Adriana Lima getting ready for the Homesman premiere, Cannes FIlm Festival 2014, Cannes, France, 18/05/14.
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Adriana Lima getting ready for the Homesman premiere, Cannes FIlm Festival 2014, Cannes, France, 18/05/14.
Adriana Lima at The Homesman red carpet, Cannes Film Festival 2014, 18/05/14.
Queued
Adriana Lima on the red carpet of the "The Homesman" movie premiere, 67th Annual Cannes Film Festival, Cannes, France, 18/05/14.
Adriana Lima at The Homesman red carpet, Cannes Film Festival 2014, 18/05/14.
Queued
Homesman
J’ai bien des difficultés à trouver une illustration qui convienne.
L’affiche du film? Se résume par les gros plans des visages des deux personnages “principaux”. Sauf que, justement, y a-t-il là personnages principaux et personnages secondaires? Non!
Une scène du film alors? Laquelle? Même dilemme, toutes ont leur importance. S’il fallait en extraire une seule, je choisirais celle qui résume mon émotion propre, celle où le type révolté, écœuré, fatigué, canalise ce qui lui reste d’énergie pour aller faire cramer un hôtel et tous ses occupants, ceux qui viennent de lui refuser assistance. La scène arrive au bout d’un périple épuisant où l’homme espère enfin se poser, trouver un relais dans l’aide qu’il apporte à trois femmes perdues au bout d’elles-mêmes, trois folles totalement démunies. Il n’obtient aucune aide. Il ne reçoit que des sarcasmes. Des arguments qu’on pourrait qualifier d’économiques quand lui recherche assistance humaine. Il part. Il met les trois cinglées en sécurité relative. Semble les abandonner, mais revient, en réalité, cramer toute la boutique et piquer la porchetta. Géant! J’ai adoré! Pour une fois, rien à foutre d’entendre hurler les bonhommes dans l’hôtel.
Je m’inquiète... Serais-je capable d’une telle folie meurtrière? Poussée à bout, révoltée par la non-assistance? Possible!
Si aucun des personnages n’est secondaire. Auquel pourrais-je m’identifier? Quel est mon héro? Quel est celui dans lequel je pourrais me retrouver? Tous!
C’est fou -mot bien choisi vu le film!- tout de même d’en arriver à se poser de telles questions. Pourtant, il faut bien nous l’avouer, ce film nous a tétanisés durant sa première partie. La violence des images, la violence des échanges verbaux, la simple violence des mots. Une réalité simple, sèche, dure, elle cloue le spectateur. On s’est demandé si on allait arrêter le film. On s’est dit bien haut: “Et on se plaint?”, “On se sent tout de même mieux de vivre ici et maintenant! Après cela on va se sentir vachement bien dans nos vies!”. Alors, pour des raisons thérapeutiques, on a continué à “regarder”, à “écouter”. Puis, on est pris par le jeu des personnages. On attend une belle issue. Bêtement. Il n’y a pas d’issue. Pour personne. On reste tétanisé même lorsque le générique de fin arrive. Et alors, quoi, c’est tout? C’est absurde! Je m’attendais au moins à ce que la provocation bruyante et pétaradante du gaillard lui amène un pruneau entre les deux yeux de la part d’un des guignols présents dans la dernière scène. On dirait que c’est ce qu’il attend, qu’on le flingue. Même pas. Cela s’arrête comme cela. Il reprend sa vie de merde. Il accepte de reprendre sa vie de merde après avoir vécu cinq semaines comme celles-là? Une relation improbable avec une bande de cinglées. Une histoire d’amour aussi brève qu’intense, à la fin d’une brutalité et d’une absurdité inexplicable, et le mec reprend sa vie de merde comme si de rien n’était.
Ce film m’interpelle donc. Et voilà pourquoi, je cherche en quoi il a pu me toucher à ce point. Pourquoi n’y a-t-il pas un personnage plus important qu’un autre? Qu’est-ce qui me touche?
Tout et tous!
