연예인 트레이너 이린입니다^^ 가녀린 몸매로 종합무술 17단입니다ㅎㄷㄷ #덤퍼 #DUMPER #dumper #에어듀3 #이린 #leelyn
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연예인 트레이너 이린입니다^^ 가녀린 몸매로 종합무술 17단입니다ㅎㄷㄷ #덤퍼 #DUMPER #dumper #에어듀3 #이린 #leelyn
Why haven't I met the perfect boy that wants me?
I Love The Way You Dance (Elyn & Lee)
Lee jaugea les vêtements étalés à ses pieds et grimaça. Aiden avait peur, et il avait peut-être raison. Le jeune homme avait retourné toute la chambre pour trouver quoi porter ce soir au bal. Il y avait bien son cotume noir, mais la couleur le rendait triste, et il avait voulut changer un peu, inover ! A froce de fouiller les tiroirs et les penderies, il avait finit par trouver son bonheur... aux dépends des pauvres restes de sa recherche passionnée.
Quelques semaines plus tôt, Lee ne se serait jamais permit un tel carnage. Ou du moins, il aurait rangé immédiatement après, au risque de faire une crise. Mais la fusillade l'avait changé... et le Lee maniaque maladif qui était arrivé en début d'année s'était transformé en jeune homme beaucoup moins regardant sur ce genre de choses...
Comme il l'avait précisé à Aiden, il avait d'autres priorités aujourd'hui. Et ce soir, elle s'appellait Elyn.
Bien décidé à faire de cette nuit un moment inoubliable, Lee avait choisi de mettre les petits plats dans les grands, et avait particulièrement soigné son allure, afin de plaire à sa petite amie. Il avait passé l'après-midi dans la cuisine, à mettre un bazar monstre (qu'il avait rangé cette fois) pour lui préparer des gâteaux. Et il avait lui-même fabriqué un bracelet de roses blanches et jaunes.
Il s'était rendu jusqu'à la chambre de la demoiselle ainsi chargé, jusqu'à ce qu'elle lui annonce le retrouver directement au bal. Loin d'être vexé, ou paranoïaque, comme il aurait pu l'être avant le vendredi noir, Lee avait vu ce contretemps comme le moyen de d'offrir ses 'cadeaux' à Elyn comme une surprise.
Il avait tout laissé sur place et s'était rendu directement à la salle de bal. Peut-être y rencontrerait-il certaines personnes avec qui discuter. Ou quelqu'un aurait besoin de ses services. Lee arriva tôt, et il aida à installer la sono, riant avec les étudiants qui en étaient chargés, qu'il avait l'impression d'avoir déjà vus (pendant la fusillade peut-être ?). Il les salua et s'éloigna pour attendre Elyn, alors que les élèves commençaient à affluer.
Lee choisi de l'attendre un verre de punch à la main. Il vit justement un ami cher de sa petit-amie arriver au bras d'une jolie brune. Lee leur fit signe de la main, mais seule la jeune femme lui répondit, et il grimaça. Ce type ne semblait pas tellement l'apprécier.
L'étudiant soupira. Il attendait depuis longtemps déjà, et sa patience l'abandonnait au fur et à mesure que les couples entraient, riant et discutant joyeusement. Il n'eut heureusement pas à beaucoup attendre.
Au moment où Lee avait décidé d'aller se chercher de quoi grignoter, il vit Elyn arriver au bras d'Aiden. Un sourire radieux vint éclairer son visage, et il se fraya un chemin jusqu'à ses deux amis, rayonnant de bonheur. Il fixait Elyn avec amour, et lui présenta son bras pour qu'elle change de cavalier, après avoir offert un clin d'oeil à Aiden, et un lui avoir envoyé un baiser, le remerciant d'avoir prit soin de sa belle.
Il rit de sa bêtise, redevint sérieux, et remercia Aiden en lui promettant de le revoir un peu plus tard. Puis il entreprit d'emporter Elyn plus loin. Il remarqua alors le bracelet de fleurs qu'elle portait, et son sourire s'élargit, alors qu'il attirait sa main à son visage pour humer le doux parfum des roses, et plonger ses yeux océan dans les prunelles pétillantes de son amoureuse.
