La gitane, Pierre et Gilles, 1991
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La gitane, Pierre et Gilles, 1991
La Gitane (1899). Henri de Toulouse-Lautrec (French, 1864-1901). Color lithograph poster on two sheets of cream wove paper, laid down on unbleached Irish linen. Art Institute of Chicago.
The poster La Gitane is among Toulouse-Lautrec's most evocative works, as well as one of the rarest. It advertises a never-published play, now lost; its plot can be reconstructed from contemporary reviews that suggest a story line similar to that of Bizet's Carmen, with a sinister and melodramatic twist. Toulouse-Lautrec's composition captures the sinister interaction in bold silhouettes suggesting harsh theatrical lighting as well as back-alley darkness. This compression of detail is characteristic of Lautrec's work.
Léo Ferré - Ton Style (Léo Ferré) - La Solitude Jocelyne SAUVARD, “LÉO FERRÉ un artiste vit toujours demain”, p138 à 140: ..Aucune critique chez FERRÉ sur les lois de la mode, aucune peur de la couleur, aucune revendication de la libération de la femme par la simplification de sa toilette. Elle est toujours entourée, rehaussée par sa parure décrite précisément, et qui suit les saisons et l’actualité. Du “pyjama lilas” (: T’ES CHOUETTE) aux “souliers pointus”..”qui flattent tes gambilles”, et “de la frimousse en comprimés” (: ÇA T’VA), à la “robe de cuir comme un fuseau” (: C’EST EXTRA), ou à la “jupe à ras l’bonbon” (: LA “THE NANA”), sans oublier les bas, mieux aimés que les collants (”Quelle défense d’entrer dans le jardin avec des fleurs..”), l’idée c’est d’arriver à “T’es bien roulée dans ton futal” (: LA GITANE), pour définir un style personnel, donc érotique (: TON STYLE) “Tous ces cris de la rue, ces mecs, ces magasins / Tous ces trucs un peu dingues tout cela c’est ton style / Ton style c’est ton cul c’est ton cul c’est ton cul”. À l’opposé de la présence évanescente, quoique sensuelle, mais stylisée de la femme surréaliste…chez ANDRÉ BRETON (”Ma femme au sexe de glaïeul”), sublimée à travers l’ELSA d’ARAGON (”C’est toujours la première fois / Quand ta robe en passant me frôle” ou “Tes yeux sont si profonds / Que me penchant pour boire / J’ai vu tous les soleils y venir se mirer”), la femme chez FERRÉ a des yeux, des cheveux, une bouche, des mains, un ventre, un sexe, un cul, des jambes. Elle porte, comme chez BAUDELAIRE, des vêtements fous, des accessoires, des dessous, des “lingeries de rien, dentelle, chiffon” qui ne sont là que comme faire valoir de ce tout convoité, origine du monde (”Cette blessure d’où je viens” : CETTE BLESSURE) et finalité. Les seins sont peu évoqués mais LÉO FERRÉ les mettra en musique sur les vers de BAUDELAIRE (”Tes deux beaux seins, radieux/ Comme des yeux” ou “Boucliers provoquants, armés de pointes roses”). Ainsi dotée la femme avance (”Quand la nuit a jeté ses feux et qu’elle meurt”) doublant ainsi sa qualité d’objet érotique et reflet de la passion, toujours appelée dans la transgression, et parée des mots du sacré, omniprésents dans l’oeuvre de FERRÉ. Le vocabulaire des prières et rites de l’Église est convoqué, non pour révérer Dieu, mais pour décrire l’amour, les caresses, la possession et tous les jeux du sexe, galvanisés par l’érotisme de la femme. (”Mon âme au creux de ta blessure / Dans le désordre de ton cul / Poissé dans les draps d’aube fine / Je voyais un vitrail de plus” : LA MÉMOIRE ET LA MER). Elle navigue entre fascination et désir “au-delà de l’indigne”, (”Ton style c’est ma loi quand tu t’y plies salope !”) proche encore une fois de la femme “de” BAUDELAIRE: “Dans l’horreur de la nuit malsaine / Me dire, l’âme de cris pleine: / Je suis ton égale, Ô mon Roi”. Inépuisable source pour LÉO FERRÉ de création musicale, elle est amante vénale, soumise, fière, perverse.. Elle est aussi le double de l’amour qui se donne et qui donne (”C’est l’amour à genoux et qui n’en finit plus /..Ton style c’est ton coeur c’est ton coeur c’est ton coeur”). FERRÉ annonce la femme enfant de SERGE GAINSBOURG et innove en introduisant le regard de celui qui imagine (”Quand je fais de moi-même un autre imaginé”), le désir de celui qui la regarde et l’aspire est une soif. La femme ferréenne est essentiellement eau, et comme l’eau, elle nourrit, abreuve, hydrate, vaporise, glisse, écume. Elle est saline et parfumée (”Ô parfum rare des salants”) ou bien douce. Elle est aussi l’eau de la mémoire, de l’écriture, du fantasme, de la musique comme un courant, la mer (et la mère, aussi, bien sûr), LA MÉMOIRE ET LA MER. “Dans le milieu mouillé de mousse / Reviens fille verte des fjords / Reviens violon des violonades” car l’eau est aussi musique. Mais la femme, trouble, malsaine, polluée, destructrice mène à la damnation. (”La damnation pour un triangle” : LA DAMNATION) comme dans LES MÉTAMORPHOSES DU VAMPIRE de BAUDELAIRE qu’il a mis en musique, dès 1957. Et la femme est définitivement la mort. (”Tu ressembles à la Mort quand la Mort me ressemble” : TON STYLE)…
Valérie Kaprisky - La Gitane, 1986.
Valérie Kaprisky - La Gitane, 1986.
Claude Brasseur & Valérie Kaprisky - La Gitane, 1986.
La gitane - Allain Leprest
Je la voyais danser, danser La gitane sur le paquet Des cigarettes de papa Elle avait une robe en papier Les yeux bleus comme la fumée Et la peau couleur de tabac Eh, señorita SEITA Ce soir je vais craquer pour toi L'accordéon de mes poumons Sur cette fine silhouette Et ses castagnettes muettes Dans la nuit noire du goudron Viens me donner à la tétine Ces paroles de nicotine Qui mettent ma gorge au supplice Quand cent mille bouches te baisent Du bout filtre jusqu'à la braise Dans un champ de papier maïs Descend jusqu'au fond du mégot Chanter du rocko-flamenco En grattant mes cordes vocales Danser les pieds nus dans la cendre Allumer ma bouche et entendre Battre mon cœur de caporal O belle brune qui se fume Dans ce siècle où tout se consume Entre nos doigts jaunes et se jette O toi qui portera mon deuil Demain couché dans le cercueil De mon étui de cigarettes O toi qui portera mon deuil Demain couché dans le cercueil De mon étui de cigarettes