Ce pasteur qui ne parvient pas à répondre aux réalités de sa congrégation, qui cherche des pistes pour soulager les familles plongées dans la folie de ces trois femmes, qui cherche un endroit où elles pourraient être prises en charge correctement, mais qui délègue une femme, aussi fragile que toutes les autres, à la tête du convois, malgré les dangers: “Si je le pouvais, j’irais à votre place”. Tu attends quoi, connard!? T’as pas de couilles? T’es con? Le regard froid de Mary Bee Cody en dit autant que mes propres pensées. A quels moments sommes-nous ce pasteur idiot, lâche, caché derrière des fausses excuses, préférant voir un autre endosser des responsabilités à notre place, estimant qu’on en a déjà assez fait? Et c’est qu’il n’en est pas à son coup d’essai l’idiot. Il lui demande si elle se rapproche de son voisin? Si elle n’envisagerait pas de fonder une famille en bonne citoyenne. Elle vient d’essuyer le pire des refus. Le voisin, un être d’une grossièreté absolue. A quels moments sommes-nous aveugles des nôtres au point d’appuyer là où cela fait mal dans une conversation des plus banales? A quels moments nos mots deviennent-ils volontiers assassins sans que nous ayons eu l’intention d’appuyer sur la gâchette? Ce pasteur, c’est le bienpensant, probablement un brave type, mais le bienpensant à côté de ses pompes. C’est l’attitude lambda qui nous correspond le plus souvent.
Mary Bee Cody. Une femme forte. C’est ce qu’elle veut faire croire. C’est la seule façon, pour elle, d’obtenir un minimum de légitimité, de respectabilité, de sécurité. Elle est pionnière, seule en terre hostile, à la tête d’une exploitation agricole où elle gère tout, des labours aux moissons. Physiquement sèche, gestes mesurés, concevant les unions comme des affaires, notamment ses propositions d’union. En réalité une femme comme les autres, pleine d’empathie pour son prochain, pleine d’espoirs et, forcément, de désillusions, pleine d’attentes et ne recevant que les messages destinés à la caricature qu’elle affiche. Qu’elle affiche? Vite dit! Qu’elle ne peut qu’afficher, voire que les gens ne peuvent que voir à travers leurs lucarnes étriquées. Elle prend sur elle d’amener ces folles, ces femmes qu’elles devinent abîmées par les coups de la vie, voire les coups tout simplement, dans un lieu de repos. En est-elle certaine de ce bon lieu de repos? Je ne le pense pas. Je pense surtout qu’elle sait que c’est la seule chose à faire. Elle le fait, sans doute, aussi pour se sauver. Un prétexte pour faire le chemin en arrière, vers le pays, y trouver, peut-être, l’homme qui répondrait à ses besoins, à l’association espérée? Ou une forme de suicide? La traversée s’annonce si infernale que les trois époux y renoncent, prétextant chacun qu’ils ont à faire. Comme si cette agricultrice, elle, n’avait rien à faire... Le pasteur semble aussi “ne pouvoir, sinon j’irais à votre place”. Mais qu’a-t-il donc tant à faire de plus qu’elle? Pourquoi prend-elle cela sur ses épaules? Elle n’a pas le choix? Vraiment?
Quand sommes-nous Mary Bee Cody?
J’avoue ne pas la comprendre. L’empathie. Oui. La rupture entre la personne qui s’affiche forte pour forcer le respect au point de ne plus pouvoir s’autoriser la faiblesse, mais qui souhaiterait voir sa faiblesse reconnue et soutenue. Cela, je pense que toutes les femmes le vivent. Nous sommes en cela totalement en contradiction permanente avec nous-mêmes et donc incompréhensibles pour le genre masculin. De là à aller se jeter dans une quête impossible, risquer de tout perdre y compris la vie pour endosser des responsabilités que d’autres évitent. Jamais! Je ne vois pas quelle femme l’accepterait pour des étrangers à sa famille. Sauf que Mary Bee Cody n’a pas de famille. Est-ce qu’elle se reconnaît dans ces femmes? Est-ce qu’elle mesure combien leur folie pourrait être la sienne? Est-ce sa manière de rompre avec son univers bouché qui ne correspond pas à ce qu’elle attendait, elle non plus? Sommes-nous alors, parfois, Mary Bee Cody. Femme en désespoir qui cherche un sens à sa vie en s’engageant ailleurs? Fuir la réalité d’une existence insoutenable en s’affichant l’âme providentielle dans une cause désespérée? Oui, là, c’est possible, je pourrais presque déjà citer quelques noms de femmes autour de moi.
