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Les oubliés des livres d'Histoire
Phnom Penh : 02 - 07 juin 2014
Une voix à l'accent cambodgien me susurre à l'oreille des mots d'horreur.
Mon audioguide me raconte une histoire dont je ne connais que deux mots : Khmers rouges. Une thème quasi absent de mes cours d'Histoire.
À mes pieds, gisent des lambeaux des vêtements ainsi que des fragements d'os. La terre recrache petit à petit les victimes de ce crime de guerre et contre l'humanité dont elle a été témoin.
L'atmosphère est lourde et le soleil de midi me fait bouillir de l'intérieur presque autant que les récits qui me sont contés.
“Il vaut mieux tuer un innocent, qu'épargner un ennemi.”
Et c'est précisément sur les fosses communes de tous ces innocents que mes pas me mènent.
Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qu'ils soient cambodgiens, étrangers ou même de l'armée des Khmers rouges elle-même.
La paranoïa de Pol Pot finissait par toucher n'importe qui.
“L'ennemi est comme une mauvaise herbe, il faut l'éradiquer avec ses racines.”
L'arbre de la mort, un tronc couvert aujourd'hui de bracelets en tissus, mais qui avait été découvert plein de sang et de morceaux de cervelle de bébés.
Je quitte les lieux au son de champs révolutionnaires et du ronronnement des moteurs qui alimentaient les projecteurs lors des exécutions, probablement aussi la dernière chose qu'entendaient les condamnés à mort…
La visite continue au musé S21, une ancienne prison utilisée sous le régime des Khmers rouges pour torturer les gens soupçonnés d'avoir trahi le régime d'une façon ou d'une autre.
Des pièces entières de cellules, de visages, d'illustrations et d'instruments de torture.
À la sortie, je croise les regards de deux des sept survivants de cet enfer assis derrière des stands de produits dérivés et je ne peux m'empêcher de me demander : témoigner sur le lieu même des faits comme ça jours après jours, est-ce un choix courageux ou une autre forme de prison?
-.-