- Tu es sublime ce soir. Comme toujours...
Il se pencha doucement et lui embrassa le front avant de lui tendre un verre de punch, tout sourire.
Cadeau laissé sur le lit d'Elyn.
Mot posé à côté :
« Tu peux penser ce que tu veux ; que je ne veux pas que tu rentres dans ta (sublime) robe, ou que je te corromps à grands coups de sucre et de chocolat (c'est aphrodisiaque, à ce qu'il parait !), mais en vérité, je veux juste t'initier aux bonnes choses. Le dessert se mange avant tout le reste ! Parce que c'est le meilleur ! Et si tu prends des kilos ou que tu tâches ta robe, je veux être le seul responsable ce soir !
PS : L'autre cadeau se trouve dans la boîte sur ta table de chevet. En espérant que tu l'aimeras... Je ne sais pas de quelle couleur est ta robe mais je voulais que le bracelet te ressemble. Alors j'ai choisi des fleurs qui me rappelaient le soleil, et ton sourire ♥
Je t'aime. »
SMS à Elyn
Lee : Je t'attends dans ta chambre avec ta surprise (enfin tes surprises).
Lee : Tu es où ?
- Elyn & Lee -
I don't want to see you (Lee & Elyn) - Complete
Résumé : Après leur dispute par SMS suite au baiser que Cyrius a donné à Lee lors d'une soirée bien arrosée, Lee décide de mettre les choses au clair avec sa petite-amie. Il va la trouver en pleine nuit dans sa chambre, la réveille sans scrupules et l'invite à sortir. Après quelques minutes de bataille, Elyn se laisse convaincre, et les deux jeunes gens s'en vont danser sous les étoiles...
Quand Elyn avait appris que Cyrius et Lee s’étaient embrassés, elle n’avait pas su quoi faire. Il lui avait fallu plusieurs minutes pour comprendre que son copain et que celui qu’elle considérait comme un véritable ami lui avaient fait ça. Elle avait été un peu lâche d’en parler à Lee par messages, mais c’était le plus simple et si elle s’était retrouvée en face de lui, elle n’aurait pas donné cher de leur relation. Comme toujours, Lee jouait la carte du “Je t’aime, fais moi confiance”, mais cette fois, Elyn n’entrerait pas dans son jeu. Comment pouvait-elle lui faire confiance si il lui cachait des choses ? Une relation était pour elle basée sur l’honnêteté, mais elle avait l’impression d’être la seule à le penser.
Qu’il ne soit pas venu la voir pendant qu’elle était à l’hôpital, Elyn pouvait le comprendre. A vrai dire elle n’avait envie de voir personne à ce moment là. Mais qu’il soit allé se saouler pour oublier avec un mec qui voulait faire exactement la même chose pour ensuite l’embrasser, ça, elle n’arrivait pas à le digérer. Alors oui, elle s’était peut-être énervée sans écouter les explications de son petit ami - ou plutôt sans les lire -, mais elle trouvait ça justifié.
Elyn n’avait pas répondu aux derniers messages du brun, et avait éteint le portable qu’elle avait racheté seulement quelques jours plus tôt, incapable de le retrouver depuis la fusillade. Elle s’était couchée, se sentait trahie, et énervée. Comme toujours, elle était seule dans sa
chambre. Sa colocataire avait déserté depuis un petit moment. Elle s’était tournée et retournée dans son lit pendant un long moment, se posant des tonnes de questions aux quelles elle n’avait aucune réponse. Et alors qu’elle n’était qu’en short et en débardeur, elle avait fini par s’endormir au dessus de sa couette, épuisée alors que des frissons parcouraient sa peau. Elyn put enfin recharger ses batteries après des heures de bataille avec elle même pour trouver le sommeil.
Mais c’était sans compter sur l’imbécile qui vint toquer à sa porte et qui la tira de ses songes. Elyn soupira et enfonça sa tête dans son oreiller en gémissant de frustration. Avec un peu de chance, l’abruti passerait son chemin. Mais à son grand désespoir, Elyn entendit la porte s’ouvrir doucement.
