert sur l'extrait du cadastre napoléonien de la vieille ville d'Hyères grâce à l'aide de Gemini (source: Archives Municipales d'Hyères)
1) Joséphine LOCCA
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
La première italienne à avoir été recensée dans la rue Fanguerot est Joséphine LOCCA. Le recensement de 1906 la dit née en 1879 dans une localité non précisée, en réalité elle est née à Vinadio le 5 avril 1878. Elle a donc 26 ans et elle demeure chez Blanche AIGUIER et sa fille Magali chez qui elle travaille comme domestique. Blanche est la veuve de Louis AIGUIER, capitaine de vaisseau et officier de la Légion d’Honneur et la sœur d’Aimé MAUREL, pianiste et compositeur de musique.
En 1911, Joséphine vit rue Sainte Catherine avec son mari Pierre BRUSCO né en 1875. Dans le recensement de 1911 il est dit né à Ceravale (peut-être Serravalle) et dans celui de 1931 à Coni (Cuneo), Je n’ai pas trouvé leur date de mariage ni à Hyères ni à Vinadio et je ne sais pas s’ils ont eu des enfants. En 1931, le couple était toujours à Hyères, il habitait aux Nartettes, il avait toujours la nationalité italienne. D’après les tables de successions et absences mises en ligne sur My Heritage, Pierre est décédé le 27 avril 1951 et Joséphine le 19 mai 1959, tous deux à Hyères.
Joséphine était une cousine germaine d’André LOCCA, le premier mari de Florence BRUNETTO, la grand-mère paternelle de mon mari.
2) Giovanni et Antonio FIANDINO
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Ces deux frères, originaires de Demonte, partageaient le même logement à Hyères. Ils étaient tous deux journaliers, Je n’ai rien trouvé concernant Giovanni mais Antonio a épousé religieusement, à Aisone le 27 août 1911, Caterina SIBILLI. Bien qu’ayant environ vingt-cinq ans tous les deux, ils avaient la triste particularité d’avoir perdu leurs quatre parents. L’année suivante, ils ont eu un fils, Pierre, né le 7 juillet 1912 à Hyères. Ils demeuraient alors au 33 rue Saint François.
3) Pierre ROSTAGNO et Thérèse
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Pierre ROSTAGNO, né en 1846 à Entracque avait épousé le 28 mai 1874 dans cette même commune, Biaggia MELLANO. Il avait 27 ans et son épouse, 23 ans. Elle est donc née vers 1840. Dans le recensement de 1901, le couple habitait déjà rue Fanguerot et dans ceux de 1911 et de 1921, il était toujours au même endroit. Dans celui de 1911, l’épouse est bien appelée Biaggia et elle est née en 1850 par contre, dans celui de 1921, elle se fait appeler Pélagie ? Pourquoi tous ces prénoms différents : Thérèse puis Biaggia puis Pélagie ? Je pense qu’il s’agit toujours de la même personne mais il est vrai que le prénom Biaggia est très peu usité en France et l’agent recenseur a pu inscrire un prénom différent parce qu’il n’a pas compris ce qui lui a été dit.
Quand leur fils Antoine est né à Hyères, le 21 février 1879, ils demeuraient à Costebelle, où ils étaient tous deux domestiques.
4) Costanzo PERNO, Angela RE et Marguerite
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
J’avais tout d’abord pensé que le nom PERNO avait été mal orthographié car je ne trouvais rien concernant cette famille mais grâce à une photo de leur tombe, dans le cimetière de la Ritorte à Hyères, mise en ligne sur Généanet, j’ai pu savoir qu’ils avaient toujours vécu à Hyères, qu’ils y étaient décédés, qu’ils avaient eu une fille Marguerite née en 1904 et non en 1900 comme indiqué dans le recensement, que celle-ci avait épousé Henri LIBERACE, qu’ils avaient eu une fille Renée LIBERACE née en 1928 et que celle-ci s’était mariée à Raymond GABRIEL.
tombe de la famille PERNO au cimetière de la Ritorte à Hyères (source: Généanet)
Sur l’acte de naissance de Marguerite, née le 21 septembre 1904, il est indiqué que Costanzo est né à Bernezzo et qu’Angela est née à San Rocco alors que dans le recensement de 1909, ils s’étaient déclarés nés tous deux à Borgo san Dalmazzo. San Rocco est bien une paroisse de Borgo san Dalmazzo et Bernezzo se trouve à 10 km.
