Exposition collective "Group Show" à la Galerie Kamel Mennour dans le cadre de la visite-guidée “Une Plongée dans l'Univers des Galeries Parisiennes : Saint-Germain-des-Prés” par Des Mots & Des Arts, mars 2021.
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Exposition collective "Group Show" à la Galerie Kamel Mennour dans le cadre de la visite-guidée “Une Plongée dans l'Univers des Galeries Parisiennes : Saint-Germain-des-Prés” par Des Mots & Des Arts, mars 2021.
Camille Henrot - Days are dogs
Palais de Tokyo - 18 octobre-07 janvier 2017
Voici un moment que je n’ai rien écrit ici. Peu de temps disponible …
Mais je ne résiste pas à la tentation de réagir (sans l’avoir vue) à l’exposition de Camille Henrot au Palais de Tokyo. Pas tellement en raison de l’exposition elle-même, dont je ne pourrai pas dire grand chose, mais plutôt en raison de ce que j’en lis. La critique sans critique qui domine aujourd’hui a ceci d’interessant qu’elle permet d’avoir une image assez claire, non pas de ce qui est vu, mais précisément de ce qui n’a pas besoin d’être vu pour, d’une part saisir ce qui fait le succès d’une exposition ou d’un.e artiste, et d’autre part la forme (pour ne pas dire la formule) générique d’une œuvre contemporaine importante. Lisons. Tout d’abord, remontons un peu dans le temps. Philippe Dagen, dans Le Monde, en 2014 à propos de la carrière devenue fulgurante de Camille Henrot : « Depuis un peu plus d’un an, elle n’habite plus Belleville mais New York ». normal, quand on réussit dans l’art (ou pour réussir), on part à New-York. Soit. Puis une remarque sur son premier succès : Grosse fatigue, Lion d’argent à la biennale de Venise. Les raisons du succès : « l’ambition du projet intellectuel et son extrême actualité puisqu’il s’agit d’une réflexion sur l’organisation, la circulation et la confusion des savoirs de toutes natures à l’ère du numérique. » La terminologie donne facilement les points de repère : « intellectuel », « actualité », « réflexion », « numérique ». Le cocktail contemporain pour qui veut être contemporain (non non pas d’ironie : des faits). Autre raison : « l’extrême dextérité dans l’agencement, la succession et la superposition des images ». La virtuosité, donc. Bon, au-delà du fait que la virtuosité est une qualité technique qui ne garantit jamais l’excellence artistique, ce sont surtout les allusions à la « succession » et à la « superposition » qui sont intéressantes, en ce qu’elles suggèrent une méthode et un tropisme artistique contemporains que j’ai déjà eu l’occasion de relever : l’accumulation comme formule de pensée.
Méthode qui se confirme dans ce second succès de Camille Henrot : « The pale fox » (hé oui, à présent les titres sont en anglais, forcément …) ; plongée dans les mythes et les systèmes perdus de pensée et de représentation du monde « qui pourrait faire croire que l’installation est une démonstration conceptuelle austère » nous dit Ph. Dagen. Mais non, pas du tout ; car cela « a plutôt des airs de foire à tout ou de dépôt-vente, loufoque au premier regard ». Revoilà l’accumulation. Mais Dagen prend soin de préciser immédiatement que « ce fatras est très construit par des systèmes de correspondances et de sous-entendus qu’il faut prendre le temps de décrypter. » Au-delà de l’expression qui frôle l’oxymore, on ne voit pas dans cette description ce qui relève de l’expérience de l’œuvre en dehors de l’exercice de traduction et d’exhumation archéologique d’un sens volontairement englouti sous la profusion des objets. Certes, dira-t-on, l’expérience est là, dans l’égarement face à la profusion. On peut aussi résumer : faites le tri et construisez le sens.
Et Ph. Dagen bien mal inspiré de citer l’artiste : « les artistes sont généralement enfermés dans des catégories – la sculpture ou le film, pas les deux –, mais ces catégories ne sont que des solutions de facilité, nous expliquait-elle dès 2009. L’artiste doit aller vers plus de complexité et d’hétérogénéité. C’est sa façon de lutter contre l’uniformisation qui menace de tout écraser. » Des propos qui témoignent de façon assez navrante de l’absence de complexité de Camille Henrot elle-même quant aux enjeux de la création artistique. Non seulement parce qu’on voit mal en quoi l’utilisation d’un médium unique serait un obstacle à la complexité (à moins de rayer quelques siècles d’histoire de l’art), et ensuite parce que la multiplication et l’articulation systématiques de plusieurs médiums est aujourd’hui à ce point dominante qu’elle apparaitra facilement comme le dernier avatar de cette « uniformisation qui menace de tout écraser » et qu’elle prétend éviter.
