Cette enluminure sur parchemin provient du manuscrit "La Grant Monarchie de France" écrit par Claude de Seyssel (évêque de Marseille) vers 1515, conservé au Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Elle met en scène l'iconographie politique et personnelle du roi François Ier au tout début de son règne.
Deux anges aux ailes vertes et rouges soutiennent un écu d'azur à trois fleurs de lys d'or (le blason royal de France). L'écu est entouré du prestigieux collier de l'Ordre de Saint-Michel.
Une grande salamandre verte est couchée au milieu d'un intense brasier de flammes. Elle est surmontée d'un grand phylactère (banderole) enroulé qui est resté vierge. Il était initialement prévu pour y inscrire la célèbre devise latine du roi : « Nutrisco et extinguo » (« Je me nourris du bon feu, j'éteins le mauvais »). La queue de l'animal s'enroule pour former un « 8 », un clin d'œil à la cordelière de sa mère, Louise de Savoie.
Le cadre est décoré d'un semé d'initiales « F » majuscules couronnées (le monogramme de François Ier) alternées avec des bouquets de lys blancs tigés, symbolisant la pureté et la légitimité de la Couronne.
À l'époque de la Renaissance, la salamandre était un animal légendaire du bestiaire médiéval réputé pour être insensible au feu et capable de vivre dans les flammes. Pour François Ier, ce symbole représentait sa force, sa constance face aux épreuves politiques et militaires, ainsi que son pouvoir de justice royale (raviver les bonnes actions, détruire le mal).