Dans les recensements de 1911 et de 1921, la famille PERNO habite toujours rue Fanguerot. Mais au mariage de Marguerite, le 26 février 1927, elle demeure 30 rue Massillon. Au recensement de 1931, les parents PERNO habitent toujours au même endroit et ils hébergent également le ménage de leur fille,
Le décès de Constant, le 20 février 1949 à Hyères, a été déclaré à la mairie par son gendre Henri LIBERACE. Il a précisé que Constant était né le 16 février 1877 à Cuneo qui est tout de même à 37 km de Borgo san Dalmazzo, Ils demeuraient alors, tous ensemble, 12 rue de Limans.
5) Alexandre, Léontine et Carlo COSTANZO
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Alexandre a déclaré être né en 1869 à Demonte, dans le recensement de 1906. Il se pourrait bien que ce soit Giovanni Battista Alessandro COSTANZO baptisé le 8 juillet 1869 à Demonte et né la veille. Il serait donc le fils de Giuseppe COSTANZO et de Maria ZURLETTI qui, elle, est originaire de Chiusa di Pesio. Son épouse Léontine OTTINO est née à Oneto en Emilie-Romagne.
Quant au frère, Carlo COSTANZO né vers 1880 à Demonte, je n’ai pas réussi à trouver aucun renseignement le concernant.
Dans le recensement de 1911, Alexandre COSTANZO demeure encore à Hyères mais il habite avenue Gambetta. Il est noté né à Mettro ? Il vit toujours avec Léontine et ils auraient un fils prénommé Joseph et né en 1881 à Oneto. Ce n’est pas possible qu’il soit leur fils au vu de leur faible différence d’âge . Est-ce un frère de Léontine ? Est-ce la même personne que Carlo né en 1880 mais l’un est né à Demonte, l’autre à Oneto ?
Je ne sais rien de plus concernant cette famille assez mystérieuse et je n’ai pas été beaucoup aidée par l’agent recenseur qui n’a pas trop cherché à comprendre ?
6) Thérèse QUERIO et Rose
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Selon le recensement de 1906 à Hyères, Thérèse QUERIO est née en 1863 à Demonte et vit avec sa fille Rose rue Fanguerot où elles sont toutes les deux repasseuses. Gioanna Teresa MARINO est née très précisément le 10 juillet 1863 à Castellamonte près de Turin et non à Demonte, Elle s’est mariée à Dominique QUERIO le 9 février 1886 dans la même commune.
Parrallèlement, en 1906, Dominique QUERIO vit à La Londe où il est boucher avec ses autres filles, à savoir Madeleine , Antoinette et Marguerite âgées respectivement de 17, 16 et 5 ans.
Le couple aura encore une fille, Marie née le 8 octobre 1906 à Hyères au 5 rue Fanguerot, le père était absent au moment de la naissance et c’est l’accoucheuse qui fera la déclaration à la mairie.
Dominique et Thérèse ont eu sept filles et leurs différents lieux de naissance témoignent des déplacements effectués par la famille : Grimmelshofen en Allemagne en 1889, Limone Piemonte en Italie de 1890 à 1896, Vallauris en 1901 puis Hyères en 1906 et enfin La Londe où décède Dominique QUERIO le 8 janvier 1920. Thérèse était encore en vie en 1931, elle vivait chez sa fille Marguerite mariée à Jules BRUN, à La Londe. Elle est décédée le 1° octobre 1933 d’après les dates figurant sur sa superbe tombe édifiée dans le cimetière de La Londe.
tombe de la famille QUERIO au cimetière de La Londe (source: Généanet)
Les filles de Dominique et Thérèse ont vécu à Hyères. En 1911, Rose QUERIO était bouchère rue du Portalet puis il semblerait qu’elle soit allée vivre à Nice. Antoinette QUERIO mariée à Dominique TIBALDI a été commerçante à Hyères où elle est décédée le 14 septembre 1944, elle était domiciliée au quartier de la Roche taillée. Marie QUERIO mariée à Etienne BARELLI est décédée à Hyères le 26 janvier 2003. Le couple demeurait place Massillon en 1931.