Revenons au présent. 16 octobre 2017, Le Figaro Culture ; compte-rendu du vernissage de la Carte blanche à Camille Henrot au Palais de Tokyo. Passons sur la première partie de l’article, le récit mielleux des mondanités VIP de l’événement et le ton obséquieux de Valérie Duponchelle qui se répand en flatteries et courbettes toutes plus ridicules les unes que les autres, essayant surtout de n’oublier personne … Ce qui frappe d’abord, au-delà de la description des œuvres, ces sept jours de la semaine qui constituent l’ossature du projet de Camille Henrot, c’est l’avalanche de références ; non pas artistiques, mais littéraires et théoriques. En tous sens : de Tolkien à D. H. Lawrence en passant par Virginia Woolf et, bien sûr, Roland Barthes. On a évité Deleuze, pour une fois. Mais c’est la forme même de l’article qui est révélatrice : chaque fragments de l’œuvre (construite selon le découpage journalier d’une semaine : à un jour une séquence) est décrit, relié à la référence qui doit lui donner du sens, et parfois nourri d’une anecdote mettant en scène la réaction du public de ce vernissage. Des réactions, mais pas d’analyse. Un peu comme si le sens ayant été éclairé par les références, la question de l’efficacité de l’œuvre, de son expression, en tant qu’œuvre et non en tant qu’illustration d’une idée-référence, n’était pas d’actualité.
Or c’est dans les réactions de ce public trié sur le volet que transpire l’identité de l’œuvre, puisqu’elles expriment moins une lecture qu’une expérience de la forme. Ainsi ces « amoureux de l'art moderne » tout à fait incapables d’assumer les choix de leur sensibilité et exigeant l’anonymat pour avouer suspecter ici «un certain snobisme de l'art»; ou bien cette allusion aux « allergiques épidermiques à l'art contemporain » qui pourraient bien être choqués par ce « film porno au réalisme atténué par la peinture pour devenir plus raisonnable jeu d'ombres et simple exercice de gymnastes ». Attention : transgression-subversion-provocation, mais soigneusement désamorcées et rendues présentables par un traitement chorégraphique.
Bel article au final, qui donne une juste idée de ce que l’on peut s’apprêter à voir en allant visiter cette exposition, et qui rejoint le « fatras » qu’évoquait Ph. Dagen : accumulation séquencée de visuels supportant autant de références littéraires à destination d’un public heureux de pouvoir ainsi reconnaître si facilement « ce raccourci cinglant de notre époque ». Ces mots sont de Jacques Salomon, dont Valérie Duponchelle nous rappelle qu’il est ce « collectionneur à la fois pointu, ouvert et sévère ». Une telle autorité ne saurait se tromper.
Quelques vues de l’exposition :
http://artresearchmap.com/exhibitions/carte-blanche-to-camille-henrot-days-are-dogs/
L’article de Ph. Dagen :
http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/08/04/camille-henrot-l-art-du-contretemps_4466572_4415198.html
L’article de Valérie Duponchelle :
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2017/10/16/03015-20171016ARTFIG00183-fiac2017-vivre-au-jour-le-jour-avec-camille-henrot-au-palais-de-tokyo.php
Camille Henrot, Augmented Objects
found objects covered in clay and tar
Camille Henrot, Waiting for Your Call, ("Tropics of Love" series) and My Anaconda Don't, 2014-15
Getting bored on a plane is dangerous
Camille Henrot,
Est-il possible d'être révolutionnaire et d'aimer les fleurs?
Vue de l’installation © Camille Henrot / Photo. Fabrice Seixas et Alexandra Serrano Courtesy the artist and kamel mennour, Paris
Cerebus #82 “Talking Heads”
(now that's an ironic title, considering my use of the term in many cases to refer to specific issues of this series – and again, not in a critical way.)
So, Cerebus, sucked into the glowing ball, finds himself (once more) on another plane of existence, with floating heads (Henrot the wizard and the wizard from “Magiking” ) arguing above him. The banter is quite amusing and entertaining – dialogue is one of the strengths of Sim's work.
Back in Estarcion, “Tarim” is barking out orders – he wants a 100' tall throne, or he'll smush everyone. He wants all the gold or he'll smush everyone.. seems like he's following the precedent established by Cerebus pretty well. Lord Julius and Astoria have an amusing conversation about their marriage.
On the astral plane, the Triple Tarim (seems like everyone wants to be Tarim on Earth) of Claremont's Woman Thing (Ethel), the Sump Thing (Fred) and the Artist's head show up. Yep, it's getting a little trippy.
Cerebus and Henrot are left alone, banter a bit about Sophia, then Henrot is surprised when the glowing ball appears and swallows up Cerebus – so it wasn't him behind it, that throws out my theory.
All in all, in interesting issue!