Hoshiyar, victime des gaz à Halabja, demande à l'ONU de reconnaître le génocide kurde (VIDEO traduite en français)
Hoshiyar est l'une des nombreuses victimes du parti Baas que j'ai interviewées pour un projet de livre sur le génocide kurde, dans les années 70-80. Je raconterai leur histoire dans ce livre. Mais ce projet se veut multimédia. Toutes les victimes lanceront leur propre appel à la communauté internationale. Leur espoir: obtenir la reconnaissance du génocide kurde. A tout seigneur tout honneur, la première vidéo diffusée est celle de Hoshiyar Omar Abdullah, premier Kurde que j'ai interviewé pour ce projet. Il est d'Halabja, ville martyr qui a perdu 5000 des siens le 16 mars 1988 dans un bombardement chimique.
Il y a quelques jours, j'avais lancé un appel à des traducteurs bénévoles via les réseaux sociaux. Wirya Rehmany m'a répondu et je l'en remercie. Il est l'auteur du "Dictionnaire politique et historique des Kurdes" (534 page, 45€), qui vient de paraître chez L'Harmattan. Wirya est né au Kurdistan iranien. Il a travaillé plusieurs années au Kurdistan irakien en tant que journaliste. Il travaille aujourd'hui dans un lycée de la région parisienne où il donne des cours d'anglais.
La traduction de l'appel d'Hoshiyar
"Mon nom est Hoshiyar Omar abdullah. Dans la catastrophe du bombardement aux armes chimiques d’Halabja j’étais âgé de 11 ans. J’étais en 5ème année de l’école élémentaire. Quatre personnes de ma famille furent tuées : mon père, ma mère, un frère et une sœur. Notre crime était juste d’être Kurde; à cause de cela ils ont été tués. 5.000 personnes furent aussi tuées et 10.000 blessées. Plus de 70000 personnes se sont réfugiées en Iran. J’espère qu’un jour, l’état kurde pourra être établi et que les Kurdes pourront déclarer leur indépendance. C’est notre droit d’avoir notre Etat indépendant, parce que nous avons notre langue, notre culture, nos coutumes qui sont différentes des autres nations. J’espère que tous les Etats du monde reconnaitront le bombardement aux armes chimiques d’Halabja comme génocide parce que tous les faits le prouvent. Nous n'avons commis aucun crime. Nous étions innocents, mais Saddam nous a bombardés avec des armes chimiques. Plus de 5.000 personnes furent tuées. 45 membres de ma famille (NDLR: en comptant ses cousins, oncles et tantes) furent tués. Notre seul crime est que nous étions Kurdes."