Tarrasque and Santa Marta by Charles Florent Joseph Lepec, 1874

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Tarrasque and Santa Marta by Charles Florent Joseph Lepec, 1874
Homme vêtu d'un costume traditionnel de rebelle crétois du XIXe siècle, souvent associé aux combattants de la liberté lors des insurrections contre l'Empire ottoman.
Sculpture nommé "Vir Temporis Acti" (ou Uomo antico), réalisé par le sculpteur symboliste italien Adolfo Wildt entre 1910 et 1911.
Le monument initial représentait un grand torse de marbre polychrome aux membres sectionnés, accompagné d'une imposante épée en bronze doré plantée en croix dans son socle. Commandée à l'origine par le collectionneur prussien Franz Rose, la sculpture monumentale complète a malheureusement été détruite ou égarée en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. L'image présentée ici est une photographie d'archive en noir et blanc prise à l'époque par le photographe italien Emilio Sommariva.
Le titre se traduit littéralement par « L'homme du temps passé ». La posture torturée, athlétique et fragmentée évoque un guerrier ou un esclave antique prenant douloureusement conscience de sa propre fin, mêlant l'héroïsme à une profonde détresse psychologique.
Sur le plan stylistique, Wildt combine ici le modelé puissant inspiré du Baroque et de Michel-Ange avec la pureté linéaire et décorative de la Sécession viennoise, particulièrement visible dans le traitement graphique des cheveux. Si l'œuvre monumentale a disparu, des fragments dérivés, notamment des versions isolées de la tête seule en marbre ou en bronze, sont aujourd'hui conservées dans de grandes institutions comme la Galleria d'Arte Moderna de Milan ou le Musée d'Orsay à Paris.
« [L’homme démocratique] vit au jour le jour, cédant aux désirs du moment ; tantôt il s’abandonne au vin et aux airs de flûte ; tantôt il jeûne et suit un régime ; à un autre moment, il passe son temps au gymnase [...]. Sa vie n’obéit ni à la loi ni à l’ordre ; et cette existence dispersée, il l’appelle joie, bonheur et liberté [...]. »
— Platon, Πολιτεία (La République), Livre VIII, 561c–561e, rédigé vers 380 av. J.-C.
"Le départ d'Hector" (ou Les adieux d'Hector à Andromaque), Albert Maignan, 1886.
Le tableau capture un moment dramatique et célèbre de l'histoire de la guerre de Troie, directement inspiré du Chant VI de l'Iliade d'Homère. Il illustre les adieux d'Hector, le plus grand guerrier troyen, à sa famille avant de partir pour sa confrontation finale et tragique. Prêt à monter sur son char de combat, le héros tend les bras vers le ciel tandis que son épouse, Andromaque, soulève leur jeune fils, Astyanax, pour un ultime regard.
Un soldat français monte la garde dans une tranchée pendant la bataille de l’Argonne, en France, en 1916.
Ce tableau est l'œuvre du peintre français Paul Baudry, intitulée "Charlotte Corday" (ou L'Assassinat de Marat). Réalisée en 1860, cette huile sur toile est aujourd'hui conservée au Musée d'Arts de Nantes.
La scène illustre les conséquences immédiates d'un événement majeur de la Révolution française : l'assassinat du député et journaliste radical Jean-Paul Marat par Charlotte Corday, le 13 juillet 1793. Contrairement au célèbre tableau de Jacques-Louis David qui idéalise la victime juste après sa mort, Baudry choisit un cadrage en huis clos montrant la confrontation spatiale directe entre la meurtrière et son acte.
Franco, De Gaulle, et les pieds-noirs d'Algérie
En 1962, le monde assiste à l’un des exodes les plus tragiques — et pourtant parmi les plus oubliés — du XXe siècle : celui des pieds-noirs, ces Français d’Algérie contraints de fuir une terre qu’ils considéraient comme la leur depuis parfois plusieurs générations.
