Critique #3 - Défi Sadique, par GeekWriter, Plénitude, Inobi, MisterX et Bro-Nie
Lentement mais sûrement, les poneys étaient curieux et venaient voir ces nouveaux récits, ainsi qu’écouter les analyses qu’en faisaient la bibliothécaire. Toutefois, ils étaient peu nombreux et sceptiques.
Savait-elle ce qu’elle faisait ? S’occuper de livres lui donnaient les moyens de les critiquer ? La jument pouvait les comprendre, elle ne les blâmait pas pour ça. Au contraire, ses efforts allaient être consacrés à leur montrer ses capacités.
Et quoi de mieux que de s’attaquer à un vrai challenge ?
GeekWriter me demande cette fois-ci de m’occuper des résultats d’un défi qu’elle a organisé et c’est avec joie que j’ai accepté, moyennant toutefois de m’occuper de tous les textes qui ont été présentés. Ce sera donc une grosse critique qui ne sera toutefois pas exhaustive, car les participations ont été faites avec un thème imposé et dans un temps limité ; en conséquence l’analyse sera aussi faite par rapport au sujet et aux différents textes entre eux pour ma conclusion.
Toutes les participations ne sont pas encore validées et les présentations qui vont suivre seront éditées en conséquence lorsque cela sera fait. Cela ne m’empêchera pas de faire les critiques puisque tous les textes sont disponibles publiquement sur la page du challenge.
Au passage, j’ai conscience que les profils MLPFictions ne reflètent qu’une partie du travail d’un auteur, mais cela permet une contextualisation efficace, à défaut de pouvoir faire un inventaire qui ne sera de toute façon pas exhaustif de tout ce qu’à pu écrire l’auteur, autant pour lui-même qu’en non-MLP ou qui ne sont plus accessibles.
Le premier prétendant est Plénitude avec “Voir la vie en rose”, troisième fiction qu’il a publiée. Il n’a à son actif que trois one-shot, dont deux sont des participations à des challenges. Excepté la publication en cette fin d’été 2016, ses autres textes datent d’il y a deux ans.
GeekWriter est déjà passée par ma plume, trois publications à son actif, une fiction longue et un one-shot déjà critiqué, en plus de “The Seven Died” qui est la toute dernière parution.
Viens ensuite Inobi et “L’affaire Cloudchaser”, qui sera sans doute sa quatrième publication avec la précédente participation au premier défi sadique, un autre one-shot et sa première fic qui est longue de 12 chapitres et toujours en cours.
“Défi polar” est la participation de Mister X, qui n’a sur son profil que trois fictions, un OS et deux fictions longues de 7 et 10 chapitres encore en cours, mais dont la publication de chacune est plutôt régulière.
Avec la “Equestrian Horror Story. Hotel” comme 36ème fictions, Bro-Nie possède à son actif 28 fictions originales. 6 fictions longues terminées, deux très importantes (plus de 20 chapitres) et 4 plus modestes, dont l’une est un spin-off et une autre une collaboration. Il possède une autre fiction longue en cours et deux fictions abandonnées après 4 chapitres. Le reste est une profusion de One-Shot, 19 originaux dont 3 spin-offs et 4 participations à des challenge, et 8 traductions. La majorité de ses publications ont été faites de mars à décembre 2014, après quoi une pause d’un an avant une reprise plutôt régulière depuis janvier 2016.
Avant de commencer, je précise que je n’ai pas lu les critiques de GeekWriter ou les résultats pour avoir un avis totalement impartial sur le défi, dont voici le sujet :
Pas de bras, pas de chocolat
“Voir la vie en rose” n’a pas beaucoup de défauts que je pourrais lui trouver, le texte arrive à mélanger très habilement deux histoires liées entre elles, en leur donnant un style narratif propre à chacune et jouant pour l’une avec la concordance des temps sans fausse note, quoi que cela pourrait en déstabiliser certains.
La fiction possède son propre univers qui n’est pas Equestria Girls mais s’en inspire, afin de tirer le meilleur parti du synopsis et le respecter tout en y insufflant sa propre ambiance. Les descriptions sont très justes, chaque personnage à son tempérament, ses problématiques, et en résulte un monde cohérent.
Seul bémol toutefois, l’absence d’une fin “satisfaisante”. Le mystère n’est pas vraiment résolu et j’ai trouvé qu’il y avait trop peu de pistes pour essayer de comprendre où l’auteur voulait en venir. La limite de temps à dû jouer en la défaveur du texte, lui donnant un goût d’inachevé accentué par sa qualité indéniable.