tombe de la famille BARELLI-QUERIO au cimetière de la Ritorte à Hyères (source: Généanet)
7) Virgile et Joseph OLIVERO, Pélagie ASFALTO
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
En 1906, Virgile OLIVERO et Pélagie ASFALTO vivaient au 6 rue Fanguerot avec leur fils Joseph né à Hyères le 26 octobre 1905. Virgile avait vu le jour à Boves le 4 janvier 1886, il avait donc tout juste vingt ans et Pélagie était née de parents inconnus le 28 juin 1881 à Villafalletto, elle avait vingt-cinq ans. Lui était cordonnier, elle domestique. Ils ne se sont mariés qu’après avoir encore eu deux autres enfants : Marcel le 19 décembre 1909 et Rosé dit Roger le 21 mars 1914, tous deux nés à Hyères. Leur mariage a eu lieu le 29 novembre 1915 à Hyères. Leur voisin Dominique QUERIO figurait parmi les témoins du mariage et il est également allé annoncer en mairie la naissance de Roger.
En 1914, Virgile et Pélagie demeuraient au 2 rue Fanguerot. Ils sont encore au même endroit dans le recensement de 1946 où Virgile deviendra débitant de boissons. Le commerce de Virgile est répertorié dans l’Indicateur du Var de 1948 : « Olivero Virgile, vins, 2 rue Fanguerot »
Virgile et Pélagie ont obtenu la nationalité française en 1927.
extrait de l'Indicateur du Var: annuaire du département du 1° janvier 1948 (source: Gallica)
En 1928, leur fils Joseph qui était devenu électricien a épousé Georgette SIMIAND BUISSONNET et Roger s’est marié avec Gabrielle MERLO en 1943, tous deux à Hyères. Quant à Marcel, il a épousé au Lavandou, le 28 juin 1939, une toute jeune fille de dix-sept ans, Clarisse GASTARDI. Moins d’un an plus tard, le 5 juin 1940, Marcel devait trouver la mort à Saint Christ Briost, dans la Somme, Il était caporal au 112° régiment d’infanterie alpine. La jeune veuve s’est remariée à Toulon la veille du deuxième anniversaire de la mort de Marcel et elle est allée se faire oublier et vivre sa vie dans le Vaucluse, D’après les registres d’inhumation de la ville d’Hyères, le corps de Marcel a pu être inhumé au cimetière de sa ville natale, en 1949.
Pélagie est morte le 27 novembre 1946 à son domicile du 2 rue Fanguerot. J’ai eu beaucoup de mal à trouver son acte de décès parce que l’employé de l’état-civil l’a enregistrée sous le nom de PELAGEA qui est le prénom qui lui a été attribué à sa naissance et lui a donné le prénom d’Asfalto ! Je ne connais pas la date de décès de Virgile. Le registre des inhumations au cimetière de la Ritorte mis en ligne s’arrête en 1954 donc il est mort après cette date.
8) Dominique MINETTO et Clémentine GHERARDINI
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Les parents de Dominique MINETTO sont arrivés à Hyères un peu avant 1889. Ils étaient originaires de Barge, dans la province de Cuneo. Ils avaient quatre enfants lorsqu’ils sont arrivés à Hyères dont Dominique né le 13 juin 1886.
En 1906, Dominique s’était mis en ménage avec Clémentine GHERARDINI, originaire de Fanano dans la région d’Emilie-Romagne et vivait rue Fanguerot. Cette même année, le 1° juillet, il a perdu sa mère Madeleine ALLISIO, morte à 52 ans.
Au recensement de 1911, le couple vivait rue Saint François. Dominique a été naturalisé français le 15 février 1913. Il a épousé Clémentine le 21 février 1914, à Hyères. Il exerçait alors la profession de ferblantier.
Dominique a été mobilisé le 2 août 1914 et affecté au 3° régiment d’infanterie alpine à Toulon. Il a probablement profité d’une permission pour ne plus rejoindre son régiment. Il manque à l’appel le 12 octobre 1916 et il est déclaré déserteur le 14 octobre 1916. Il avait combattu à Morhange, en Lorraine et dans la Meuse en 1914 puis lors de la première bataille de la Marne en 1915 et enfin il a connu l’enfer de Verdun en 1916. Où s’est-il caché pendant deux ans ?