Dans les ports algériens, et particulièrement à Oran, des milliers de personnes s’entassent sous une chaleur écrasante. Femmes, enfants, vieillards, familles entières attendent dans l’angoisse un moyen de quitter le pays. La peur est omniprésente. Un slogan terrible résume alors la brutalité de la situation : « La valise ou le cercueil. »
À mesure que l’indépendance de l’Algérie se profile, les violences s’intensifient. Beaucoup de pieds-noirs craignent pour leur vie, redoutant les représailles et les exactions attribuées notamment au FLN. Sur les quais d’Oran, l’atmosphère est celle d’un abandon presque total, avec le sentiment que chaque heure d’attente peut être fatale.
C’est dans ce contexte dramatique qu’une initiative inattendue voit le jour. Le général Francisco Franco, chef de l’État espagnol, informé de la détresse des civils massés sur les quais, décide d’intervenir pour organiser leur évacuation vers l’Espagne.
Mais cette intervention se heurte immédiatement à la résistance du gouvernement français. Pour pouvoir accoster à Oran, les navires espagnols doivent impérativement obtenir l’autorisation des autorités françaises, lesquelles se montrent réticentes face à cette initiative étrangère.
L’Espagne hausse alors le ton. Madrid adresse un véritable ultimatum à Paris et laisse entendre qu’un refus pourrait provoquer un grave incident diplomatique entre les deux pays.
Le 30 juin 1962, à 10 heures, malgré l’opposition du général Charles de Gaulle, deux ferries espagnols quittent l’Espagne en direction d’Oran. Franco fait savoir qu’il est prêt à aller très loin pour sauver ces civils, y compris au prix d’une confrontation majeure.
Déterminé, il ordonne même à la marine de guerre espagnole de faire immédiatement route vers Oran. Ce geste constitue un signal fort : l’Espagne ne bluffe pas et se dit prête, si nécessaire, à protéger militairement l’opération d’évacuation.
Face à cette démonstration de fermeté, et craignant une escalade diplomatique — voire militaire — avec l’Espagne, le général de Gaulle finit par céder.
Le samedi 30 juin, à 13 heures, les deux ferries espagnols obtiennent finalement l’autorisation d’accoster à Oran. En quelques instants, 2 200 passagers embarquent à bord. Franco donne alors à ses capitaines l’ordre d’embarquer cette « misère humaine », expression destinée à décrire l’état de détresse absolue des réfugiés.
Les capitaines espagnols raconteront plus tard l’extrême tension qui régnait sur les quais, entre la foule paniquée, l’urgence humanitaire et les frictions avec les autorités françaises.
Contre vents et marées, à 15 h 30, les quais d’Oran, noirs de monde quelques heures plus tôt, commencent enfin à se vider. Malgré une surcharge importante, les navires prennent la mer en direction du port d’Alicante, en Espagne.
Durant toute la traversée, les émotions se mêlent. Les larmes de peur, de chagrin et de déracinement côtoient celles du soulagement et de la gratitude. Ces hommes, ces femmes et ces enfants quittent leur terre natale pour un exil sans retour, conscients d’avoir échappé au pire.
Cet épisode demeure aujourd’hui l’un des chapitres les moins connus de l’exode des pieds-noirs : celui où, au milieu du chaos, une intervention étrangère permit de sauver des milliers de vies promises à un destin tragique.
Ce panneau de vitrail, intitulé "La Pendaison de Judas", a été réalisé en Alsace (France) entre 1515 et 1525.
Sur le plan iconographique, le vitrail fusionne de manière saisissante les deux récits bibliques décrivant la mort du traître. Le premier, issu de l'Évangile de Matthieu, montre Judas pendu à la branche d'un arbre. Le second, tiré des Actes des Apôtres, relate que son corps est tombé en avant et s'est rompu par le milieu, laissant s'échapper ses entrailles.
