Home is where the office is (1)
Le télétravail nous laisse parfois regretter les joies de nos “open space”, ces vecteurs indispensables pour former l’esprit d’équipe, pour libérer la communication et favoriser les échanges conviviaux. Heureusement qu’il reste quelques films pour nous rappeler ces lieux fabuleux.
L’intérêt de King Vidor pour l’architecture n’est plus à démontrer. Il suffit de regarder “Le Rebelle” / “The Fountainhead” - magnifique éloge à l’architecte surpuissant.
Mais déjà en 1928, “La Foule” / The Crowd”) affiche sa fascination et son approche critique par rapport à une modernité inquiétante qui réduit les bâtiments à des trames graphiques
et les humains a des fourmis travailleurs anonymes derrière des bureaux uniformes.
John Sims (James Murray), situé au bureau 137, a beau rêver d’une vie meilleure, ses espérances de succès promis par le rêve américain se soldent par une succession d’échecs et de déceptions.
Ainsi, la monotonie de ses journées de travail qui se ressemblent et se répètent sans donner la moindre satisfaction semblent finalement pas le pire de ce qui peut arriver.
“Dingo en vacances” / “Two weeks vacation” de Jack Kinney se concentre sur le petit laps de temps des vacances, quand le travailleur peut enfin fuir la monotonie du quotidien. Le court métrage commence avec ce bureau aussi générique que typique, où chaque poste se ressemble.
Goofy prépare ses vacances pendant les heures de travail et comme John Sims, il part pile à l’heure pour ne pas gâcher une seule seconde de son temps libre ...
Comme Kinney, King Vidor et plus tard Billy Wilder (dans “La Garçonnière” - ci-dessous) ne manquent pas de souligner l’importance du temps et l’omniprésence des horloges dans l’open space.
Et comme dans “The Crowd”, le monde moderne du travail est introduit dans "La garçonnière” / “The Apartment” (1959) par la trame répétitive des façades épurées ...
qui fait écho à l’uniformité et à l’infinité des espaces de bureau intérieurs.
Le consciencieux C. C. Baxter (Jack Lemmon) est un des 31.259 employés, son bureau n° 861 est au 19. étage.
« Le grand décor de bureau de « La Garçonnière » avait l’air aussi grand qu’un terrain de football, couvert de 5000 bureaux individuels. Nous l’avons tourné au studio Goldwyn, sur un plateau de taille moyenne. Comment il a fait ? En se servant de la perspective.
Des grands figurants assis derrière des bureaux normaux, d’autres plus petit à des bureaux plus petits, des nains à des bureaux miniatures et et derrière encore des silhouettes découpées et des bureaux jouets. »
(Billy Wilder sur le travail du chef décorateur Alexandre Trauner).
Dessin préparatoire d’Alex Trauner pour “The Apartment”.
THE CROWD 1928 King Vidor
TWO WEEKS VACATION 1952 Jack Kinney
THE APARTMENT 1959 Billy Wilder















