Nom de Dieu de gourmandise ! C'est ça quand vous vous retrouvez la bave aux lèvres, le ventre dans les talons, à poursuivre la moindre odeur alléchante. Vous ne pouvez plus vous en défaire. La gourmandise vous happe, vous prend dans ses griffes. Ça vous file un plaisir effroyable, indécent, une sorte d'extase gastronomique qui vous tient là, à la merci de chaque tentation, comme un pantin dans les mains d'un chef d'orchestre sadique qui jouerait la symphonie des saveurs. Vous voilà ballotté, secoué, dévoré par cette délicieuse addiction. Et en plein paroxysme de vos désirs les plus fous, vous vous retrouvez face à l'horreur ultime : le magasin de gourmandises est fermé ! Sacrebleu ! Vous jurez, vous pestez contre le destin, contre cette putain de vie qui vous prive de vos délices tant attendus. Vous maudissez le propriétaire de cette boutique qui a osé fermer ses portes au moment même où vous vous y attendiez le moins. Vous vous sentez abandonné, trahi, comme un amant éconduit. Dans un mélange de colère et de désespoir, vous jurez de trouver un moyen de plonger dans un océan de plaisirs sucrés et salés, car rien ne peut vaincre la détermination d'un addict aux plaisirs gustatifs. Rien, sinon la fin inéluctable de cette vie absurde qui vous consume lentement.