- Qui que tu sois, dégage et laisse moi dormir.
Et elle se tourna, espérant qu’il parte enfin de sa chambre. Il fallait croire que cette nuit là, ses rêves ne deviendraient pas réalité.
Il essayait de dormir depuis des heures, mais tout semblait être contre lui ce soir… Aiden, qui s’était réveillé, à la plus grande joie du jeune homme, ne rentrerait pas avant un bout de temps. Elyn s’était énervée sans raison pour le baiser que Cyrius avait donné à Lee quelques jours plus tôt, alors que les deux tentaient de noyer leur désespoir… Et l’étudiante n’avait pas daigné répondre à ses derniers messages.
Il avait préféré ne pas insister pour ne pas enfoncer le couteau dans la plaie, mais son comportement l’avait fait retourné. Lui ne jugeait pas ce baiser comme un crime, parce qu’ils n’étaient plus tellement eux même tous les deux. Et que Lee avait repoussé Cyrius. Mais elle ne comprenait pas…, et cela blessait le jeune homme.
Il tentait de trouver le sommeil, mais au bout de quelques minutes, les cauchermars revenaient le hanter, et il se mettait à trembler sans pouvoir s’arrêter. Tant qu’il serait seul, cela continuerait. Les démons se servivraient de sa solitude pour l’atteindre, et le détruire. Petit à petit, ils y parviendraient… Et Lee priait pour que le retour d’Aiden ne soit pas trop long… Il avait cruellement besoin de sentir une présence à ses côtés, une présence rassurante, amicale… Mais surtout, de manière plus égoïste, il avait terriblement envie de dormir.
Le souvenir de la nuit qu’il avait passé serré contre Elyn lui était revenu… Cette nuit parfaite, sans bruit, sans voix, sans images de sang, de mort, d’enfer… Juste le silence, apaisant et reposant. La première nuit depuis longtemps pendant laquelle Lee avait bien dormit, et dormit tout court.
C’est pourquoi il avait envie de la rejoindre. Se blottir dans ses bras, l’embrasser, lui prouver son amour, et oublier toute la merde de ce monde pour se perdre en elle… Mais Elyn était en colère, et il était tard, ce qui signifiait qu’elle dormait probablement… En jetant un oeil à son réveil, Lee s’aperçu qu’il était 3h du matin. Il soupira et se leva après une minute d’hésitation.
Dix minutes plus tard, il avait prit sa décision et se trouvait à toquer à la porte de la chambre de la jeune femme avant d’entrer prudemment.
Il fut accueillit par une réplique cinglante, qui le fit se figer. Lee avala une boule dans sa gorge et faillit faire demi-tour lorsqu’il prit conscience de toute la rage qu’Elyn avait mit dans ses mots. Puis, après réflexion, il choisi de rester, au risque de devoir affronter une tempête…
Il s’approcha doucement du lit et s’accroupit avant d’allumer la lumière de chevet de la demoiselle. Lorsqu’elle se retourna vers lui, il posa une main sur sa bouche pour éviter qu’elle crit, et approcha son index devant sa bouche pour lui intimer le silence, avant de retirer doucement sa main.
Lee resta muet pendant quelques secondes avant de finalement se mettre à chuchoter.
- Viens te promener avec moi.
A voir la tête que lui servit Elyn, elle n’avait visiblement aucune envie de le suivre, et cela fendait le coeur de Lee. Il grimaça et haussa les épaules avant de se reveler en saisissant la jeune femme par la taille, en prenant garde à ne pas lui faire mal. Elle protesta vivement mais il ne s’en formalisa pas, enserrant un peu plus fort ses hanche pour éviter qu’elle ne lui échappe.
- S’il te plait, Elyn… Viens avec moi !
Il avait besoin d’elle. Là maintenant. Si elle le mettait à la porte, Lee était presque sûr qu’il passerait la nuit devant, à attendre qu’elle sorte le lendemain pour lui parler. Et il ne dormirait pas. Ce qui le rendrait sans aucun doute à cran. Et il n’avait aucune envie de dire ou faire des choses qu’il risquait de regetter plus tard…
Alors il insista, sans tenir comptes d’Elyn.
