Lors d'un forage dans une caverne sous-marine, des scaphandriers sont attaqués par un fossile vivant, un megalodon. Ancêtre préhistorique du grand requin blanc, il est le plus féroce prédateur des mers que n'ait jamais connu notre planète. L'océanographe Kim Melville découvre que des spécimens ont survécu dans des grottes sous-marines alors qu'ils sont censés avoir disparu depuis 5 millions d'années ! Une découverte qui pourrait remettre en question l'équilibre écologique de la planète et la survie même de l'humanité.
Scénario : Christophe Bec - Dessin : Milan Jovanovic
Couleur : Delphine Rieu
Quatre tomes sont actuellement parus à l’heure où j’écris ces quelques mots. Le prochain sera le dernier du premier cycle. Pour tout vous dire, je ne voue pas un culte à Christophe Bec mais c’est l’un des scénaristes que je suis avec attention et intérêt. Prométhée est la série que je préfère, mais là encore, même si j’en ai touché deux mots il y a quelques temps, j’y reviendrais quand elle sera finie.
La narration de Carthago se rapproche de celle de Prométhée. Mise en place façon puzzle de différents indices, personnages, lieux et mystères. Christophe se sert beaucoup dans les deux séries de choses réelles, lieux, monuments, choses inexpliquées et s’en sert à sa guise pour nous promener dans un dédale de mystères qui nous émerveillent ou nous glacent le sang. Anciennes civilisations, sciences, cultures, on fait le tour du monde et même du temps, pour y voir toute la beauté de notre planète et ses richesses sans oublier de placer tout ça dans un contexte bien réel où la finance est bien présente et où les intérêts de chacun divergent parfois.
Kim Melville est l’un des personnages centraux de l’histoire, sa fille adoptive Lou le deviendra à n’en pas douter aussi. Kim est océanologue, Lou une jeune fille aux capacités hors-normes qu’on ne connait pas encore beaucoup. Carthago est le nom d’une multinationale qui, entre autres, extrait du gaz naturel dans le pacifique, c’est d’ailleurs là que commence la série. C’est en forant que des employés de la Carthago découvriront un machélodon (grottes sous-marine) et le mégalodon, le plus grand prédateur que la terre ait connu. Celui-ci était sensé avoir disparu depuis plusieurs millions d’années.
Une multinationale qui va cacher cette info pour ne pas avoir à stopper leur activité. Un groupe écologiste entre en scène et prend contact avec Kim, ailleurs un scientifique découvre quelque chose dans l’océan indien qu’il qualifie de trop important pour être révélé à l’humanité, en Roumanie nous faisons connaissance avec un homme qui s’avèrera très important et influant pour la suite, “le centenaire des Carpates”, un homme âgé et immensément riche, avide de découvertes extraordinaires, il aurait découvert le Yéti...
En Australie, une tribu aborigène semble s’inquiéter d’une ancienne prophétie, des centaines de cétacés sont retrouvés échoués sur plusieurs plages du monde entier, le capitaine d’un U28 allemand durant la première guerre mondiale est le témoin de l’apparition d’une autre créature sensée avoir disparu et j’en passe..
Tout ça se regroupe et ne forme qu’une seule et extraordinaire histoire mélangeant le réel et l’imaginaire. Christophe Bec manie aisément tous ces éléments. Il n’hésite pas à nous “balader” d’un endroit à un autre, d’une époque à une autre, il nous enchante, nous intrigue, suspense et fantastique côtoie la réalité, qu’est ce qui est vrai, qu’est ce qui est faux? On a envie d’y croire et c’est là l’une des qualités premières de Bec. On fouille sur internet, on se renseigne, on cherche. Ce scénariste nous fait bouillir le cerveau, ne nous laisse pas de marbre, il taquine nos instincts et aiguise notre curiosité. Si vous aimez les fonds marins, les anciennes civilisations et leurs lots de mystères, si vous aimez l’archéologie, les nouvelles technologies ou si vous avez une âme d’indiana Jones ou de Lara Croft, vous allez adorez.
La mise en place de tous ces éléments pour en faire une histoire des plus limpide... Moi je vous tire mon chapeau Mister Bec. Si j’aime la BD c’est en partie grace à des histoires comme celle-ci et je n’ose même pas imaginer la masse de travail que cela doit représenter, autant en terme de recherche mais aussi de mise en scène... Cette capacité à regrouper différents éléments disséminés de par le monde et de par le temps pour nous écrire des scénarios comme celui-ci (entre autres) est tout bonnement extraordinaire...
Les dessins de Milan Jovanovic qui a repris le flambeau après Eric Henninot sont très bien, dans le style qu’affectionne le scénariste et servent à merveille l’histoire.
Je vais m’arrêter là, je ne peux vous en dire plus, le plaisir de lire du Bec est de le découvrir au fil des planches.