Il s’est présenté volontairement au 3° régiment d’infanterie en mai 1925 et il a aussitôt été rayé des contrôles de la désertion.
Le 25 mars 1927, il a été désigné pour la garde des ponts importants du littoral. Il n’a pas pu exercer cette fonction très longtemps car il est mort le 16 décembre 1928 à Hyères. Il exerçait également la profession de plombier.
9) Pierre PERONA
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Pierre PERONA vit seul rue Fanguerot où il est marchand de vins.
Une très longue enquête m’a permise de retrouver l’identité exacte de son épouse dont il est veuf en 1906. Pierre épouse Vittoria CORTESIA le 13 décembre 1868 à Gaiola. Il a vingt-trois ans et elle seulement quinze ans. Vittoria a été abandonnée à l’hospice de Cuneo le 22 janvier 1853, elle avait quelques jours puis placée dans une famille à Gaiola. Dans les pièces annexes du mariage, je trouve également l’acte de naissance de Pierre, le 27 août 1845 à Gaiola.
procès verbal d’exposition de Vittoria CORTESIA (source Portail Antenati)
Je savais que Pierre avait un fils Jean PERONA né le 8 décembre 1873 à Gaiola. Ce dernier a épousé Madeleine CHIALVA le 23 janvier 1897 puis Rosalie PEYSINO le 8 juillet 1902. Dans les deux mariages, célébrés à la mairie d’Hyères, la mère de Jean est appelée Victoire VENTURINI. Il est courant que l’adjectif ou le prénom Venturino ou Venturina soit donné, en Italie, à des enfants abandonnés.
Le premier enfant de Pierre et Victoire naît le 16 février 1870 à Gaiola et a pour prénom Ensandri qui est un dérivé d’Alexandre. Ils ont ensuite une fille Giovanna née le 16 avril 1872 puis Giovanni (Jean que j’ai évoqué plus haut) ensuite Maria née le 9 février 1876 et décédée le 2 novembre 1880 puis une autre Maria née le 20 octobre 1877 et décédée le 18 juillet 1879 et enfin Margherita née le 23 juin 1879. Je ne trouve plus aucune naissance ou décès à Gaiola pour le couple Pierre et Victoire jusqu’en 1885, sur le portail Antenati.
Je suppose donc que Pierre et Victoire sont arrivés à Hyères dans les années 1880-1885 avec non pas un enfant mais quatre.
Après quelques recherches supplémentaires, j’ai trouvé que Jeanne PERONA a épousé Eugène BLANC le 20 décembre 1890 à Hyères, preuve que la famille PERONA y était présente depuis quelques années. Dans l’acte de mariage, la mère de Jeanne est dénommée Victoire SPADIA ?
Alexandre PERONA a épousé Marie Victorine MICHEL le 18 janvier 1896 à Hyères et dans son acte de mariage sa mère est appelée Victoria CORTESIO. Par contre son nom est correctement orthographié avec un A à la fin dans l’acte de mariage de Marguerite avec Martial BAUDOIN, Leur union a été célébrée le 28 février 1903 à Hyères.
Pierre PERONA est décédé le 29 mars 1915 à Hyères. J’ai eu un peu plus de mal à trouver le décès de Victoria du fait de ses changements perpétuels de noms, elle est morte le 5 juin 1905 au 8 rue Fanguerot. Elle avait seulement 52 ans !
Avant d’être marchand de vins, Pierre a longtemps été cultivateur ou journalier et Victoire journalière.
Il est à noter qu’Aimé PERONA, le fils aîné de Jean PERONA avait épousé Blanche DANI, déjà rencontrée en 1944 aux Grès alors qu’elle venait de perdre son second mari.