- Je t’emmène quelque part, tu vas adorer, tu vas voir !
Alors qu’elle espérait que l’intrus s’en aille, et vite, la lampe de chevet d’Elyn s’alluma et elle se retourna dans le seul but de virer cette personne comme il se devait. Mais elle n’en eut pas le temps puisqu’une main se posa sur sa bouche, lui intimant le silence. Cette main, c’était celle de Lee. Et cette constatation ne fit qu’énerver un peu plus la brune. Elle n’avait pas envie de le voir, elle avait pourtant été claire là dessus.
En plus de la réveiller alors qu’elle avait enfin réussi à trouver le sommeil, il lui proposait d’aller se promener. Se promener, en pleine nuit, alors qu’il faisait très certainement froid dehors. Pour une fois, Elyn était d’accord avec la petite voix sarcastique dans sa tête. Rien de mieux pour attraper une pneumonie.
- T’es sérieux ?
Elle le regardait en haussant un sourcil, entre le sarcasme et la colère. Sans plus attendre, Lee l’attrapa par les hanches et la souleva. Elyn essaya de se détacher, mais il le tenait trop fort. Ses mains avaient beau frapper partout où elles le pouvaient, rien n’y faisait.
- Mais lâche moi ! Qu’est-ce tu comprends pas dans le mot “dégage” ?! J’ai pas envie de te parler, encore moins d’aller me promener, je veux juste dormir !
Elle était définitivement en colère. Elyn avait besoin de sommeil pour pouvoir espérer lui pardonner, elle fonctionnait comme ça. Mais Lee faisait tout le contraire. Il l’obligeait à le voir, à rester avec lui alors qu’elle voulait simplement rester seule afin de réfléchir par elle même. A croire que c’était trop demandé.
Lee insistait, sans la lâcher et Elyn commençait vraiment à en avoir assez.
- Adorer ? Tu viens me réveiller à je sais pas quelle heure de la nuit alors que j’arrivais enfin à dormir pour me dire d’aller me promener avec toi, et tu penses que je vais adorer ?
Sa voix encore endormie partait dans les aigus d’une drôle de façon, mais elle n’en avait rien à faire. Ses yeux devaient très certainement être rouges et bouffis à cause de la fatigue, Lee devait bien le voir mais à aucun moment il ne sembla vouloir la laisser tranquille.
Elyn soupira finalement. Elle ne voulait pas céder, mais ne savait pas non plus comment faire pour se débarrasser de Lee rapidement. Elle commençait d’ailleurs à avoir froid, des frissons se formaient sur sa peau trop blanche. La brune tenta une dernière carte pour le faire lâcher l’affaire.
- J’ai déjà froid ici, si on sort, ça va être pire. Laisse moi dormir, s’il te plaît.
Il y avait comme une sorte de désespoir dans sa voix, parce qu’elle savait parfaitement que son petit ami n’arrêterait pas tant qu’elle ne l’aurait pas suivi. Elyn le regarda droit dans les yeux, essayant une fois de plus de le faire céder. C’était malheureusement peine perdue.
Les protestations d’Elyn n’eurent jamais raison de la détermination de Lee. Elle pouvait bien se débattre autant qu’elle voulait, il ne la laisserait pas le mettre dehors. Et lorsqu’il parlait de se promener, il était parfaitement sérieux.
La jeune femme remua dans tous les sens, et Lee évita les coups de justesse. Bon sang, elle était dynamique pour quelqu’un venant de se faire tirer du sommeil ! Et particulièrement virulente. Elyn hurlait aux oreilles de son petit ami, ne machant pas ses mots pour lui faire clairement comprendre qu’il l’emmerdait et qu’elle voulait juste dormir.
- Moi aussi, je voudrais dormir…
Lee avait lâché ses mots dans sa barbe, plus pour lui même que pour calmer la jeune femme, mais il était certain qu’elle avait entendu. Elle lui demandait de la laisser dormir, lorsque lui savait parfaitement que de son côté, fermer les yeux ne ferait que l’emmener en enfer. Et elle n’accepterait jamais de le laisser dormir avec elle ce soir.
