Philippe Muray, "Après l'Histoire", tome I (1999) et tome II (2000)
Ne lisez pas Philippe Muray. Il est encore temps pour vous de rebrousser chemin, de vous détourner, de faire comme si ce nom ne vous disait rien. Pour moi, les jeux sont déjà faits. Je suis sorti de la Matrice sans espoir de réintégration (les couvertures bleues des livres sont là pour faire passer la pilule rouge).
"Presque rien de ce que l'on voit à présent ne relève plus d'autre chose que du festivisme" (tome II, p.251). C'est ce que Muray nous permet de comprendre : que nous sommes sortis de l'Histoire, que les frontières entre le réel et l'imaginaire n'existent plus (Disneyland partout, tout le temps), que nous sommes en voie d'indifférenciation, que nous nous réanimalisons. D'autres ont prévu des effondrements sociaux, Muray parle d'un effondrement anthropologique. Dans l'ère hyperfestive, c'est l'humanité qui renonce à elle-même, c'est l'individu qui disparaît pour céder la place à un "drôle de quidam sans énigme" (tome I, p.188), c'est l'Histoire qui, brutalement, se trouve à l'arrêt.










