André Devambez, La Charge, huile sur toile, 1902. Musée d’Orsay.
« La Charge » dépeint une confrontation entre les forces de l'ordre et des manifestants dont les affiliations politiques restent évasives. L'œuvre vise avant tout à capturer l'essence d'une protestation et son affrontement avec la police. La scène, plongée dans l'obscurité, reflète la réalité des manifestations post-travail, souligne les tensions et les craintes associées à ce que le sociologue Gustave Lebon appellait « l'âge des foules ». Les agents de police chargent avec méthode, révélant une redoutable efficacité. Le tableau figura longtemps dans le bureau du préfet Chiappe (de 1927 à 1934), connu pour son penchant pour l'ordre et spécialiste de la répression des manifestations de rue. En contemplant cette scène, on réalise que le temps a beau filer, la façon qu'a la République de gérer ses contestataires reste d'une troublante constance. Les pas se suivent et se ressemblent, sur une piste éternellement pavée de coups de matraque.