Ce qui signifiait que Lee devait la convraincre de le suivre. Ce qui pour le moment, était peine perdue. Mais l’étudiant n’abandonna pas, il changea simplement de méthode.
Sans prévenir, il relâcha Elyn, qui toucha violemment le sol, et plongea ses yeux dans ceux de la demoiselle, alors qu’elle lui demandait de la laisser dormir une nouvelle fois, plus gentiment. Lee hésita, la fixant avec intensité et désespoir, tentant par le silence de lui faire comprendre qu’il avait besoin d’elle à ce moment précis.
Puis il finit par parler, d’un ton calme et posé, presque doux.
- J’aime pas dormir seul. Tu me laisses dormir avec toi, ou bien tu me suis dehors…
Il la regarda avec insistance et croisa les bras sur sa poitrine.
- Tu te décide. Mais je partirai pas quoi qu’il en soit. Même si ça t’emmerde, je reste. Parce que ça t’emmerde, je reste… en vérité.
Il l’aimait, mais elle était au moins aussi têtue que lui, ce qui rendait les choses parfois complexes. Lorqu’aucun des deux partis de cède, la guerre est déclarée. Même si Lee savait que la plupart du temps, il perdrait face à sa belle. Trop faible. Trop amoureux. Trop peur de la perdre…
Mais ce soir, il n’avait pas envie de la laisser gagner. Elle le fit chanceler en évoquant le froid de la saison, et Lee grimaça. Il n’avait pas pensé à cela… Prit de court, il ne réflechit pas et fit volte face. Il chercha des yeux une armoire et tomba sur un meuble y ressemblant.
En fouillant bien, il trouva une écharpe qu’il revint lui nouer autour du cou avec patience et concentration, priant pour qu’elle ne bouge pas. Puis il retrouva ses yeux, lui sourit, et retira sa veste pour la poser sur les épaules de la jeune femme.
- Tu ne risques plus d’avoir froid maintenant. Et si c’est le cas, je te réchaufferai !
Il lui fit un clin d’oeil et saisit les mains de son amoureuse dans les siennes sans la quitter du regard. Lee recula alors lentement jusqu’à la porte et s’arrêta sur juste entre la chambre et le couloir, interrogeait Elyn d’un sourire.
Il voulait dormir ? Et bien qu’il y aille ! Elyn ne le retiendrait certainement pas. Mais cette phrase sonnait presque comme un reproche, comme si c’était sa faute si il n’arrivait pas à dormir. Et même si elle avait quelque chose à voir avec les insomnies de Lee, elle ne culpabiliserait absolument pas. Après tout, c’était lui qui était venu la réveiller.
Il la relâcha violemment, et les genoux de la brune craquèrent, lui arrachant une grimace. Ce genre de choc au réveil n’était pas le bienvenu, surtout après plusieurs semaines pendant les quelles Elyn n’avait pas eu le droit de bouger comme elle l’aurait voulu.
Elle n’eut pas le temps de protester que Lee lui proposa quelque chose. Soit il dormait dans sa chambre, soit ils sortaient. Elyn n’hesita pas une seconde et lui répondit avant qu’il ne puisse dire quelque chose d’autre.
- Ok, dors ici. Ca fait un moment que le deuxième lit est libre, tu peux le prendre ça ne me pose aucun souci. Tant que tu ne ronfles pas.
La brune afficha un sourire aussi faux que possible. Si il voulait jouer au plus con, il ne gagnerait certainement pas.
C’est quand il commença à fouiller dans ses tiroirs qu’Elyn perdit son sourire. Alors comme ça, l’idée de rester là et de dormir ne lui plaisait pas ? La brune soupira une fois de plus alors que Lee mettait un bordel pas possible dans ses affaires qu’elle tentait de garder en ordre.
- C’était rangé, t’es gentil de pas tout mélanger !
