Tout n'est que Nature ici. Le sol, le ciel, l'air. Tout. Il n'y a pas âme qui vive, sauf Salem. Salem qui trouble ce tout, cette symbiose. Salem qui semble déjà se perdre. Elle est seule. Seule. Complètement seule avec elle-même, et personne d'autre. La cabane du pêcheur non loin de son campement ne semble pas s'éclairer bien souvent ni bien longtemps. Ne pas s'égosiller, rire, tout simplement parler avec quelqu'un commence à lui peser. Elle a bien essayé de tenir une conversation avec ses plantations, mais celles-ci ne sont pas très loquaces. Alors elle guette les navires qui passent, qui parfois s'approchent, mais jamais ne débarquent. Salem attend, tous les jours, proche de la plage, un nouveau déclic. Mais il y a quelque chose qui cloche. On dirait que les bateaux au loin ne l'aperçoivent pas, pire encore, on dirait qu'ils ne voient pas l'île tout simplement. Enfin, sauf ce pêcheur qui de temps en temps lui fait coucou de loin. Mais c'est tout.
Il y a quelque chose d'étrange, il y a quelque chose qui cloche. Salem a besoin de comprendre pourquoi cette lettre l'a emmené ici, elle a besoin de savoir ce qu'il se passe.
Alors Salem regarde de temps en temps le port. Elle regarde si les lumières de la cabane s'allument. Une chose est certaine, la prochaine fois que le marin pose pied-à-terre, elle n'hésitera pas à partir à sa rencontre.