La scène illustre précisément ce moment d'éviscération avec une symbolique médiévale codifiée. Un démon cornu et ailé extirpe de l'abdomen ouvert de Judas une figurine représentant un petit enfant nu. Dans l'art de cette époque, cette image personnifie l'âme humaine. Selon la tradition chrétienne médiévale, la bouche de Judas ayant embrassé le Christ pour le livrer, elle était devenue impure ; son âme ne pouvait donc pas s'échapper par les voies naturelles et a été condamnée à sortir par ses entrailles directement vers l'Enfer.
"Vierge à l'Enfant avec des anges" de Bartolomeo Cavarozzi, 1892.
Cette scène de prestation de serment (ou la remise d'une épée) dépeint le phénomène majeur de la germanisation de l'armée romaine tardive au Vᵉ siècle apr. J.-C. Cette période charnière de l'Histoire illustre la transition complexe et les interactions culturelles intenses entre les structures administratives de la fin de l'Empire romain d'Occident et l'émergence des premiers royaumes germaniques.
Au centre de l'œuvre, le personnage assis incarne un haut commandant romain d'origine germanique ou un puissant chef de troupes fédérées (foederati). Il prend place sur un siège d'inspiration classique qui rappelle la traditionnelle chaise curule romaine, symbole historique d'autorité suprême et de pouvoir judiciaire. D'un air grave et analytique, il examine attentivement une arme qui vient de lui être présentée.
Face à lui, un jeune guerrier se tient à genoux dans une posture de soumission et de respect. Ce dernier semble prêter un serment de fidélité ou d'allégeance envers son supérieur. Ce rituel, combinant la déférence physique et la remise d'une épée, constitue une coutume hautement symbolique et sacrée chez les peuples germaniques, pleinement intégrée ici au système militaire du Bas-Empire.
L'arrière-plan et la garde personnelle mettent en relief la mutation esthétique et technique des armées de l'époque. L'équipement militaire traditionnel romain s'efface au profit d'influences germaniques marquées, visibles à travers les casques à crête protecteurs, les longues cottes de mailles renforcées et les grands boucliers ronds. Ces boucliers arborent des motifs géométriques et célestes, notamment des croissants de lune, qui étaient alors caractéristiques des insignes des unités romaines tardives.
Groupe de résistants armés du maquis de Neuvic (également associés au maquis Georges-Pierrot), photographiés en Haute-Corrèze dans les gorges de la Dordogne à l'automne ou l'hiver 1943.
Cette affiche est une affiche de propagande française éditée en 1942, durant la Seconde Guerre mondiale sous le régime de Vichy. Réalisée par l'illustrateur Eric Castel, elle sert de support pour une campagne de recrutement militaire à grande échelle.
L'œuvre vise à promouvoir la Légion tricolore, une organisation militaire créée en juin 1942 par le gouvernement de Pierre Laval. L'objectif de Vichy était de remplacer la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) par une force officiellement française et théoriquement utilisable sur tous les fronts pour défendre les intérêts de l'État français. L'initiative fut toutefois de courte durée, les autorités allemandes s'y opposant, ce qui entraîna sa dissolution dès le mois de décembre de la même année.
Le slogan inscrit en haut à droite, « Devant l'histoire, tu ne seras pas un héros anonyme », s'adresse directement au spectateur pour susciter une prise de conscience patriotique. Il utilise la promesse de la postérité et de la reconnaissance historique pour convaincre les jeunes hommes de s'engager.
Visuellement, l'affiche utilise une superposition temporelle pour légitimer son message. Au premier plan se détache le profil d'un soldat moderne portant le béret orné de l'insigne de la légion. À l'arrière-plan, une peinture évoque la Grande Armée de Napoléon Ier en pleine charge, drapeau tricolore au vent. Ce parallèle iconographique cherche à inscrire la collaboration militaire de 1942 dans la continuité des plus glorieuses épopées de l'histoire de France.