Alessandro Sciarroni’s FOLK-S
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Alessandro Sciarroni’s FOLK-S
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I was already loving you yersterday, how could I ever stop tomorrow? (Folk-s, Alessandro Sciarroni)
Il y a un peu plus d'un an, c'était suite au choc toujours aussi vif en revoyant la Tragédie d'Olivier Dubois qu'on avait décidé de créer cet espace pour dire combien certaines choses étaient fortes. C'était au 104 dans le cadre du festival « Séquence Danse ». Cette année, dans ce même festival on y retrouve à nouveau Olivier Dubois, mais on y découvre l'italien Alessandro Sciarroni.
Bien sûr, pour les curieux attentifs, ce n'est pas vraiment une découverte puisque Folk-s (will you still love me tomorrow?) qui était le spectacle présenté au 104 seulement pour deux soirs, l'avait déjà été la saison passée aux Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint-Denis. On avait par ailleurs pu découvrir à la MAC sa petite forme Joseph qui laissait aussi présager un travail notable, et qui a fini par taper dans l'œil de programmateurs avisés : Folk-s sera à nouveau présenté la saison prochaine en novembre au Théâtre du Montfort, alors qu'une autre des pièces d'Alessandro Sciarroni fera partie de la sélection du Festival d'Automne 2014.
Dans une intimité certaine, les « petits » studios du 104, sur un plateau nu, les six interprètes dont Alessandro Sciarroni effectuent ad infinitum une danse folklorique tyrolienne. Un mouvement qui se répète, se reproduit et pourtant ne finit jamais de fasciner (précisons à ce point que nous n'avons pas encore vu le spectacle de Christian Rizzo d'après une histoire vraie qui est lui aussi basé sur des danses folkloriques). On est prévenus : le spectacle se terminera quand il ne restera plus qu'un danseur ou plus qu'un spectateur. Si la confrontation scène/salle existe donc, elle s'oublie rapidement devant la douceur du projet global. Ici aucun affrontement violent où l'on pousse à bout l'une ou l'autre partie (le public ou les interprètes) comme cela peut être le cas du côté de VA Wölfl ou encore Thibaud Croisy (même si ces œuvres sont autrement extrêmement intéressantes). En fait, chez Alessandro Sciarroni, c'est le plaisir qui prime. Bien sûr quelques spectateurs qui estiment avoir vu ce qu'il y avait à voir (et nous insistons : qu'y a-t-il à voir ?) quittent discrètement la salle, et les interprètes eux-même s’éclipsent par la porte en fond de salle une fois qu'ils jugeaient en avoir fait assez, parfois même en en jouant, ce qui ne manque de faire sourire à chaque fois. Mais cela s'oublie bien vite.
La partition physique est présentée dès le départ, interprètes en cercles. Des mouvements où les pieds frappent le sol et où les mains frappent le corps et produisent une partition sonore ternaire. La collectivisation des affects est totale : tous font les mêmes mouvements au même moment. De ce cercle des variations ne tardent pas à apparaître, essentiellement dans le positionnement spatial des interprètes, reconfigurant le cercle en d'autres figures géométriques sur le plateau. Et c'est de ces variations formelles, comme chez Olivier Dubois que le plaisir naît. Et lorsque cela frappe, on se demande toujours pourquoi. Qu'est-ce qui fait que ce que je suis en train de voir, des mouvements que je finis par connaître absolument par cœur puisque cela fait plus d'une demi-heure que je les vois répétés en boucle, me fais avoir des frissons et les larmes aux yeux ? Même postulat que pour Tragédie chez Olivider Dubois ou Fase chez Anne Teresa de Keersmaeker.
Et c'est Florence Dupont qui semble y répondre le mieux dans son essai Homère et Dallas. En parlant de la tauromachie elle écrit cela : « L'art rituel se suffit à lui-même et, aux antipodes du roman, il n'a pas besoin de se justifier esthétiquement en racontant une histoire. Il peut faire l'économie des mots, n'être plus qu'images et sons, sans glisser vers l'insignifiance. Le rituel du ballet tauromachique célèbre, sans texte et sans musique, l'être du monde et la beauté des choses. »
En fait, c'est parce que Folk-s est un rituel qu'il est si beau. Se construisant sur le « Folk Manifesto », il répond à certaines règles dans la manière dont il est effectué, et c'est cela-même qui génère l'émotion. Bien souvent, au cours du spectacles, certains danseurs quittent le rythme des autres, et s’affairent à autre chose. Alessandro Sciarroni s'empare d'un accordéon et le fait respirer sans bruit – Nelken est tapi sous cette image. Un autre s'arrête et au ralenti se touche le crâne... Points d'orgue. Contrairement au travail d'Olivier Dubois, par exemple, où il ne cesse de travailler l'effet élastique (grosso modo tendre les choses le plus possible dans leur répétition jusqu'à les rendre insoutenables et donner du corps à ce qui suit), ici l'émotion n'apparaît pas en bloc, mais comme des bulles qui explosent sur le plateau à divers moments et qui ne sont jamais prévisibles. Ces ruptures, mises en évidence car les autres continuent avec entêtement à garder le rythme, deviennent de vrais instants privilégiés que chacun des danseurs trouvent à un moment donné dans le spectacle. Et ces instants sont privilégiés car ils sont uniques et improvisés (l'accordéon mis à part, mais nous ne rentrerons pas ici dans les détails de la construction de la pièce). Folk-s se construit seulement parce qu'il y a un actant (les danseurs) et un regardant (les spectateurs), et ce en temps réel. Le spectacle est à l'image du train électrique dont on ne rajoute un nouveau tronçon de rail qu'à l'instant où il s'y aventure, dessinant instantanément sa nouvelle trajectoire. Si Folk-s est si beau, c'est qu'il est furieusement vivant et non figé. Il est pur spectacle vivant et différent à chaque représentation en fonction de l'affect présent des interprètes et des spectateurs.
