Qualcomm croit en la force de l’open innovation et de l’intrapreneuriat.
Après notre première journée de rencontres à Tel Aviv, nous prenons la direction de Haïfa. Après un peu plus d’une heure de bus nous arrivons au parc d’activité de Matam. C’est ici que de nombreux centres de recherche et développement, israéliens mais aussi étrangers, sont installés. Idéalement situées à un quart d’heure des cerveaux de l’université du Technion et à quelques minutes à pieds de la plage, les entreprises telles queMicrosoft, IBM, Motorola, Intel, Yahoo! ou encore Philips, jouissent d’un emplacement propice à la stimulation de la créativité. Parmi ces industriels, l’entreprise que nous rencontrons ce matin est californienne.
Fondée en 1985 par Irwin Jacobs et Andrew Viterbi, Qualcomm a commencé son aventure dans la construction d’équipements de télécommunication. Au gré de ses nombreuses acquisitions, la société s’est muée en un géant des semi-conducteurs, particulièrement présent sur le marché des smartphones, tablettes et e-readers. Son produit phare, le processeur Snapdragon, a ainsi permis à la société de dépasser les 19 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2012 pour un profit de plus de 6 milliards.
Employant plus de 26 000 personnes réparties sur plus de 150 sites, la société se repose pourtant sur un modèle « fabless ». En effet Qualcomm ne fabrique pas elle-même ses produits et sous-traite cette tâche de confiance à des acteurs comme Foxcom. La recette du succès ? NirOfry, Senior Software Engineer, nous explique qu’elle est composée de divers ingrédients. Les deux dont il souhaite nous parler sont l’open innovation et la culture d’intrapreneuriat au sein de Qualcomm.
Les principales actions de la compagnie dans le domaine de l’open innovation concernent le développement de l’open source. Le Qualcomm Innovation Center est le département qui s’attache à entretenir les relations entre les développeurs extérieurs et la société. Il met ainsi à disposition des parties du code source des produits de l’entreprise afin d’encourager les ingénieurs à développer sur les produits Qualcomm.iOnRoad est un bel exemple de réussite de ce processus d’échange.
Cette application, maintes fois primée, permet de transformer notre smartphone en assistant personnel à la conduite. L’objectif est simple, réduire le nombre d’accidents sur la route en avertissant les conducteurs lorsqu’ils sont dans des situations potentiellement dangereuses, avant même que ces derniers ne l’aient anticipé.
La culture de l’intrapreneuriat, chez Qualcomm, prend la forme du Venture Fest. Prenant la forme d’une compétition de start-ups, cet évènement est l’occasion de pousser de nouvelles idées à germer. Tous les employés peuvent y participer et les projets doivent être mis en place par les cellules business et R&D existantes. Le programme se décompose en trois phases. La première phase consiste à récolter un maximum d’idées puis à filtrer les 10-20 meilleurs. La deuxième phase, cœur du programme, dure trois mois. Le principe est le même que celui d’une compétition de start-ups s’affrontant pour obtenir les fonds d’un VC.
Les employés doivent approcher des clients potentiels, élaborer un prototype, préparer leur approche marketing, toutes les étapes qui jalonnent la vie d’une start-up. L’ultime phase commence avec un discours de présentation aux plus hauts dirigeants de l’entreprise qui détermineront le gagnant.