the air was still, stagnant. unusual for being this close to what was once a city. the screams of the infected would fill the winds, making their presence known. but this time, there was silence. and that put tess on edge more than runners, clickers, stalkers. the unknown. infected were predictable, they never evolved beyond sheer primal urges, tearing flesh from bone. it was the humans that had begun to evolve, driven by survival alone. and sometimes, those humans would do that by any means necessary, even if meant betraying their own kind. they were worse than the infected. the husks of cars long since left behind lay pushed to the side of the road, like an opening, or easy access? every second that went by, she was analysing the scene. tess knew both sides. hell, she’d lived it at one point, early on in the apocalypse. hand moves to ellie’s shoulder to bring her close, inside voices only until they knew what the hell they were dealing with. tess’ voice a quiet rasp against the breeze.
❛❛ looks like it. damn hunters. listen. you stay low and you stay in my sight. at all times. ❜❜ a pause to look to the road ahead, check anything that may have moved, or even breathed, whilst she had her eyes off of it. ❛❛ do not wander off too far. stay close, and we may just make it through here yet. ❜❜
Collabo, l’histoire qui ouvre ce quatrième tome de la série Terres Maudites (Badlands en VO) est un récit malade. Taré. Sale. Malsain.
D’abord parce son auteur, Christos N. Gage, bouleverse les enjeux de la saga Crossed en poussant plus loin le curseur avec lequel ont flirté d’autres scénaristes avant lui, celui d’envisager que les infectés puissent faire preuve d’un peu d’intelligence, en mettant en scène Sam le Pompier, colosse bodybuildé, mâle Alpha débordant de puissance et de testostérone et premier infecté que l’on rencontre à se montrer réfléchi et capable de se faire obéir, de dominer la meute.
Sam calcule. Sam planifie. Sam raisonne. C’est assez primitif, puisqu’il ne cherche, comme tout bon infecté qui se respecte, qu’à satisfaire un besoin lié à sa condition, celui de faire souffrir un maximum, mais c’est quand même une révolution.
D’autant que Sam a des projets à longs termes. Pas au sens de dans 10 ans. Mais Sam ne pense pas qu’à l’instant présent. La récompense immédiate, Sam peut s’en passer si attendre lui garantit une gratification plus démesurée encore. Et d’envisager qu’il puisse y en avoir d’autres comme lui, à l’instar des jumelles enceintes, que Gage fait revenir d’un volume précédent, c’est potentiellement accepter que la fin du monde ne soit plus seulement celle de l’humanité, mais également la disparition de toute forme de vie sur la surface de la planète.
L’existence de Sam le Pompier provoque une terreur similaire à celle que l’on éprouverait si un jour, des différentes meutes djihadistes qui polluent l’humanité de leur existence, émergeait un chef un tout petit peu moins complètement con que les autres. Un chef qui aurait un plan, à long terme. Un chef capable de mettre au pas toutes les autres factions d’abrutis et de freiner leur pulsion d’ultra-violence immédiate si cela peut les amener à frapper de façon bien plus dévastatrice dans un avenir proche.
Jusqu’ici, les infectés des différentes histoires de Crossed terrorisaient parce qu’ils étaient capables des pires exactions, des crimes les plus atroces, sans la moindre inhibition, sans la moindre humanité et sans avoir peur de mourir (exactement comme les zombies vicelards qui composent les rangs de l’Etat Islamique), mais dans ce volume, la scène où un infecté fait peur comme jamais aucun infecté n’avait fait aussi peur, est celle où l’on voit Sam le Pompier … en train de lire.
Imaginer qu’un jour, les barbares décident d’accéder à la connaissance pour retourner leur savoir contre l’humanité, est probablement le scénario catastrophe le plus apocalyptique qui soit et c’est avec cette idée que joue l’intrigue de Collabo, dont le final, paroxystique et génial, refuse, comme c’est devenu la norme dans Crossed, tout happy end.
La deuxième raison qui rend cette histoire aussi choquante est le traitement du personnage principal. Oliver Dauphinais (pour être Collabo, faut avoir un nom français ?) est un anthropologue qui, comme tous les anti-héros lâches, individualistes, pleutres, inhumains et psychopathes de la saga, va tout faire pour assurer sa propre survie et quand je dis tout, c’est bien sûr tout, même le pire, même ce que vous n’osez pas encore imaginer avant d’avoir lu Crossed, et ça en fait une ordure absolue, comme tant d’autres avant lui, jusqu’à …
Jusqu’à ce qu’une bascule s’opère et rende Oliver bien plus complexe que prévu. Et son comportement, sans pour autant devenir acceptable ni moralement envisageable, pose plus de questions qu’au départ et notamment celle qui anime de plus en plus de débats au sein de fictions apocalyptiques, celle de se demander ce qui est préférable pour notre planète. La survie de l’humanité ou sa disparation pure et simple ?
