Plus grand, plus ambitieux. Avec la quatrième édition de Freeeeze, Boumchaka c'était plus fort que le froid. Du 24 janvier au 14 février, l'électro et le hip-hop se sont emparés de la Lorraine pour ne plus la lâcher. Plus grand festival régional de ce type, l'événement a encore gagné en visibilité grâce notamment à des artistes de classe internationale et à une présence encore plus étendue sur le territoire du Grand Est.
Aux villes déjà bien connues du public de l'association thionvilloise, telles que Thionville, Metz et Nancy, se sont rajoutées Belleville-Sur-Meuse avec la MJC du Verdunois et Esch-Sur-Alzette au Luxembourg. La première pour accueillir une compétition de danse hip-hop de haut rang, la deuxième pour clore en beauté trois semaines de folie avec le français Rone et une prestation électro tirée de son tout nouveau disque, Creatures.
Sur tous les bons coups, Boumchaka a montré sa fidélité à ses lieux de prédilection, comme le bar thionvillois le Nimby ou les incontournables Trinitaires. Tandis que le jeune Gueulard + servait à prendre la température, avant de finir chez sa grande sœur, la luxembourgeoise Rockhal. Une confiance qui s'inscrit dans une envie de développement des initiatives culturelles sur le territoire, qu'elles soient récentes ou déjà bien établies. Ce qui se confirme aussi dans le choix des artistes pour animer ces soirées pendant toutes ces semaines. A son habitude, l'association a fait appel à la scène locale avec les talentueux M.A. BEAT ! qui n'arrêtent pas de monter ces temps-ci, Larry Tmik et son savoir-faire des platines, les messins de D-Track, et en a même profité pour mettre en avant la formation rap mi-rookies, mi-habitués, Seuss. Des locaux qui n'ont pas eu à rougir face à leurs homologues français ou étrangers, bien au contraire. Rien que Télémaque, Spitch, 22 et Dante ont tenu tête à un Busdriver en roue libre, alors que NEHS et SLZ ont été plus carrés qu'un Mos Def apparemment habité.
Le rappeur de Brooklyn était d'ailleurs l'une des grosses têtes d'affiche de ce festival. Le genre de nom inattendu et impensable de par sa dimension internationale, dont il faut saluer la prise de risque et l'audace des programmateurs de l'association. Surtout pour une date exclusive en France et dans la belle Boîte A Musique à Metz. Dommage que le public ne soit pas venu en plus grand nombre. Même si la prestation du désormais Yasiin Bey a laissé coi de nombreux spectateurs. Pas de panique, le parisien Hippocampe Fou avait offert un set magique et très efficace avant le trip solitaire de l'américain. Mobb Deep, le duo pilier du rap de la Grosse Pomme était également de la partie et a finit d'inscrire cette nouvelle édition de Freeeeze comme la plus ambitieuse. Le public lui a d'ailleurs donné raison, avec une grande salle de l'Autre Canal à Nancy pleine à craquer. Un concert en forme de fan-service qui a ravi les fans de la première heure comme les néophytes.
Dans l'ensemble toutes réussies, les soirées organisées par Boumchaka ont été bien reçues par le public, signe d'une envie de faire bouger la région, d'occuper les lieux et de ne pas hésiter à voir plus loin. Si la première nuit à Nilvange n'a rassemblé que peu de monde avec pourtant la venue de Set&Match et d'Herbaliser, Freeeeze s'est rattrapé très vite avec un Nimby rempli à ras bord à la venue d'A2H, de même pour le 7(7) Café à Metz pour la venue des demoiselles Gavlyn et Oh Blimey. Un festival dont Boumchaka et son public peuvent être fiers, ne seraient-ce que pour le courage du premier et de la ferveur du second. Signe que l'Est est une terre de musique accueillante et surtout passionnée. De quoi attendre de pied ferme la cinquième édition.







