Sous les pavés, la plage (Raoul Vaneigem, “Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations”, 1967)
Que reste-t-il de cette « révolution de la vie quotidienne » proposée par Raoul Vaneigem, de cette quête d'authenticité et de liberté, de cet appel à la créativité, en un mot de cette invitation à vivre ? La société de consommation nous impose toujours autant ses diktats (« on n'a plus l'âge du cœur ou de la peau, mais l'âge de ce que l'on achète », p. 90), nos vies suivent toujours le même cours mécanique, le spectacle continue de nous détourner de l'essentiel. Bref, il ne peut y avoir de « vraie vie » dans un monde inauthentique, pas d'être tant que règne le paraître. Pour paraphraser Vaneigem, si on ne nous laisse pas mourir de faim, on nous fera peut-être bien mourir d'ennui (p. 20).