10) Marguerite GIUGIARIO et sa famille
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Grâce à la photo de sa tombe trouvée sur Généanet, j’ai pu savoir tout de suite que Marguerite avait passé une bonne partie de sa vie à Hyères.
tombe de la famille ENRICO au cimetière de la Ritorte à Hyères (source: Généanet)
Lorsqu’elle s’est mariée, le 29 avril 1893 à Hyères avec Vincent ENRICO, elle vivait à Grimaud. Elle avait alors vingt-cinq ans et ses deux parents étaient décédés. Marguerite n’a pas pu signer son acte de mariage parce qu’elle est dite illettrée. Son mari, Vincent ENRICO est né le 28 juin 1866 à Alassio qui se trouve en Ligurie et non au Piémont, il était maçon. Il vivait déjà à Hyères depuis plusieurs années. Les lieux de naissance de leurs enfants nous permettent de suivre leurs déplacements dans la ville d’Hyères. A la naissance d’Henri, le 21 janvier 1894 Marguerite et Vincent vivaient au 2 rue de l’Oratoire, à celle de Fortuné le 17 décembre 1896, la famille demeurait à Giens, Juliette est née le 10 octobre 1898 à La Londe et Lucienne le 21 décembre 1904 au 24 rue Fanguerot tout comme lors du recensement de 1906.
Le domicile des parents d’Henri n’est pas indiqué dans l’acte de mariage de ce dernier qui a eu lieu le 20 mars 1916. Ses parents n’étaient pas présents et n’étaient sans doute pas d’accord quant au choix de leur fils. Henri a dû faire appel à un notaire, Maître PAGET pour notifier à ses parents son intention de se marier, un mois avant la date fixée. Les parents n’avaient peut-être pas torts d’être réticents car le couple a divorcé vingt ans plus tard. Après le jugement de divorce prononcé le 4 juin 1936, Henri s’est remarié à Toulon le 20 novembre 1937 avec Elvire FREGOSO tandis que son ex-épouse s’était unie deux jours auparavant à Emile GALINIER à Hyères.
Lorsque Lucienne est décédée à dix-sept ans, le 3 novembre 1922, la famille ENRICO habitait avenue Alphonse Denis. Dans l’acte de décès de Marguerite le 19 septembre 1929, il est précisé que la famille demeurait au 107 de la rue Alphonse Denis. Vincent est décédé le 8 juin 1932 à l’hôpital d’Hyères.
Juliette s’est mariée en 1928 mais Fortuné est resté auprès de ses parents et n’a convolé en justes noces qu’après leur décès, le 10 février 1934. Toutefois, il n’a pas été inhumé dans la tombe de ses parents contrairement à ses sœurs et à son frère.
tombe de Fortuné au cimetière de la Ritorte à Hyères (source: Généanet)
11) Catherine BRUNETTO et ses enfants Jean et Madeleine
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
L’acte de naissance de Madeleine à Hyères m’a permis de connaître l’identité de ses parents. Elle n’est pas née en 1900 comme indiqué dans le recensement de 1906 mais très exactement le 16 mai 1899. Ses parents, Jean BRUNETTO et Catherine PERONA demeuraient alors dans le quartier Notre Dame du Plan. Ils ont eu précédemment un enfant né sans vie était le 13 juillet 1897 alors qu’ils demeuraient dans le quartier de la Ferme.
Giovanni BRUNETTO est né le 5 mars 1867 à Demonte. Son père Gio Andrea n’a pas pu déclarer la naissance à la mairie parce qu’il travaillait en France. Catherine PERONA a vu le jour le 20 mars 1872 également à Demonte. Le couple s’est marié le 15 octobre 1891 et a eu deux enfants nés à Demonte avant de venir travailler en France. Teresa est née le 16 août 1892 et Giovanni Battista le 5 mai 1894. Jean est donc né en 1894 et non en 1896 comme indiqué dans le recensement.Teresa est décédée le 23 octobre 1893 à Demonte.
Catherine serait donc arrivée à Hyères avec son mari et son fils Jean vers 1895 ou 1896.
Je me suis demandée pourquoi le mari n’était pas présent à Hyères au moment du recensement. J’ai cherché en vain un potentiel décès. Je pense qu’il était en Italie à ce moment-là pour assister aux obsèques de son père, mort le 4 mars 1906 à Demonte.
Après 1906, je n’ai plus rien trouvé concernant Jean BRUNETTO père et fils ou Catherine PERONA par contre je sais que Madeleine est décédée le 14 janvier 1978 à Marseille. Elle ne semble pas s’être mariée car il n’y a pas de mention de mariage sur son acte de naissance.