Mais la douceur de Lee, son sourire lorsqu’il lui passa l’écharpe autour du coup et qu’il lui mit sa veste sur les épaules eurent raison du sarcasme d’Elyn. Parce qu’au fond, quoi qu’il puisse faire, elle l’aimait. Et ça, ça ne changerait pas à cause d’une soirée trop alcoolisée et d’un réveil en pleine nuit.
Elle attrapa ses mains en souriant, le suivant jusqu’à la porte. Il l’interrogeait en souriant, et Elyn ne fut que lui répondre d’un air presque amusé.
- Tu m’emmènes où ?
Puis elle posa ses lèvres sur celles de son amoureux, comme un bonjour qu’elle ne lui aurait pas dit avant, prolongeant tendrement l’échange.
Sa proposition de dormir dans le second lit effleura l’esprit de Lee… Mais la remarque d’Elyn le fit grimacer, et il décida de ne pas faire plaisir à la jeune femme en accédant à ses désirs. Il lui trouva de quoi se tenir au chaud, en fouillant bien, et elle lui reprocha d’avoir mit le bazar, ce qui le fit rire.
Lui non plus ne supportait pas que tout soit dérangé, à un point maladif, mais ce soir, il n’avait pas la tête à remettre tout en ordre. Les mains dans celles de sa belle, il l’attira à lui et lui murmura à l’oreille d’une voix suave.
- Je rangerais, c’est promis. Mais pas tout de suite… J’ai d’autres projets pour vous, ma chère.
Il s’éloigna et la vit sourire, ce qui lui réchauffa le cœur. Peut-être finirait-elle par ne plus trop lui en vouloir ? Il suffisait qu’il lui fasse passer une nuit de rêve, et alors Cyrius, ce baiser, l’alcool et ses secrets seraient oubliés… Pour un temps du moins.
Le baiser qu’elle vint déposer sur ses lèvres finit de rassurer Lee, et il y répondit bien volontiers, heureux de voir que son amoureuse pouvait faire preuve de compréhension.
Il rompit le lien et un petit sourire en coin se dessina sur son visage lorsqu’elle lui demandait où il comptait l’emmener.
- Danser sous les étoiles… Tu l’as déjà fait ?
Lee avait toujours adoré le ciel nocturne, piqueté de millier d’étoiles à la lumière plus vieille que le monde… Enfant, il observait la voûte chaque soir avant de s’endormir, rêvant de s’envoler jusqu’à “la deuxième étoile à droite, et tout droit jusqu’au matin”… En grandissant, le ciel était devenu son confident, son inspiration, et un bon moyen de s’évader…
Mais depuis New-York, il fallait ruser pour trouver un endroit où les étoiles n’étaient pas noyées par la lumière artificielle de anthropisation… Lee connaissait l’un de ses endroits, et c’est là qu’il emmenait sa belle.
Son sourire s’élargit et il la tira totalement hors de la chambre sans la quitter des yeux. Une fois dans le couloir, il lâcha ses mains, caressant son visage d’un geste fugace au passage, avant de la prendre par la taille et marcher à reculons.
- Tu m’en veux beaucoup ?
Lee fit la moue, comme un enfant qui s’apprête à se faire gronder. Mais au fond, il savait que la jeune femme finirait par le comprendre, et lui pardonner… Il ne doutait pas une seconde.
S’arrêtant à hauteur des escaliers, Lee déposa un baiser sur le front de son amoureuse et se posta sur la seconde marche avant de la soulever du sol sans prévenir. Elle poussa un petit cri de surprise, et il rit en lui intimant le silence.
Elyn n’avait pas dansé depuis la fusillade, trois semaines plus tôt. Elle avait essayé, mais à chaque fois qu’elle arrivait face à la salle de danse, celle où elle avait passé tellement d’heures à travailler, à souffrir et pourtant tant d’heures durant les quelles elle avait vraiment été heureuse, elle bloquait. Elle avait même demandé à son médecin de prolonger sa dispense de peur de ne pas réussir à aller en cours.
Mais aller danser sous les étoiles avec Lee lui semblait être le moyen de renouer avec sa passion, et de dire adieu à ses démons. Jamais il ne la jugerait, Elyn le savait parfaitement, il l’aiderait même si elle n’y arrivait pas, et elle ne pourrait jamais trouver une meilleure occasion pour danser à nouveau. La petite brune répondit à son sourire, timidement.
