Ça ne sent pas très bon pour les anciennes tentes-bungalows de la colonie de vacances de l'île Chambod. Depuis longtemps inutilisées, elles ont pourtant un charme certain. Flâner dans ce lieu c'est comme errer dans un village abandonné. C'est chouette quoi. Mais les rubalises sur chaque bungalow ne sont pas de bon augure. L'île Chambod vient d'être entièrement restructurée afin d'en faire un site touristique majeur... (Elle est désormais moins sauvage, un peu de béton est passé par là...) Espérons que la suite des travaux prévoient la rénovation de ces petits chalets et non pas leur destruction. L'île Chambod est une île artificielle de 20 hectares née de la construction du barrage d’Allement en 1960. Elle tient son nom du village qui fut englouti lors de la construction du barrage, qui a fait monter le niveau de l'eau de 20 mètres. Au moment du déménagement de Chambod, il restait cinq familles, une trentaine de personnes, une quarantaine de vaches et autant de volailles. Aujourd'hui, lorsque les eaux sont très claires ou que la rivière est en partie asséchée pour travaux de nettoyage, on aperçoit quelques vestiges des maisons englouties. "Mon village au fond de l'eau se souvient des heures si proches, quand volait dans le jour nouveau, le son joyeux de ses cloches. Mon village au fond de l'eau se souvient du bruit des enclumes dont j'entends encore les échos, vibrant sous un manteau d'écume. Et la voix des peupliers, jamais, jamais je n'ai pu l'oublier. Tant de souvenirs engloutis dorment là, sous l'onde isolée, depuis qu'un barrage maudit a noyé ma verte vallée. Mon village au fond de l'eau se souvient de choses jolies, d'un amour qui fut si beau, soleil de toute ma vie..." (Charles Trenet, Mon village englouti, 1963).