12) Antoine SAPPA et Catherine MERLINO
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Gioanni Antonio SAPPA est né le 31 octobre 1867 à Ormea. En 1906, il vivait rue Fanguerot avec une jeune femme de son village, Caterina MERLINO née le 4 janvier 1867. Ils demeuraient déjà à la même adresse dans le recensement de 1901 mais ils avaient alors deux enfants : Antoine et Marietta âgés respectivement de 4 ans et de 8 mois. Dans les recensements de 1911 et de 1921, Catherine vit seule à la même adresse mais elle porte le nom SAPPA. En fait, Antoine est décédé le 4 avril 1907 au 32 rue Fanguerot. Mais sur son acte de décès, il est noté qu’il est célibataire. Après 1921, je perds la trace de Catherine.
13) Antonia CLEMENTI et sa famille
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Maria Antonia CLEMENTI est née le 28 octobre 1874 à Pietraporzio. Elle était repasseuse à Toulon lorsqu’elle a épousé Henri MARTEL de Carnoules qui était journalier à l’Arsenal de Toulon. Antonia a obtenu la nationalité française grâce à son mariage avec un Français.
Les débuts de leur vie commune à Toulon ont été difficiles. Leur première fille Marie est décédée à un mois en 1898. Lorsque leur fils Ernest est né, le 16 décembre 1900, Henri et Antonia étaient tous deux sans profession. Leur fils est mort, à l’âge de huit mois.
Ils ont réussi à garder Marie Louise, née le 17 octobre 1899 à Toulon et sont probablement partis s’installer à Hyères vers 1902 ou 1903. Marie Louise s’est mariée à Paul PERLIN le 29 avril 1922.
Leur fille Joséphine, née le 6 juillet 1904 à Hyères a épousé, le 23 décembre 1933, Victorin CARESTIATTO qui était maçon. Joséphine est morte chez elle au 20 rue Saint Esprit, le 4 août 1936, durant son accouchement. La sage-femme Angèle PERACCHIA a déclaré le décès à la mairie. Victorin s’est ensuite remarié, le 31 août 1938, avec Elisa GASQUET qui était divorcée de Jean SALVETTI, oncle de mon mari.
Le couple aura encore une fille, Célina née 18 octobre 1907 à Hyères qui a épousé 23 décembre 1930 Fortuné MINETTO, un neveu de Dominique (N° 8). Fortuné qui était électricien est mort à l’hôpital d’Hyères le 22 octobre 1939. Célina s’est remariée le 4 août 1942 à Joseph CAFFARATTI.
Antoinette est décédée le 24 août 1944 à Hyères.
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Je n’ai pas pu établir la biographie de Giovanni BINERA né en 1883 et Catherina DALILO née en 1881 à Cuneo, celle de Jeanne MELCHIO née en 1881 à Sambucco, celle de Lorenzo DE MARIA et Marguerite PERRACHIA nés respectivement en 1869 et 1873 à Canosio ni celle de Marie BELMONDO née en 1848 à Pietraporzio ni encore celle de Jean ARMANDO et de sa famille né en 1865 à Cuneo. Ils étaient pourtant des Piémontais vivant rue Fanguerot à Hyères en 1906 mais je n’ai trouvé absolument aucune information les concernant. Je pense qu’ils n’ont fait que passer à Hyères et sont sans doute retournés en Italie.
extrait du registre du recensement de 1906 à Hyères dans la rue Fanguerot (source: Archives Municipales d'Hyères)
Quant à Catherine BRUNO née en 1886 à Valloriate, il est difficile de savoir de qui il s’agit. Une chose est sûre, aucune Caterina BRUNO n’est née à Valloriate en 1885 et 1886. Un des paramètres est donc inexact : l’année de naissance ou le lieu de naissance. Il a existé une Caterina BRUNO née le 7 février 1887 à Valloriate mais je ne sais rien d’elle. J’ai aussi trouvé une autre Catherine BRUNO née en 1886 mais à Bernezzo qui était cuisinière à Carqueiranne en 1909 et dont la sœur, Marie, demeurait à Hyères.
Ces tranches de vie permettent d’éclairer l’histoire d’anonymes coincés entre les pages d’un registre de recensement de la population et de ne pas les oublier.
Si vous souhaitez recevoir des informations sur ces personnes ayant vécu rue Fanguerot à Hyères, si vous reconnaissez des membres de votre famille, si vous avez des informations à me communiquer ou des photos à publier, n’hésitez-pas à me contacter : [email protected]