“The Seven Died” accorde un soin tout particulier à son action et à nous présenter une enquête riche en rebondissement. Il y a tout un travail apporté aux armes et à son univers, qui est distillé petit à petit au gré des situations, ce qui est un bon point et la résolution de l’intrigue est satisfaisante, tout en laissant beaucoup de questions sans qu’elles soient frustrantes, et donnant même des pistes de réponse.
Mais malgré ce soin apporté aux scènes d’actions et à la description des armes et autres détails participant grandement à l’immersion, les environnements manquent de descriptions pour donner de l’ambiance. Par exemple, tout commence dans un entrepôt, mais comment est-il ? Quel temps fait-il ? Est-ce un entrepôt en ruine en pleine nuit ou est-il encore fonctionnel et pris d’assaut en plein jour ?
Pas mal de choses, notamment les héroïnes, manquent de contexte quant à leur âge, leurs émotions, leur équipement. C’est le genre de texte où, à raison, les détails sont donnés au compte-goutte, mais c’est un équilibre très délicat pour pouvoir installer l’ambiance et le ton sans pour autant trop en dire et laisser planer ce sentiment de ne rien savoir.
Le texte, à mon sens, est trop dépourvu des détails nécessaire pour instaurer une bonne ambiance de polar noir et n’aident pas les choix de termes et d’expression, qui sortent du registre comme “gus”, “pif” ou qualifier les hommes de mains de “vilains”, ce qui adoucit le texte et tranche avec le côté plus rude que l’ambiance essaye d’installer.
On sent l’habitude de textes ayant un ton plus doux, ce qui ne lui permet pas d’exploiter au mieux l’ambiance qui essaye de s’installer, malgré qu’il réussisse très bien ses scènes d’actions et la façon de rendre son monde cohérent.
On peut aussi noter quelques petites maladresses occasionnelles, problèmes de répétition ou de phrases mal structurées, mais aussi la narration qui, en essayant d’être dynamique, chamboule par moment la concordance des temps en passant aux temps du présent alors que le texte est au passé ; le milieu du texte en souffre particulièrement. Rien qui ne soit réellement gênant dans l’absolu, mais avec de la relecture assidu, le texte serait encore plus agréable à lire qu’il ne l’est déjà.
Le texte reste toutefois très appréciable, même si la révélation finale m’a plus fait rire de bon cœur que frissonner, à cause du registre trop enfantin tout du long du texte ; avec le bon ton, cela aurait pu être une révélation choc, mais à la place cela avait une tournure un peu “nanardesque”, qui était appréciable, mais sans doute pas ce que l’auteur voulait.
“L’affaire Cloudchaser” m’a donné plus l’impression, pour être honnête, d’être de l’exposition pour un univers de fiction avant d’être une participation pour un challenge. Cela n’aurait pas été un problème si la participation ne donnait pas l’impression d’être assez mal imbriquée dans l’univers donné.
Le souci majeur est, je trouve, toute la première partie d’exposition qui amasse beaucoup d’éléments qui, en soient, n’apporte rien ou n’apparaissent pas, comme la technologie magique, les armes utilisant la magie, ou cette idée de recensement et de confinement de ceux ayant développés de la magie. C’est très superflu quand on voit l’intrigue et la finalité qui n’en tiennent finalement pas tant compte de ça.
La magie n’est pas vraiment défini et sert un peu à faire avancer l’intrigue, ce qui aurait pas dérangé s’il n’y avait pas de l’exposition pour essayer de rendre l’univers cohérent dans son fonctionnement pour ne donner aucune réelle cohérence à la magie. Il y en a peut-être, mais ce n’est à aucun moment défini et on semble pouvoir faire ce qu’on veut avec.
L’autre gros problème est aussi qu’il ne s’agit pas vraiment d’une enquête des CMC, vu que toute l’histoire ne se centre que sur Sweetie Bell et qu’à part deux moments précis, Applebloom et Scootaloo ne servent à rien. Elles auraient pu être substituées sans trop de problème. Au final il s’agit plus de Sweetie Bell réglant ses comptes et faisant du ménage dans sa vie, et l’enquête est presque un prétexte, en plus de ne pas être “si” dure, en plus de passer comme anecdotique sur la fin. La conclusion ne l’évoque même pas tant que ça.
