Alors voilà un livre un peu zinzin. D’un jeune anglais qui a oublié d’être idiot. À travers ce récit fantasque qui nous plonge dans le XIVe siècle, on découvre sa fine connaissance des rouages économiques de la société, et c’est pas joli joli. Un ménestrel se met à raconter soi-disant des histoires divertissantes devant un public fortuné et pieux (hum), mais chemin faisant, avec une ironie cinglante devenant moins en moins masquée au fur et à mesure que la soirée se déroule, il raconte l’histoire de la déchéance d’un village, tout près. Les protagonistes sont souvent dans l’assemblée. Avec chansonnettes et blagues, Mother Naked, le ménestrel blessé mais vengeur, dégomme les puissants, les abus de pouvoir qui maintiennent les serfs dans la misère et les voue à des vies gâchées de labeur incessant et d’humiliation. Il a même concocté un final en forme de feu d’artifice fatal mais chut 🤫.
C’est donc un roman social qui étonne par sa forme, mais aussi par son actualité.
Comme dans son précédent roman, Ironopolis, Glen James Brown a le souci de raconter les lieux et les systèmes qui broient les pauvres gens. C’est assez drôle quoique gore et volontiers horrifique, mais le propos est vivifiant ! On a besoin de cette nouvelle génération d’auteurs pour secouer le cocotier.