Mais pourquoi s’arrête-t-elle en chemin?
Parce que les femmes fortes, les rocs que les gens imaginent voir en elles, sont simplement des princesses en déroute, des petites filles auxquelles les illusions ont été brutalement ôtées et qu’à la fin, oui, cela use.
N’abusez jamais des “femmes fortes” car elles n’ont en réalité aucun moyen de défense. Elles ne verront jamais personne leur venir en aide. Les vraies fragiles sont, sans doute, celles-là.
Et les trois folles?
Perdre tout son troupeau en quelques heures, après des années de privation. Seul espoir, seule garantie de demains insouciants. Se retrouver sans ressources à la vieille de donner la vie à un enfant pour lequel on ne peut apporter aucune sécurité, ne sachant comme assurer celle des deux aînées.
Perdre ses trois ans en trois jours et deux nuits, alors qu’on est soi-même à peine sortie de l’enfance.
Perdre sa mère, assassinée par le mari qui n’attend même pas le dernier souffle. Un mari brutal, qui n’hésite pas à réclamer un fils, à s’imposer sans égard, même jusque dans le lit maternel où il y avait jusque-là espoir de refuge.
Seules. Elles sont seules face à l’impossible à vivre. Aucune aide. Même pas celle d’un époux. Personne n’accepte. A peine si on comprend les dérangements subits.
N’importe quelle femme pourrait se retrouver en elles, basculer dans la folie à n’importe quel moment. A quel moment aurions-nous pu être elles? Quelle misère avons-nous eu la chance de vivre ici et maintenant? Quels sont les soutiens qui ont été présents et qui ont empêché la rupture avec la réalité?
Puis vient l’homme. Le seul à venir en aide. Pour de l’argent. Puis, par simple prise de responsabilités. Des responsabilités qui incombaient à d’autres. Il les a portées. Lui, l’improbable soutien. Un déserteur. Un repris de justice. Un paria. Un homme qui a toujours fuit les siennes de responsabilités. L’homme qui refuse l’injustice et qui se fait vengeur. L’homme qui dérape, mais lorsqu’il n’a plus aucun recours face à la cruauté, à l’inhumanité.
A quel moment avons-nous frôlé le pétage de câble? A quel moment avons-nous eu envie de sortir de nos balises pour aller régler des comptes? A quel moment étions-nous à deux doigts de déraper parce que l’autre est injuste et inhumain? Quelle chance, vraiment, avons-nous de vivre ici et maintenant! Au moins, les recours, nous en avons encore qui nous permettent de rester nous-mêmes en humanité. Mais, si ce n’en était pas le cas. Serions-nous encore à regarder nos mains propres?
A quel moment avons-nous été le paria providentiel, celui que la société n’attend pas et qui répond présent, simplement parce que, à la fin, il faudra bien que quelqu’un bouge, que quelqu’un fasse quelque chose et qu’il se fait que nous sommes celui-là, le seul présent.
Non, il n’y avait pas de personnages secondaires.
Les seuls à l’être vraiment ont fini cramés dans un hôtel, dans des draps propres, des mains propres, une solide santé mentale, mais une âme sale.
Le film où le spectateur est amené à s’identifier à une femme fragile, trois cinglées ou un paria.
Géant!
Et cela finit bien?
Même pas!
Oui, viva pour “ ici” et surtout “ maintenant”!
