« On peut concevoir une « époque » où les arts spécialisés et fait exprès, seraient abolis et remplacés par l’art des activités ordinaires. Et en somme par l’art de vivre. Ce serait là vraiment la Civilisation, et peut-être tout s’oriente (difficilement, comme il faut) vers lui. Nos arts spéciaux seraient des étapes. » En écrivant ces lignes, Paul Valéry ne pensait certainement pas à l’art moderne, mais il exprime ce désir d’un art total qui parcourt l’histoire des avant-gardes du vingtième siècle. Pour l’avant-garde, cette émergence d’une esthétique unitaire est inséparable de la notion de la « fin de l’art », c’est-à-dire de sa disparition en tant qu’activité spécialisée.
Nicolas Bourriaud, Formes de vie, Éditions Denoël, 2003