L’ambiance souffre pas mal de cette exposition un peu pénible qui ne servait pas à grand-chose pour l’histoire, mais arrive toutefois à bien retranscrire toute la misère et la souffrance de son personnage principal, même si je me retrouve assez contrarié que tout cela soit balayé par un “happy end” qui détruit un peu toute cette construction de personnage.
En définitive, ce texte a souffert des contraintes inhérentes au défi et aurait pu vraiment valoir le coup en tant que fiction à part entière, car en l’état l’univers développé ne sert pas l’histoire et cette dernière peine à inclure le trio des CMC en tant que trio.
“Défi Polar” fut assez surprenant dans sa manière de retranscrire assez justement le ton de la série que les humains ont fait sur mon monde. Cependant, cela ressemble presque “trop” à la série, dans le sens où cela n’utilise qu’assez peu l’écriture. Les descriptions sont assez légères, peu d’emphase est mise sur l’ambiance et les dialogues sont très présents.
Même si le texte est agréable à suivre et sans défaut, mis à part quelques petites fautes deci delà et une mise en page sur google doc qui ne le met pas très en valeur, on pourrait lui reprocher d’être trop “simple”. Les personnages n’ont pas beaucoup de personnalités, surtout ceux de background qui ne servent qu’à être présent et remplir un rôle. Le tout manque de vie, comme une retranscription littérale d’un épisode de My Little Pony… ou de Scooby Doo.
Néanmoins, il fait l’effort de garder le ton propre à la série plutôt que de créer un contexte propre à du polar plus sombre, même si le côté enfantin peut déconcerté quand on rappelle que les héroïnes sont en âge de boire des bières et acheter des menottes avec leur petit ami dans un certain genre de magasin...
“Equestrian Horror Story. Hotel” est plein de qualité et il serait assez difficile de lui trouver des défauts. Le texte parvient à garder l’esprit d’EQG tout en le rendant plus mature, et rester centré sur son histoire tout en profitant de l’occasion pour approfondir ses personnages, qui sont très bien maîtrisé.
Le seul bémol serait la résolution de l’intrigue, que j’ai trouvé un peu simple et rapide après l’ambiance un peu anxiogène. Disons que le “twist” utilisé aurait peut-être pu être poussé un peu plus, si le but avait vraiment été la rupture de ton. L’effet marche un peu quand même, mais on sent que ça aurait pu aller plus loin.
Au final le texte arrive à avoir de l’humour sans trancher avec son côté sérieux, un univers très cohérent et à jouer avec les références sans que cela ne desserve l’histoire ou ne lui fasse perdre son identité.
Cependant l’enquête ne parait pas tant que ça plus dure qu’une autre, donc vis à vis du défi c’est limite, mais on peut considéré qu’elle est “dure” vis à vis de ce qu’elles risquent de perdre en échouant, vu leur besoin d’argent, et le “twist” même s’il ne se montre au final pas plus menaçant que ce qu’elles ont affronté par le passé.
Je ne pourrais pas désigner de texte meilleur que les autres puisqu’ils sont chacun assez différents, et c’est le but de tout défi, même si le synopsis assez précis de celui-ci arrive étonnamment à reboucler sur deux types de textes.
On peut ranger ensembles les histoire de Plénitude, GeekWriter et Inobi dans une ambiance sombre, avec implication de la police et utilisation poussée de la magie, et celles de MisterX et Bro-Nie qui ont un ton proche de la série et les petites enquêtes magiques.
Les deux textes les plus ambitieux sont ceux de Plénitude et Bro-Nie, mais tout deux souffrent d’une fin un peu précipitée, tandis que GeekWriter et MisterX, malgré quelques problèmes de tons, arrivent à avoir une certaine régularité et un ton qui leur est vraiment propre, dans le nanard et la proximité avec la série.
Seul Inobi est un peu laissé sur la touche, j’en ai peur, à cause de la mauvaise alchimie entre l’univers dépeint et le défi. J’espère lire une fiction sur cet univers qui lui permettrait de s’épanouir !
Au final on peut noter quatre gagnants selon ce qu’on recherche. Deux textes très bien travaillés mais dont la fin peut être un poil frustrante, un nanard très agréable par ses défauts mais tout de même bien écrit, et un mix entre Scooby Doo et Equestria Girl.
J’espère que la critique vous aura plus, elle s’est faite dans la douleur d’une semaine de retour de vacances assez chaotique pour les créatrices du blog ! Pour ma part je reste dans ma bibliothèque, à attendre que l’on me suggère des fictions à critiquer !