Hi 🖋️
One day, I will have a publishing house called La ville la Nuit. Until then, welcome, come along as I share some texts of mine..
— mother tongue: French / they-them / in my twenties / means “town at night“ / profile picture is copyrighted©️ —
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Hi 🖋️
One day, I will have a publishing house called La ville la Nuit. Until then, welcome, come along as I share some texts of mine..
— mother tongue: French / they-them / in my twenties / means “town at night“ / profile picture is copyrighted©️ —
Let her come home
Let her come home. Let her feel it. Let her smell your hair as she closes her eyes, late at night, and whisper to her ear. Let her feel the taste of your breath. Let her wake, after a dream, and bring you closer under the sheets. Let her think about the meaning of forever. Let her write and sing and shout, however loud, into the space between you and her. Close the space and glide into her. Not next to her, no. Close the gap and feel her becoming you and you becoming her. Let your wildest dreams come true. Let yourself be seen. Remove your skin and let yourself be naked. The more you do it the easier it becomes. Know the sounds she makes. Gather screams and breaths and songs and put them in a box. Be there when she needs it. Suffocate with her when air is lacking. Drown in her widening chest. Exhale when she does. Be the home she misses, and something new to her. Be her last summer faded smiles, under the sun. Be her laugh in the snow. She’ll become home to you.
Les fils d’or
Et c’est comme ça que je me suis retrouvé à errer entre le rayon lessive et confiture, un lundi à 15h. Je vous passe les détails, une sale histoire. Une connerie. On devrait jamais commencer des histoires si on oublie à chaque fois qu’un jour ce sera la fin. Je suis parti de chez elle ce matin, et depuis j’ai fais trois ou quatre supermarchés. Je ne sais absolument pas ce que je cherche, mais je compte pas rentrer tant que j’ai pas trouvé cette petite envie qui me tient depuis ce matin. Les hauts-parleurs crachotent un fond sonore andalou à la Kenji Girac. Rien qu’à travers l’écran de ma télé j’ai souvent envie de le buter ce con-là, mais alors là ça devient presque insoutenable. On entend un mot sur deux dans ces putains de bouches béantes de grands magasins, entrecoupés quelques fois par une annonce de gosse perdu. Entre ces mômes chialeurs et les deux accords de guitare répétés en boucles, j’arrive plus à penser. Et en faisant ce constat, je me dis que c’est peut-être pas si mal.
insomnie numéro 12.14
i often think about her. late at night. when i cannot sleep. i often ask to myself, how is she? is she well? only to remember i left her for a reason, and i regret nothing. except for her soft skin against mine. friends, to lovers, to strangers, to friends again? what could we be? only time will tell. but i often think about her. maybe too often. lost in romantised memories; it wasn't like that. except for her soft skin against mine. but i did it and i did it for good. it was the end. it doesn't mean it still is. end doesn't last forever, does it? i've learned to live without her soft skin against mine. i love the word her. maybe more than i liked her skin. maybe she only was a she to me? i often think about her. late at night. when i cannot sleep. i find myself remembering small stuff about her. her fragrance, her clothes. but never her skin. i don't miss her skin. i miss all that we had. i miss our deep talks late at night, when we couldnt sleep. i miss her songs, how she always left lyrics in my head for me to remember her throughout the day. but i don't miss her skin. i miss her. i miss the word her. i miss how her "herness" was affecting me. but i didn't miss the skin even once. i often think about Her. late at night. when i cannot sleep. is she well? my memories still misses her skin.
Kettner Bld, San Diego
Destination Kettner bld, trente-huit minutes à l’aller, un changement, deux fois plus au retour, et encore, c’est si je rentre avant 23 heures. Cette ville me désespère, me ramène à ma condition de petite frappe trop gourmande. Kettner bld, 2507. Ça a l’air facile, comme ça, sur la carte, l’enchaînement orthogonal des rues, ça va le faire. Il fait nuit noire, mais il ne faut pas avoir peur, mon imagination est en péril, il faut que je sorte la promener comme un lévrier afghan.
Kettner, Kettner... les arrêts s’enchaînent, amenant leur lot de trimardeurs, de paumés. Sans voiture, on est foutu ici, dans tous les sens du terme. Voilà, c’est ici, ici que j’ai donné rendez-vous à la nuit. Peureuse mais grandiloquente, la petite. La nuit, elle, semble ne pas me reconnaître, un sourire goguenard accroché à sa toile, avec constellation et buildings pour achever sa parure.
J’ai une adresse où me rendre, j’existe, n’est-ce pas?
C’est vraiment ici? Une voie de tram, une autoroute, puis le boulevard, tout cela en escalier. Un transformateur, ses panneaux d’alerte, des silhouettes meurtries, la lune qui ricane sur le tout. Les avions viennent frôler le scalp des rares gens qui ont quelque chose à foutre sur ce trottoir avant d’aller déverser leurs passagers sur le tarmac à deux kilomètres.
J’y suis, au bon numéro, “la Casbah”. C’est plutôt une métaphore du Sahel en ce qui concerne l’ambiance. Il n’y a personne, il est trop tôt.
Je m’assombris sur un perron en songeant à quoi rime tout ça. Je me fais penser à la Linea, cette laide abstraction en deux dimensions. Un duo de silhouettes s’échappe du club comme l’émanation laiteuse d’un soupirail. Ils sont d’une autre pâte, ce sont des clichés de chevelure en mouvement et d’attitude calculée mais ils ont du relief. Leur galaxie encombre soudain la mienne. Je dois fuir, c’était une bévue que de croire à l’imbrication des mondes quand il faut tout créer de ses mains.
En maraude d’épiphanies cependant, et le prochain tram n’est pas avant une bonne heure.
Kettner bld, je tire un autre numéro, celui d’un club affalé sur les grilles du transformateur, encore plus miteux et désert que ma première cible. Depuis la fenêtre, un verre de contenance à la main, je contemple une grande ville américaine qui s’étale comme Olympia sur les draps blancs. Vide mais bruyant, la musique se charge d’imiter le sifflement exponentiel des avions qui décollent. Quelques personnes s’affairent autour de la musique.
Je me retourne vers la vitre, des phrases s’impriment dans mon cerveau : “je suis ici, je suis seule, je suis loin, je suis n’importe qui”. Une femme s’approche, elle a le visage tatoué, comme si ses yeux émergeaient d’un feuillage de bananier : “tu joues ce soir comme DJ?”. Rires intérieurs. Non, non, moi je me joue du pipeau.