Bianca, je ne sais pas si tu as lu l'article de Judith Lussier datant maintenant d'une semaine. Mais malgré le temps qui passe, le sujet ne semble que devenir de plus en plus chaud.
En résumé: elle parle de son expérience personnelle avec le port d'une robe qui lui apportait tellement de commentaires déplacés qu'elle a du simplement cesser de la mettre.
Connaissant ton amour pour les petites robes cocktails, j'imagine que tu es aussi une des femmes à qui ce genre de situation peut arriver fréquemment, d'autant plus avec ton statut de Perfection Ultime.
Il est donc de mon devoir, puisque le feu ne semble pas s'éteindre de lui même, de STAND UP et d'entrer dans le combat avec la pétulance de l'Amazone urbaine.
Il est de mon devoir de protéger une sœur.
Mais il est surtout de mon devoir de protéger mon âme-sœur.
En fait, tous (lire: majorité) les commentaires/réponses/articles que j'ai lus en réponse à l'article de la Robe Blanche, n'étaient simple palmarès des plus gros sophismes du monde. Les gens ont aperçu les mots «viol», «compliments», «mal à l'aise», «potentiel agresseur». Ils ont construit un texte tout autre et se sont senti attaqués.
Il y a aussi les commentaires égocentriques d'hommes qui se prennent pour des héros des temps modernes et qui sont arrivés enragés disant qu'ils sauvaient pratiquement des vies en criant aux filles qu'ils croisent qu'elles sont belles. Évidemment, c'est bien connu, avec les médias, les publicités, les magasines, la mode... les femmes ont un gros manque d'estime d'elle-même. Rien de mieux, lorsqu'on est dans cet état d'esprit, que de se faire siffler par un colon dans la rue. Sérieusement, ces hommes sont de vrais bons samaritains. Merci, sans vous, je serais complètement incapable de me trouver belle et de m'aimer.
Il y a aussi les commentaires de filles qui conseillent à Judith d'aller en thérapie, parce qu'elle n'est «pas normal» de ne pas accepter les commentaires déplacés dans la rue. Ce qui est plutôt drôle puisque, selon moi, c'est probablement la fille qui prend n'importe quelle petite attention à son égard, toute aussi colonne soit-elle, comme un compliment, qui aurait le plus besoin de travailler son amour propre et respect de soi. Mais bon, ce n'est pas de leur faute, elles sont tellement trop sous l'influence des pressions sociales qu'elles ne réalisent même pas à quel point ce genre de situation est complètement déplacé.
PS: Lire des livres de psycho-pop-bonbons ne fait pas de toi unE psychologue pouvant diagnostiquer des phobies ou trouble de la personnalité à tous les gens que tu croise. Alors si tu veux avoir l'air intelligent, arrête de citer le DSM (manuel fortement influencé par les compagnies pharmaceutiques dans un but ultimement lucratif), ouvre tes yeux, prend du recul et varie tes sources.
Il y a aussi les commentaires encore plus vides d’arguments, qui disent de Mam'zelle Lussier qu'elle «est juste une lesbienne qui s'assume mal». À ces gens, je répondrai simplement : «Pis toi tu pue!» T'sais, pour que ma réplique soit au même niveau.
Tu vois Bianca, j'aimerais bien te dire qu'en connaissant le lesbianisme, tu serais enfin à l'abri des gros colons, mais NON, ce n'est pas le cas. Même que certaines exclues de ma tribu amazonienne y vont d'aussi irrespectueux agissements.
Je dois dire un gros Bravo à Judith Lussier d'avoir écrit cet article et d'en avoir fait un sujet chaud qui dure depuis maintenant une semaine. C'est bien d'avoir une petite discussion de société sur le sujet. Ce qui est dommage par contre, c'est que les gens prennent tout personnel et semblent dans l'incapacité de communiquer de vrais arguments. Avec de la chance, on finira peut-être un jour à être capable de parler du sujet même plutôt que de faire la promotion des thérapeutes du Québec.
Donc, les complimenteurs en séries, si vous voulez changer le monde, faites donc quelque chose de pertinent de vos vies plutôt que de siffler les filles sur votre passage. Vous n'êtes pas des héros sur qui l'estime des femmes reposent. Si vous voulez aller flirter il existe pleins de manières, de sites web, d’événements à cet effet, en plus, c'est avec des gens qui sont là exprès pour ça.
Surtout, rappelez-vous: Ce faire klaxonner et dire qu'on a un «beau cul dans [nos] leggings», c'est nullement flatteur.
Et puis, pour les petites hétéros offusquées, si seulement vous pouviez connaître la beauté de se faire courtiser par une femme qui aime les femmes et comprendre les notions de respect et d'appréciation de la beauté humaine dans tout son art (et non pas dans toute sa perversité), vous seriez tellement plus heureuse. Je mets mes efforts sur Bianca Gervais, parce qu'elle est beaucoup plus importante que vous toutes sur cette Terre, mais rien ne vous empêche, vous aussi, d'entreprendre des démarches pour être enfin heureuse et expérimenter le lesbianisme dans toute sa divinité.
Pour ce qui est du reste, je ne commencerai pas à faire des cours de féminisme pour qu'on ait un niveau argumentaire plus évolué. Je n'ai pas la patience, présentement, d'essayer de faire comprendre à de pauvres ignorants l'impact négatif que leurs commentaires peuvent avoir sur les autres. Je n'ai pas non plus la patience d'échanger avec les histrioniques de ce monde.
Alors, pour une fois, je ferai ma lâche et j'arrêterai le combat ici. Je préfère le confort de ma tribu à cette société hétéronormative privilégiant toujours plus la culture du viol et du non-consentement au bien être des victimes.
Bianca, si tu as besoin d'une petite pause de ce cirque patriarcal, viens faire un tour dans mon domaine, on va boire du thé en écoutant Ariane Moffatt, prétendant que toutes les inégalités sont bien loin de nous.