Fiest’A Sète ► Hommage à Rémy Kolpa Kopoul, Plage de la Ola [ 01/08/15 ]
Samedi 1er août 2015 ● À partir de 19h ● Entrée Libre
@ La plage de La Ola ● 201, Promenade du Lido 34200 Sète
Fiest’A Sète ► Hommage à RKK par ses complices de Radio Nova : Bintou Simporé, Isadora Dartial et Émile Omar.
Le rendez-vous annuel on ze beach de Fiest'A Sète se passait à la Ola, avec DJ RKK, résident (annuel) d’un jour, platineur de tous les grooves et artificier des tempos chauds, avec un set EleKtropiK épicé. Pour lui rendre hommage, on perpétue la tradition, et plusieurs de ses disciples seront présents pour le célébrer.
BINTOU SIMPORÉ ► En ouverture à la Ola, Bintou, companera "sono mondiale" de RKK durant de longues et belles années radiophoniques sur Radio Nova, jouera sa sélection musicale. Journaliste et coordinatrice éditoriale des week-ends de Nova, est la productrice et présentatrice de Néo Géo, le magazine hebdo des musiques et cultures du monde...
ISADORA DARTIAL ► Arrivée à la radio en 2003, Isadora s'est d'abord occupée d'une rubrique historique de Nova, “Les Bons Plans”, tout en assistant Marc-Alexandre Millanvoye et Tania Bruna-Rosso (”Le Work In Progress”).
Une veille culturelle qui mène sur le terrain puisqu'elle couvre pour la station de nombeux évènements et signe de nombreux reportages en France et à l'étranger. Isadora animait également les week-ends de Radio Nova et parfois “les Nuits zébrées”. Depuis 2010, elle produit une émission phare de Nova : “Dans Les Oreilles”. Isadora a aussi écrit pour Mondomix et fait régulièrement des DJ set.
ÉMILE OMAR ► Le jour, il est l’un des deux programmateurs musicaux de Radio Nova, la nuit il enfile sa cape de DJ, à Paris avec les soirées Domino et tropical discoteq. Et dans son temps libre, ce parisien de 38 ans pousse encore plus loin sa boulimie musicale. Avec son label Fanon, il a redonné un coup de jeune à Brassens et ses classiques chantés par Lianne La Havas, Rodrigo Amarante (Brassens, échos d’aujourd’hui). Puis, son album Roseaux a revisité avec élégance des titres de blues et de folk, le tout interprété par Aloe Blacc. Son dernier projet en date, c’est 1969, année mélodique, compilation de chansons issues de ces fameuses années. Actuellement sur la suite de Roseaux...
▼ Bretelles en berne à Fiest'A Sète (texte publié en mai 2015) :
On y était presque, tout était en place : les escadrons de martinets et leurs trilles de carnaval carioca, les crépuscules doux, saturés du parfum des fleurs, comme autant de promesses de merveilleuses soirées estivales. C’était début mai, et le programme qu'on s'apprêtait à imprimer n’attendait plus que sa cerise sur le gâteau : la contribution annuelle de notre conneXionneur chéri. Il avait promis de nous la faire parvenir à son retour de Brest. Et voilà que Bim Bom, Bim Bim Bom, la samba s’en va, la bossa tombe à plat, et le mambo, à l’eau. Un cœur trop gros, les BPM de la MPB (Música Popular Brasileira) qui s’emballent et qui flanchent brutalement ; la cellule qui ripe avec un crissement disgracieux sur les sillons, filant droit vers le centre de la galette. Et puis le funeste silence. Un comble.
Et nous voilà condamnés à écrire à sa place, ce qui est une aberration, vous en conviendrez. Car qui peut prétendre égaler Rémy Kolpa Kopoul sur le terrain de l’érudition et de la passion musicale ? Qui pour rivaliser avec cet ogre musicophage, infatigable trafiquant de trésors auditifs ? Et que serions-nous tous sans cet inventeur de Grand Mix et de sono mondiale, ce pont colossal avec un pied à Paris et l’autre à Rio ?
Nous avons perdu les oreilles les plus curieuses du monde, selon l’expression de sa copine Laure Albernhe, de TSF JAZZ (radio qu’il avait contribué à lancer, tout comme il l’avait fait quelques années plus tôt avec le quotidien Libération). Mais nous avons surtout perdu un ami très cher. Car RKK était un fidèle de Fiest’A Sète depuis 1998 et sa rencontre avec José Bel, directeur du festival. Un fidèle bienveillant ; un puits de culture, plus soucieux de la partager que de l’étaler, toujours prêt à aider et soutenir les initiatives comme la nôtre. Et de la manière la plus désintéressée et militante qui soit, héritée de ses jeunes années chez les maos-spontex. Et comme son engagement et son prosélytisme avaient fini par adopter sans conditions la juste cause du peuple de la fête, de l’hédonisme et du soleil (" Mao un jour, mambo toujours ", disait-il), il est logique, lorsque le soleil s’est éclipsé le 11 août 1999, que Rémy l’ait fait revenir sur la plage de la Corniche au terme d’un mix marathon incantatoire de douze heures ! Il ne manquait, depuis, aucune édition, cimentant un partenariat d’une exceptionnelle longévité entre Fiest’A Sète et sa chère Radio Nova ; vantant auprès de ses copains musiciens les charmes de cette île Singulière qu’il adorait, et qui le lui rendait bien ; jouant avec ferveur les M. Loyal sur la scène du Théâtre de la Mer ; prodiguant ses conseils éclairés de programmateur. On lui doit par exemple la soirée Ladies First qui ouvrira cette édition 2015 et réunira Yael Naim et les sœurs Diaz, ses protégées d’Ibeyi, et nous lui rendrons hommage pendant la soirée Brasil Do Futuro qui lui était chère, avec Lucas Santtana.
Alors, oui, nous pleurons l’ami fidèle, la trogne de bon vivant, la bedaine en forme de mont St Clair, la canne et les bretelles, et cette voix madrée, impossible, aussi improbable que sa silhouette hitchcockienne, incroyable aimant à selfies ; aussi improbable que ses voyages sur les ondes de Nova avec son compère Bizot, ou que ce portrait émouvant que signait le réalisateur Stéphane Jourdain à l’occasion des soixante bougies de RKK…
Nous pleurons l’ambianceur hors catégorie, l’agitateur de dancefloors qui s’était découvert DJ sur le tard, comme un prolongement naturel à sa frénésie de passeur de sons, de possédé de la musique " auriverde " , dont il était, avec Moustaki et Barouh, l’un des plus flamboyants ambassadeurs. Nous pleurons cette " voix de merde " (de son propre aveu), qui aura néanmoins su captiver et éduquer des milliers d’oreilles, en inventant la radio du futur, en militant pour le métissage tous azimuts, en conneXionnant comme un beau diable.
Jusqu’à la veille même de ce 3 mai, Rémy aura eu une vie très enviable, convenons-en, débordante d’amitié, de rythmes chaloupés, de flûtes pleines et de filles jolies. " Il n’était pas d’une couleur ou d’une autre ; il était plein de couleurs " a dit de lui son ami Manu Dibango. Alors, même si sans lui, les couleurs n’auront plus tout à fait le même éclat, le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre, c’est bien de danser, de chanter, de perpétuer son héritage, de transmettre à notre tour la passion qui l’habitait, et de faire de cette édition de Fiest’A Sète la plus éclatante fête qui soit. Obrigado, merci pour tout, mestre RKK !
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