Le Ministère de la Guerre
L'îlot urbain Saint-Germain, sis entre l'Assemblée nationale et la rue de Solférino, abrite le siège de l'ancien ministère de la guerre, tour à tour nommé (puis renommé) ministère de la défense et des armées.
D'abord installés dans l'ancien couvent des Filles de Saint-Joseph (fondé en 1640 et "confisqué" à la Révolution), les services du ministère s'agrandissent, avec ce bâtiment édifié à son emplacement entre 1867 et 1877, longeant le nouvellement percé boulevard Saint-Germain, dans le cadre des travaux du baron Haussmann. Formant un angle obtu entre le boulevard et la rue de Solférino, surplombant la bouche de métro éponyme de la ligne 12 ainsi que la place Jacques Bainville, une tour-horloge monumentale est édifiée aux cadrans, chiffres et aiguilles dorées, donnant de deux côtés, fixant "l'heure militaire", réglant depuis lors l'heure officielle des décisions parlementaires de l'assemblée toute proche.
C'est en ces bâtiments qu'est appelé le capitaine Alfred Dreyfus, en janvier 1893, en tant que stagiaire, d'où débutera toute "l'Affaire"...
Dans la nuit du 11 au 12 mars 1918, l'un des nombreux bombardements allemands de la capitale, opérés depuis des Zeppelins, frappe le ministère de la guerre, dont des traces sont toujours visibles sur la façade donnant sur le boulevard Saint-Germain, auxquelles s'ajouteront les stigmates des combats de la Libération de Paris, les 24 & 25 août 1944.
Depuis 2015 et l'inauguration de l'Hexagone Balard, au sud-ouest de Paris, réunissant les différents services des ministères des armées, l'îlot Saint-Germain est quasiment délaissé, dans l'attente de travaux transformant les locaux en logements sociaux. Y demeurent malgré tout les effectifs de l'Opération Sentinelle, renforcés depuis les attentats de Paris en 2015, hébergés dans de meilleures conditions qu'auparavant. En attendant leur déplacement ou éventuelle démobilisation...
L'Hôtel de Brienne, construit par l'architecte François Debias-Aubry en 1726, abrite toujours les bureaux de l'actuelle ministre des armées, Florence Parly. Elle occupe le siège de nombreux ministres de renom (des armées, de la guerre ou de la défense) l'y ayant précédé depuis 1817, comme Georges Clémenceau, y organisant les opérations ayant mené à la victoire française de la Grande Guerre, ou le général de Gaulle, secrétaire d'État à la guerre en juin 1940, retrouvant le même bureau en août 1944, en tant que chef du gouvernement provisoire, jusqu'en janvier 1946 et son changement de fonction. Son bureau est resté dans le même état depuis son départ, comme une "period-room", figée dans le temps, d'un temps ou le terme de "ministère de la guerre" prenait tout son sens...
Crédits: ALM’s













