Le plot en béton. Bel ouvrage de qualité en tant que tel, le plot en béton prend tout son sens lorsqu'il est judicieusement installé par un maître d'ouvrage, bien de chez nous, évidemment. Je précise judicieusement, car si l'objectif initial de l'installation de ces quelques plots en béton était de créer des embouteillages, et bien l'objectif est atteint. Pour resituer un peu le contexte, cette photo a été prise à la gare routière de Chessy-sur-groufian, jouxtant le fameux parc Eurodisney, terminus des différentes lignes des alentours. Les plots ont été installés au milieu des 2 voies qui composent cette magnifique gare, afin de bien délimiter la voie de dépôt des voyageurs de celle ou on les embarque (on se demande bien pourquoi car tout le monde avait compris). Principe d'ingénierie d'une remarquable efficacité. Malheureusement, depuis l'installation des dits plots, chaque fois qu'un bus se gare en épi pour récupérer des voyageurs, le bus précédent n'a plus la place de le dépasser. Notre bon maître d'ouvrage, en expert bien de chez nous, n'a pas du prendre en compte un détail aussi anecdotique que la réduction de l'espace de circulation causé par le dépôt des fameux plots. A raison d'un bus par minute, et de 5 minutes de stationnement par engin pour déposer ses voyageurs et en récupérer d'autre, bim, on se retrouve avec des bouchons dignes de la porte de bagnolet un soir de match du P.S.G (“paris, paris, paris, on t'encule”, c'est gratuit ça fait plaisir). Même chose sur mon magnifique nouveau lieu de travail, jouxtant les locaux de la ratp, un grand chantier de réhabilitation de l'espace piéton a été lancé, pour anticiper l'arrivée des 5000 nouveaux employés installés depuis 2 mois dans leurs bureaux disruptifs. Cruelle ironie, le chantier était lancé depuis au moins 2 ans, un bien bel ouvrage dont la livraison n'a pas connu les retards habituels. Le temps que la dde et la ratp se mettent d'accord sur la nouvelle couleur du trottoir, les bâtiments étaient construits, les bureaux meublés, et les employés débarquaient, du pas alerte de ceux pour qui travailler dans la finance est le plus grand privilège du monde. “We fuck the world, we fuck the children”. C'est donc dans la panique la plus totale que la dde fit installer des barrières pour délimiter la pittoresque zone de chantier, réduisant ainsi à une largeur de 2m50 l'espace permettant de circuler de la gare à l'entrée des bâtiments alentours. Si l'employé modèle (lui aussi bien de chez nous) arrive après 9h, il a la chance de faire la queue une bonne dizaine de minutes, dans le plus pur style franco-français. Nous sommes quand même plus connus pour nos files d'attente que pour notre histoire. On peut reprocher tout ce qu'on veut à Donald Trump, mais pour ériger son mur anti-mexicains, il paraîtrait que c'est une entreprise fort justement mexicaine qui aurait remporté l'appel d'offre. Quand on voit l'affligeante catastrophe que représente l'entreprenariat local bien de chez soi, il est de bon ton d'aller chercher ailleurs la compétence, qui a probablement foutu le camp en même temps que la dignité, la culture, et le sens du devoir bien accompli. Il y a une effervescence dans la région en ce moment, les budgets ont probablement été attribués, car les chantiers sortent de terre aussi vite que le Canard enchaîné publie des nouvelles du scandale sur François Fyon.








