Suoni Per Il Popolo: Zoom sur la programmation locale
Ariane Gruet-Pelchat Publié le 04 juin 2014 sur le blogue de BRBR: http://www7.tfo.org/brbr/suoni-per-il-popolo/
Voici venu le temps de l’année où les concerts se font les plus nombreux. Comme d’habitude, c’est le Festival Suoni Per Il Popolo qui décroche la palme de la programmation la plus audacieuse avec sa centaine de concerts et d’activités en trois semaines. Plusieurs des artistes fétiche des programmateurs sont au rendez-vous (Peter Brötzmann, Michael Gira), et la programmation locale est bien fournie. C’est sur cette dernière que nous nous concentrerons.
D’abord, plusieurs groupes montréalais montent sur scène à l’occasion d’une sortie de disque, ou peu après : Ought (More Than Any Other Day), USA Out of Vietnam (Crashing Diseases and Incurables Airplanes), Sunfields (Habitats), Sonic Avenues (Mistakes), Heat (Ep) et Automelodi (Surlendemains Acides).
Photo: Martin Tétreault
La grille locale expérimentale est bien garnie, à commencer par le 6e chapitre de la série Immersion, initiée par France Jobin à la Galerie Oboro. Les artistes invités, Martin Tétreault et Olivier Girouard, devront improviser avec l’acoustique de la galerie pour créer des nouvelles conditions d’écoute, que Tétreault explorera en fixant différents matériaux à des moteurs de tables-tournantes, dont il captera les ondes pour les mixer en temps réel. Ceux qui sont intéressés par les problématiques entourant la programmation d’artistes d’avant-garde se présenteront aux conférences de CartelMTL les 14 et 15 juin. Suivez ce lien pour la programmation.
La nouvelle salle multimédia de l’Université McGill, qui possède de nombreux espaces sonores distincts grâce à ses 192 hauts parleurs, sera le théâtre de deux soirées exploratoires. Le 9 juin, Jen Reimer, Max Stein, et Adam Basanta seront accompagnés du saxophoniste-improvisateur anglais John Butcher pour mettre en pratique un logiciel créé par les étudiants qui permet de modifier le son en temps réel. Le 10, Eric Lewis y animera une démonstration de trois nouveaux systèmes d’improvisation informatisés.
Photo: John Ascencio
C’est le toit de la Sala Rossa qui servira de base pour la performance de John Asencio. Le montréalais proposera une chronique sur les drônes et le contrôle social en suspendant des micros contact à des cerfs-volants. Il sera intéressant d’être présent à la performance de Le monde sans nous (Alexandre St-Onge, Jonathan Parant, Marie Brassard et l’artiste visuel Karl Lemieux) et à la soirée Island Frequencies, qui réunira plusieurs artistes weirdpop, new wave et gospel électronique, avec des artistes visuels.
Le reste de la programmation expérimentale locale comprend notamment Sam Shalabi, Circuit des yeux, Les Momies de Palerme, l’Ensemble Supermusique, Avec le soleil sortant de sa bouche et Ramzi.
Pour ceux qui veulent des décibels:
Côté local, encore une fois, il ne faudra pas manquer les formations Gashrat et Drøm før du dør, qui partageront l’affiche avec les Américains Magik Markers le 6 juin à la Brasserie Beaubien, ainsi que Sacral Nerves avec Perfect Pussy. Pour du punk plus classique, ça se passe le 7 juin au Drones avec Hand Cream, New Fries, Brave Radar et Koko. La programmation punk présente aussi Heat en première partie de Tyvek ainsi que No Negative et She Divides en première partie de Merchandise.
Photo: Drøm før du dør
Dans un spectacle appelé Destroy Montreal, William Hooker et John Brennan invitent les locaux Josh Zubot et Ellwood Epps pour une improvisation multiforme. Ils joueront avec le trio noise Tired ainsi que Totems, un projet parallèle de chansons d’amour de Grkzgl et John Brennan, avec Alexander Moskos comme invité.
Dans les groupes internationaux, on ne peut passer sous silence Swans et Xiu Xiu le 18 juin au National et Eagulls le 19 à la Casa Del Popolo.
Côté Jazz:
Pour une deuxième année, le Festival s’unit à l’Hôpital Général juif pour y présenter une série de concerts gratuits pour patients et passants, qui auront la chance d’écouter Le Nouveau jazz libre du Québec, Dave Turner, Jean-Sébastien Truchy, Gypsy Kumbia Orchestra et plusieurs autres. http://www.jgh.ca/fr/jazz
Il ne faudra pas manquer le saxophoniste Yves Charuest, actif dans la scène actuelle montréalaise depuis les années 80, qui rencontrera le pianiste espagnol Agustí Fernández. À voir aussi: L’appel du vide (jazz expérimental) et le concert de Boneshaker (Paal Nilssen-Love avec Kent Kessler et Mars Williams) et du duo Not The Music (Philippe Lauzier et Éric Normand), le 15 juin à la Casa Del Popolo.
Activités parallèles:
En complément de ses concerts, le festival Suoni Per Il Popolo propose comme chaque année des ateliers, des films et des conférences. Parmi tous les ateliers, on retiendra celui de Jazz Amnesty Sound System (Andy Williams et Sweet Daddy Luv) qui, en trois heures de Dj, feront une chronique de l’évolution de la musique jazz.
Les improvisateurs John Tilbury, Agustí Fernández et Seijiro Mrayama offriront aussi des classes de maître gratuites à la Sala Rossa.
Photo: Extrait de la partition Treatise de Cornelius Cardew Au milieu de la programmation cinéma (entièrement gratuite), c’est une réédition de The Shining précédée d’une heure de documents titrée The Secrets of The Shining qui attire l’oeil. Il faudra aussi assister à l’interprétation de la pièce Treatise de Cornelius Cardew, avec projection des 193 pages graphiques de la partition. Le compositeur anglais décédé en 1981 fait aussi l’objet d’une série de conférences dont l’horaire complet est à consulter ici: http://www.improvcommunity.ca/colloquia/mcgill-colloquium-2014
Il conviendra évidemment d’aller étudier la programmation complète du Festival Suoni Per Il Popolo, car ces quelques noms ne sont qu’une infime partie d’un buffet qu’il fait toujours bon essayer à l’aveuglette.
Programmation complète disponible via ce lien