- Jamais, mais je crois que c’est l’occasion. Promets moi de ne pas te moquer, je dois être un peu rouillée à force.
Elle lui avait avoué à demi mot ce qui la tracassait. Parce qu’Elyn avait peur d’avoir oublié comment danser, après tant d’années à ne faire que ça. La danse avait été la plus grande part de sa vie. A côté, le lycée, le collège semblaient n’avoir jamais existé.
Lee l’entraînait à présent dans les couloirs après qu’elle ait fermé la porte de sa chambre à clé, sans faire attention à être discrets pour ne pas réveiller les autres. Ils s’en fichaient à vrai dire.
Puis Lee se retourna, attrapant Elyn par la taille et marchant à reculons, une étincelle dans ses yeux bleus qui fit sourire la brune. Elle continuait doucement à marcher en caressant les avant bras du jeune homme de ses mains.
Elle avait l’impression de se retrouver face à un enfant qui aurait fait une bêtise et qui demandait pardon. Elyn lui en voulait, c’était clair. Mais elle savait aussi que ça ne durerait pas. Elle avait déjà commencé à lui pardonner, si ce n’était déjà pas totalement le cas. Elle secoua la tête en souriant alors que Lee s’arrêtait en haut d’un escalier.
- Est-ce que j’ai vraiment l’air de t’en vouloir ? J’ai beau essayer, j’y arrive pas. Estime toi heureux.
Elle lui sourit mais n’eut pas le temps de l’embrasser comme elle l’aurait voulu puisque Lee posa un baiser sur son front avant de la soulever du sol, lui faisant pousser un petit cri aigu. Il lui fit signe de se taire en souriant et la porta jusqu’en bas des escaliers. Elyn ne pouvait s’empêcher de rire doucement, tout en espérant qu’il la reposerait assez rapidement.
Une fois arrivés en bas, la brune se débattit un instant avant que Lee la lâche enfin. Elle posa ses pieds sur le sol avant de replacer ses cheveux qui lui tombaient devant les yeux. Ils étaient vraiment longs et tombaient, ondulés le long de son dos, elle n’arrivait pas à se résoudre à les couper.
La vue retrouvée, Elyn regarda son amoureux, la tête penchée sur le côté.
- Et toi, tu m’en veux d’avoir réagi comme ça sans vouloir t’écouter ?
Parce qu’elle, elle s’en voulait de toujours agir sans réfléchir, et sans faire attention à ne pas aller trop loin. Et un jour, Lee en aurait assez de ses réactions disproportionnées, et il la laisserait.
Lee jaugea sa petite amie avec un air désespéré avant de pousser un soupir et lui sourire. Croyait-elle réellement qu’il était capable de se moquer d’elle ? Lui qui l’admirait… l’aimait comme il n’avait jamais aimé personne avant… Bien décidé à la rassurer, Lee laissa son sourire s’élargir tout en continuant à marcher à reculons, ses prunelles océans dans les abysses insondables d’Elyn.
- Je n’y songerai même pas. Et tu n’es pas rouillée !
Il aurait eut envie de la faire tourner sur elle-même pour le lui prouver, mais se retint, de peur de la blesser en la surprenant. Il se contenta d’un nouveau sourire, plus large et plus lumineux.
- Tu as ça dans le sang, Petit Oiseau. Si tes pieds ne savent plus comment faire… ton coeur saura toujours. Il s’arrêta en haut de escaliers et posa une main sur le coeur de son amoureuse. Laisse le te guider… Fais lui confiance…
Ce conseil était pouvait s’apparenter à une recommendation concernant leur couple. Qu’elle lui fasse confiance… Elle qui avait cru qu’il était tombé dans les bras de Cyrius. Elle qui lui avait voulut, et qui assurait alors ne plus vouloir. Essayer, sans y parvenir. Cela fit rire Lee, qui rit, lui embrassa le front et l’emmena au bas de l’escalier.