De plus, les danseurs, lancés à corps perdu dans leur rengaine, en travaillant l'épuisement physique qui devient peu à peu visible (t-shirts trempés, transpiration des crânes, mains moites qui deviennent rouges, tout comme les jambes à force de les frapper...), trouvent par moment un épanouissement magique, comme une épiphanie, rendue visible par leur expression. Le spectateur est témoin d'un plaisir brut par information corporelle pure, et l'apparition de celui-ci sur le plateau est partagé par tous. On en revient toujours au même procédé, et pour citer ce que nous écrivions à propos du Disabled Theater de Jérôme Bel, « si cette chorégraphie est si touchante c’est qu’elle fait du spectateur un témoin : témoin d’un bonheur à l’état pur. Le bonheur de danser, encore et toujours, partout et de toutes les manières. Cela ne s’explique pas, mais demeure plus fort que tout. »
FOLK-S (Will you still love me tomorrow?) - Arena del sole Bologna 30/10/2012
L’emozione risuona nel corpo: tra il valore della tradizione e il vortice della contemporaneità.
E’ ancora troppo presto, ma mi hanno detto che intanto posso salire perché ci vorrà tempo, salgo la scala, sono in ascolto ma non è ancora ora, cerco il mio posto,subito dopo cerco M. lo trovo, sorrido, non ci credo ancora di essere li.
E. mi fa domande per “farmi uscire”, decido di seguirla per non anticipare i tempi; ma quando la luce si spegne in un nero colore della realtà, tutto a inizio. Nel tenebroso silenzio di una platea ancora vuota, solo il rumore di mani e piedi sincroni, di sei sagome al buio, cieche di bianco, creano l’atmosfera. Il pubblico chiede di entrare il semicerchio è pieno ora e il vociare della platea, sembra dare contemporanea artisticità ai corpi da quel momento siamo tutti nel flusso dello Schuhplatter. Da sagoma a folk- dancer, dal nero alle mille sfumature Arcobaleno. Questa danza, ciclica, ripetitiva, impostata, mutevole ma sempre la stessa, ci invita a spostare la riflessione oltre la sua forma percettibile agli occhi, verso una forma che divenga nostra, individuale, intima che sia espressione a colori del nostro Essere al mondo, un farsi spazio come si può, con quello che si ama fare, nel vortice disordinato di una contemporaneità risucchiante.
Torno ad accorgermi dopo molto tempo di quanto un corpo possa risuonare, evocare, dire e trasmettere nel suo silenzio urlante, ogni narratore corporeo sceglie il suo atto; piccolo come una capriola, grande come uno scontro, minuscolo come un tocco; da solo, in coppia o in trio conta poco, perché qualsiasi cosa accadrà,non è programmata ma ispirata dall’ istinto. La traccia certa e indelebile nasce e matura negli sguardi che si sfiorano e si intrecciano facendo affiorare un sorriso inatteso e complice nella gioia dell’incontro. Folk-s ti rimane dentro come una cicatrice asciutta in controluce, per ricordarti il valore supremo ed epifanico dalle piccole cose per la loro risonanza silenziosa nell’essenza della riflessione e del corpo umano. Folk-s è difficile da raccontare, Folks è un’esperienza tutta da vivere… il più a lungo possibile. I will still love you TODAY (and the days after..)
Un grazie speciale a Marco D’agostin per questo dono ora capisco perché volevi che fossi li e quel tuo “ballerò per te” Un grazie ad Alessandro Sciarroni e gli altri folk-dancer per averlo creato e per avermi aiutato a divenire ancor più adulta nella pelle e nel profondo.
Invenzione e drammaturgia: Alessandro Sciarroni Folk dancers: Marco D’ Agostin, Pablo Esbert Lilienfeld, Francesca Foscarini, Matteo Ramponi, Alessandro Sciarroni, Francesco Vecchi Suono: Pablo Esbert Lilienfeld - Video e immagini: Matteo Maffesanti - Disegno luci: Rocco Giansante Abiti: Ettore Lombardi Web: Alessandro Sciarroni
Alessandro Sciarroni, Folk-S, Will you still love me tomorrow?