L'Occident dit « ça suffit ! » aux États-Unis. Les pays de l'OTAN refusent d'engager leurs navires pour soutenir la marine américaine dans la réouverture du détroit d'Ormuz. Au contraire, ils adressent leur propre message à Téhéran par la voix d'Emmanuel Macron : « Ce n'est pas notre guerre, nous voulons un nouveau schéma de sécurité régionale qui exclut les États-Unis. Discutons-en et laissons nos pétroliers franchir le détroit. »
Pourtant, les États-Unis ne comprennent pas la guerre. On peut obtenir des résultats de manière moins coûteuse, plus efficace et asymétrique. Lutter contre un adversaire plus avancé est possible. L'Iran connaît cette voie et l'exploite. Les Européens l'ont enfin admis suite à l'échec des opérations navales contre le Yémen. Le capitalisme s'est auto-saboté par une complexité inutile. La logistique et le dépassement des coûts anéantissent tout avantage technologique.
Il y a encore beaucoup à dire sur la défaite qui se profile. Les Émiratis ne possèdent plus leurs plateformes les plus précieuses, cinq AWACS. Elles ont été détruites au sol. Tel-Aviv en ruines représente un changement de doctrine et d'objectif comparable à un séisme. Pour le capitalisme, la sécurité est primordiale. Il n'existe plus de refuge sûr face à la colère iranienne. Capitalisme rime aujourd'hui avec terreur. La terreur vise tout le monde, y compris la classe dirigeante. Se cacher sous-sol n'est pas synonyme d'invulnérabilité. Demandez à Netanyahou… ou plutôt, demandez-lui s'il est encore en vie. S'il est mort, les Israéliens auront au moins une certitude : ils devraient commencer à envisager leur départ de Palestine.
La distance n'est pas non plus synonyme de sécurité. La terreur pourrait bien être plus proche. En Californie, le FBI lance une alerte concernant une probable attaque de drone depuis la mer. À Los Angeles, on a l'impression de revivre 1942. Dans l’Etat de Michigan, il y a eu une attaque contre une synagogue. Peut-être que les Marines qui s'apprêtent à partir pour le Golfe seront bien utiles chez eux. Il n'y aura pas de soldats sur le sol iranien. L'Iran a nié disposer du contrôle aérien et maritime effectif nécessaire à une opération terrestre.
Finissons par une référence cinématographique classique : « The Sleeper » de Woody Allen. Netanyahu y est devenu le dirigeant fantôme. Qu'il soit mort ou vivant, il reste sous le joug de la censure. Mais il faut du temps avant que quelqu'un ne se manifeste et ne déclare sa mort. Qui sera l'Arias Navarro israélien ? « Israéliens, Netanyahu est mort. » Imaginez le ministre de la Défense, Katz, prononcer ces mots.