Homesman, Glendon Swarthout
Il y a des tas d’endroits et un paquet d’époques où il ne fait pas bon être une femme, c’est indiscutable. Nous en avons une nouvelle illustration ici, dans cet endroit nommé “le Territoire” ou encore “la Frontière”, ce vaste no man’s land (ou plutôt no white man’s land car ce territoire n’est pas vide mais habité par des peuples amérindiens) qui s’étire entre le Mississippi et l’océan Pacifique. Bref, quoi qu’il en soit au temps de ce qu’on appelle la conquête de l’Ouest, l’idée d’une terre promise grandit parmi la population de l’Est Américain et des colons de plus en plus nombreux se lancent dans l’aventure en quête d’une vie meilleure, suivant ce qu’ils nomment leur “destinée manifeste”. Ça claque hein ? Les voici donc sur les routes poussiéreuses, ces fringants colons, avec chariots, femmes et enfants comme il se doit. Ils avancent inexorablement vers l’autre océan du continent s’arrêtant là où ils trouvent une terre à occuper, une concession encore libre. Ils s’arrêtent, ils construisent des maisons (des cavernes de terre plutôt), ils suent sang et eau pour cultiver des terres plus ou moins ingrates, ils se multiplient comme l’exige le Seigneur, ils construisent des villes (fantômes ou pas) et accessoirement ils tuent des indiens. Mais ce n’est pas le sujet de ce livre. Non, c’était simplement pour situer l’époque et poser le décor. Homesman, ce n’est donc pas l’histoire d’une trajectoire d’Est en Ouest mais plutôt le contraire, demi-tour toute ! Oui, Glendon Swarthout nous parle du chemin inverse, beaucoup moins glorieux, beaucoup plus amer, du chemin inverse que l’on doit prendre quand on est arrivé au bout de ses forces, quand on ne peut plus continuer, quand la seule possibilité qui reste c’est de retourner à son point de départ. Comme quoi, quand on vous dit “terre promise”, méfiez-vous, fuyez, ne soyez pas naïfs, des promesses, toujours des promesses, c’est bien une des seules choses qui n’a pas changé et qui ne changera jamais. C’est d’autant plus vrai si vous êtes une femme, croyez-moi. La vie est rude dans le Territoire, le confort n’existe pas, les interactions humaines sont rares, parfois il faut faire trente kilomètres pour trouver un voisin, les conditions climatiques ne sont pas idéales non plus, c’est le moins qu’on puisse dire, et le travail est harassant. Bon, faut vraiment être motivé quoi, mais malgré ça, il arrive que l’on craque, qu’on baisse les bras ou qu’une goutte d’eau fasse déborder le vase. C’est ce qui arrive à quatre femmes dans ce roman, pour diverses raisons que vous connaîtrez en lisant le livre, elles perdent complètement la tête. Et là, patatra, que faire ? Eh bien le problème justement c’est qu’il n’y a pas de solution sur place, d’où la nécessité de ce trajet de retour qui nous est raconté ici. Allo, allo, colon renvoie colonne à la case départ, help reprenez votre fille/soeur/cousine, elle est folle, elle ne sert plus à rien ici, je n’en veux plus ! Pour ma part, malgré l’intérêt du sujet et la qualité du texte, j’ai eu du mal à apprécier vraiment cette lecture avant d’en arriver aux alentours de la page 200 (eh oui, il faut savoir s’accrocher parfois et attendre l’étincelle). A un moment donné un élément que je ne peux pas dévoiler fait que tout bascule et que le livre prend une nouvelle dimension, beaucoup plus intense et intéressante à mes yeux. Avant ce moment, je m’ennuyais un peu je l’avoue, le personnage de Mary Bee Cuddy m’agaçait avec son côté trop “chrétien” si vous voyez ce que je veux dire, je pensais que tout serait cousu de fil blanc et que l’histoire irait là où je la voyais aller… Eh bien, une fois n’est pas coutume, figurez-vous que j’ai été ravie de me tromper !
Quatrième de couverture : Au cœur des grandes plaines de l'Ouest, au milieu du XIXe siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte. Après un hiver impitoyable, quatre femmes, brisées par les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison. Aux yeux de la communauté des colons, il n'y a qu'une seule solution : rapatrier les démentes vers l'Est, leurs familles et leur terre d'origine. Mary Bee accepte de les escorter à travers le continent américain. Pour la seconder, Briggs, un bon à rien, voleur de concession voué à la pendaison, devra endosser le rôle de protecteur et l'accompagner dans son périple. Aventure exaltante et quête à rebours, Homesman est le portrait d’une femme exceptionnelle, de celles qui ont bâti de leurs deux mains l’Amérique.
Deuda de Honor [The Homesman] [2014] [DvdRip] [Latino] [OL-UP]
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