Difficile en regardant ce que nous sommes devenus aujourd’hui, ce que sont devenus les ordures qui nous gouvernent et le peu d’intérêt que nous accordons à notre environnement, sans lequel, pourtant, nous ne pourrions pas survivre, de ne pas se demander si, effectivement, un bon vieux Reset ne serait pas le bienvenu. Tant qu’il reste des choses à sauver sur cette planète. Et je dis ça alors que j’ai deux enfants en bas âge à la maison. Mais je crois que je préfère encore une épidémie qui nous emporterait tous plutôt que de les savoir vivants dans un monde où l’on va s’entretuer pour un peu d’eau, un peu de nourriture, dans des conditions climatiques si extrêmes que seuls les plus riches et les plus forts pourront y survivre.
La position d’Oliver, surtout dans la dernière partie du récit, nous renvoie donc à des questions qui ne permettent plus de porter sur lui un jugement aussi tranché qu’au début de l’aventure, même si, ce dont il s’est rendu coupable (je rappelle le titre de l’histoire : Collabo) en fait un personnage perdu et irrattrapable.
Enfin, dernier élément qui rend ce récit aussi insoutenable, c’est l’idée de nous entrainer, du début à la fin, auprès des infectés. Alors que dans les volumes précédents et dans les autres séries issues de Crossed, seuls les passages où les survivants croisent les infectés donnent lieu à des tableaux dantesques de violence gore et obscène, là, c’est constamment que l’on patauge dans la perversion ultime des infectés, chaque case du dessinateur Christian Zanier déborde littéralement de dessins crades, infâmes, malsains, mettant en scène des comportements si grotesques, si ultra-violents, si dégénérés, si pornographiques, si sauvages, avec des viols contre-nature et des profanations de corps plus délirants que jamais, des mutilations, des démembrements, des orifices naturels ou causés par la main des infectés, pénétrés par des sexes turgescents ou des objets contondants, des orgies grand-guignolesques où les participants se baisent avec les viscères extirpées de leurs victimes, de la pisse et des excrément, et ce déluge d’infamie graphique, ce vomi de gore sexuellement outrancier, fini par étourdir. On a la tête qui tourne à force de découvrir dans chaque case autant de sang, autant de sexe tordu, autant d’exactions abominables, et l’étourdissement procure un dérèglement psychologique ahurissant puisqu’au bout d’une 50aine de pages entièrement remplies d’horreurs et de pornographie, j’en suis venu à trouver quelques dessins excitants (il faut dire que Zanier dessine les femmes comme des actrices porno), j’ai même commencé à bander devant des planches illustrant pourtant des pratiques innommables, ce qui prouve qu’en étant enfermé dans un univers où la violence la plus extrême devient la norme, celle-ci finit par perdre de son impact et la révulsion finit peu à peu par devenir fascination puis excitation.
C’est donc une expérience humaine et psychologique extrême que ce Collabo et je vous rassure tout de suite, maintenant que j’ai fini ce récit, je suis redevenu tout à fait normal et je n’envisage plus de mettre ma bite dans la bouche d’une tête de femme décapitée.
Quoi que …
POINT DE RUPTURE ★ David Lapham & Miguel A. Ruiz
La seconde histoire est plus classique, bien qu’utiliser ce terme à propos d’une franchise aussi détraquée que Crossed, revient à parler d’humour dans les sketches de Dieudonné. Ça n’a aucun sens. Mais bon, même chez les plus dégénérés des auteurs, à force de se répéter, on atteint une forme, perverse et déviante, de classicisme.
Et donc le scénariste David Lapham se répète.
Pour la troisième fois, il convoque le personnage d’Amanda, la seule survivante de son traumatisant opus Psychopathe.
Après sa rencontre avec un club d’adeptes du jeu de rôle extrême aux pulsions cannibales (pour ne pas trop être dégouté chaque fois qu’ils boulottent de l’humain, ils appellent ça du schmurtz, ce qui m’a toujours fait beaucoup rigoler), Amanda est désormais seule et la voilà hantée par le fantôme d’Harold Lorre, le fameux psychopathe, qui s’offre ainsi un retour sur le devant de la scène, en tant qu’entité qui hante son ex-victime et la transforme, peu à peu, en une psychopathe également.
Perturbée, folle à lier, complétement secouée du cortex, Amanda devient donc à son tour une tueuse, influencée dans ses actes les plus extrêmes (pour mettre ses crimes sur le dos des infectés, elle mutile affreusement leurs corps et pratique allègrement l’émasculation) par le spectre de Lorre, élément déclencheur – et on peut le comprendre – de sa folie furieuse.
Bon, faire revenir des personnages aussi marquants, en soi, ça ne me dérange pas, c’est même marrant de suivre ainsi leur parcours, aussi cinglé soit-il, mais ce qu’en fait Lapham ne mène pas à grand-chose, un simple festival de meurtres plus gores les uns que les autres, dans un version pas très inspirée de slasher old school.
Rien de très neuf sous le soleil des dérèglements mentaux des survivants de Crossed.
Mais une idée tout de même bien barrée, celle du gang d’infectés extrémistes religieux, forcément obsédés par tout ce qui touche à la fornication.
Montrer que la religion par ses plus dogmatiques et sectaires aspects, séduit aussi les plus violents, les plus vicieux et les plus dépravés, est une démonstration qui, par sa crédibilité, me met en joie.
L’invention la plus meurtrière de l’humanité ne pouvait que compter dans ses rangs nombres d’infectés. Ça parait logique.