#lasoupeauxchoux #1981 #jeangirault #louisdefunès #jacquesvilleret #comedy #NOquote #movie DP #edmondrichard (à Bombon, Ile-De-France, France)
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#lasoupeauxchoux #1981 #jeangirault #louisdefunès #jacquesvilleret #comedy #NOquote #movie DP #edmondrichard (à Bombon, Ile-De-France, France)
LA SOUPE AUX CHOUX (1981) Classique culte du cinéma français, LA SOUPE AUX CHOUX fédère toujours, de nouveaux adeptes du film permettant d’étendre sa réputation sur la durée: trente-sept ans après sa sortie, le long-métrage comique teinté de S-F (si, si) de Jean Girault, qui n’avait pas séduit les critiques mais bel et bien le public français, possède-t-il vraiment ce pouvoir d’amusement qui transcende les âges? Et bien oui: mené par un Louis De Funès plutôt modéré -bien que toujours grimaçant et gesticulant- qui avait déjà travaillé avec le réalisateur Jean Girault notamment avec la saga du GENDARME (1964-1982) qui avait contribué à sa notoriété, LA SOUPE AUX CHOUX est objectivement “à l’ancienne”, mais détient cette force de caractère propre qui lui vaut toutes les faveurs, ou presque. En dehors de la présence de De Funès, protagoniste principal de l’histoire, impossible d’ignorer les personnages joués par Jean Carmet (Le Bombé/Francis Cherrasse) et l’inoubliable Jacques Villeret dans son rôle de ridicule extraterrestre pacifique: La Denrée. LA SOUPE AU CHOUX narre la vie du veuf Glaude et du bossu Le Bombé, retraités amis et voisins, seuls occupants du petit bourg rural Les Gourdiflots, où ils passent le plus clair de leur temps à consommer du mauvais vin: d’emblée, Girault instaure un contexte tranquille et sympathique, les deux vieillards étant diamétralement opposés mais se réconciliant dès que possible avec un verre de pinard. L’empathie prend pour ce duo âgé, isolé, asocial et ouvertement caricatural, sans blesser l’habitant du Bourbonnais, se voyant ici exagéré avec une justesse rare: à travers ce phrasé paysan de ces personnages qui s’approchent peu à peu de la mort, une malice, aussi solide que la complicité qui lie les deux hommes, se décèle, une étincelle vivace propice à des séquences humoristiques tout autant que dramatiques. LA SOUPE AUX CHOUX démarre réellement lors de ce concours de pets nocturne auquel les compères participent avec tant d’entrain qu’ils déclenchent une tempête bardée d’éclairs: idiot sur le script, génial à l’écran, la scène mythique fait encore rire, tant par sa débilité que par son introduction narrative inattendue. C’est alors que débarque la soucoupe volante, en pleine nuit, dans le jardin du Glaude: à son bord, un extraterrestre à l’apparence humaine vêtu d’une étrange combinaison. LA SOUPE AUX CHOUX se la joue science-fiction, et c’est tout à son honneur, la plupart des comédies Made In France de l’époque reposant uniquement sur la performance de ses acteurs et peu enclines à verser dans un genre “fantastique”: seul regret du Blu-ray, ces vieux effets spéciaux -honnêtes- qui méritent un dépoussiérage supplémentaire, agrémenté d’une refonte numérique (pour ceux qui en doutent, regardez les atterrissages de l’engin et on en reparle). Une fois liés d’amitié après un échange insensé chez le vieil homme -la barrière de la langue-, l’alien humanoïde, renommé La Denrée, repart chez lui avec son vaisseau, avec la fameuse soupe aux choux sous le bras: le rythme du film s’accélère, l’élément déclencheur faisant désormais corps à cette storyline incongrue. Rapidement, les visites de La Denrée vont se faire plus régulières, ravissant un Glaude en manque de nouveauté, et changeant irrémédiablement son quotidien. Véritable succès cosmique, la soupe permet à La Denrée d’offrir plusieurs cadeaux au Glaude, à commencer par la résurrection de sa défunte femme, phénomène issu des capacités extraterrestres du rigolo protagoniste originaire de la planète Oxo: un rêve au triste sort, la belle revenant d’entre les forme physiquement âgée d’une vingtaine d’années. Trop de différences dans ce couple reformé, qui mèneront le Glaude à reperdre sa femme pour d’autres raisons: Girault n’y va pas de main morte avec ses personnages, qui entre deux tirades humoristiques, flirtent avec le suicide ou le deuil, des thématiques assez “sérieuses” malgré le fil comique du long-métrage. LA SOUPE AUX CHOUX a pris un coup de vieux, et on assiste outré à la plus mauvaise performance de tous les temps signée Christine Dejoux, à des kilomètres du charisme fort d’un De Funès au top: à l’opposé total du surjoué Monsieur Le Maire, qui lui est d’une vérité palpable, intense critique de la société capitaliste-ogre qui avale les prairies pour y installer ses parcs d’attraction. Bien sûr, la comédie diffuse en grande partie du dialogue rentre-dedans, forme oblige: le message anti-citadin est transparent, LA SOUPE AUX CHOUX se faisant gardien d’une certaine conservation des traditions françaises. On sent un cœur battre, là-dessous. La bouffe est toujours là, faite maison, les conditions de vie et le cadre rustique n’empêchant aucunement de bien vivre, l’amitié est mise au premier plan -et ce après trahisons, révélations, etc.- avec ce pardon inconditionnel entre Le Glaude et Bombé, copains comme cochons. Quel est donc le sens du visionnage, aujourd’hui, de ce film marqué au fer rouge par son thème musical croisé dans chaque blind-test de cinéma pourri -il sera gravé dans votre cerveau pendant des heures, c’est garanti-? Tout d’abord, une documentation historique, Girault, De Funès, Carnet et Villeret nous ayant quitté depuis belle lurette: tous indissociables de LA SOUPE AUX CHOUX, ils sont l’alchimie qui lui permet d’atteindre son statut. Unique, le long-métrage régale comme le bon vin: attention toutefois, car comme ce dernier, il est à consommer avec modération. Génial mais daté. On garde donc le Blu-ray pas loin, afin de former le néophyte à l’occasion, ou de le ressortir tous les cinq ans du placard. Pour conclure, in valide évidemment LA SOUPE AUX CHOUX, qui s’achève fièrement sur cette scène de beuverie dans la soucoupe volante de La Denrée, s’éloignant joyeusement de la Terre et de tous ses problèmes: un véritable doigt d’honneur à l’humanité tout entière, dont on se souvient avoir vu un équivalent, PLUS TARD, avec le final de BAD TASTE (1987) et son Robert/Derek quittant la planète bleue sans regret pour aller buter ses ennemis aliens. Un “fuck you, world” appréciable car trop rare. Presque un documentaire, aux effluves de S-F 100% kitsch, garni d’une pléthore de mémorables scènes: un must-see à la Française, original mais pas si chauvin que ça. Inimitable, on vous dit! INIMITABLE /20