Elle se débattit un peu, et il la lâcha doucement, toujours avec précaution. Les cicatrices d’Elyn n’avaient pas d’importance, mais il ne les oublait pas pour autant… Il la regarda se faire belle, replacer ses cheveux rebels, et eut envie de l’embrasser à ce moment, lui assurant ainsi que pour lui, elle était toujours magnifique.
Il ne put rien en faire ; la jeune femme le surprit en lui demandant si lui lui en voulait pour sa réaction. Réellement innattendue, cette question fit fronçer les sourcils à Lee. Il fit la grimaçe et posa ses mains sur les épaules de sa petite amie, la regardant droit dans les yeux.
- Elyn… Je peux pas t’en vouloir. Je crois que j’aurais réagit comme toi si les rôles avaient été inversés… Je sais que tu m’aimes, tu me l’as dit. Je te fais confiance. Alors j’ai aucune raison de t’en vouloir… Les disputes, ça arrive. C’est même plus que normal ! Et rassurant… On est pas des personnages de contes.
Lee avait assimillé cette réalité des années déjà auparavant, mais à certains moments, il doutait… Il redevenait un enfant rêveur, la tête dans les étoiles, le coeur emplit de magie, et l’âme noyée dans les contes… Et Elyn ravivait un peu de cette flamme magique qui brûlait en lui, le faisant se sentir invincible, en sécurité. Un héro. Un prince peut-être…
Perdu dans ses pensées, Lee retourna sur terre lorsqu’il sentit le vent dans ses jambes. Il frisonna et il rit avant d’attirer Elyn contre lui sans plus réflechir. Elle devait mourir de froid, et il s’en voulut un instant de l’avoir traînée dehors si peu vêtue. Lui n’était qu’en T-Shirt, mais la présence de la jeune femme le réchaufferait. Et ils allaient bouger, danser…
Lee inspira et poussa la porte dans son dos. Une brise accueillit le couple et ils baissèrent la tête pour s’enfoncer dans la nuit éclairée par les lumières de New-York. L’heure préférée du musicien pour visiter la ville. Il guida sa belle à travers des rues encore bondées malgré l’heure tardive, puis la fit tourner dans des zones moins peuplées, plus perdues… Dans ces moments, il la serrait fort, s’assurant par la même qu’elle était toujours là, et qu’elle n’avait pas froid.
Puis enfin ils arrivèrent à l’endroit désiré.
Lee aurait put emmener Elyn à Central Park, son refuge. Ou a Time Square. Ou dans les rues de Broadway, à Chinatown… Mais il avait choisit une placette à la vue imprenable sur la Statue de la Liberté. La Grande Dame à la Flamme se tenait là, sous leur yeux, et sa flamme semblait briller de mille feux, leur indiquer le chemin à suivre, réchauffer leurs coeurs, leurs corps frigorifiés…
Il se plaça derrière elle, l’entoura de ses bras, et cala sa tête dans son cou, fixant l’horizon avec elle, un doux sourire sur ses lèvres. Il aurait pu rester des heures ainsi, bercer contre Elyn. Mais il lui avait promis une chose.
Reculant soudain, Lee vint lui faire face, s’appliqua dans une réverence, et lui tendit une main cérémonieuse.
- M’accorderiez-vous cette danse, ma Dame ?
Il releva la tête pour guetter sa réaction lui offrit un clin d’oeil, et mit tout son amour dans le regard qu’il échangea avec sa belle à cet instant.
A entendre Lee parler comme cela de sa passion, de son art, Elyn se sentait importante et douée. Grâce à ces mots, elle avait l’impression qu’elle pouvait danser ce soir en reprenant exactement là où elle s’était arrêtée, là où elle n’avait aucun problème pour faire bouger son corps en rythme et en harmonie.
On est pas des personnages de contes.
C’était vrai, peut-être trop que ce qu’Elyn avait espéré. Parfois, elle aurait voulu dans un monde féerique où tout serait bien plus simple, avec un prince, et des petits souris qui lui chanteraient une chanson. Mais malheureusement pour elle, ce n’était pas le cas, et dans son monde bien réel, il fallait parfois se prendre une claque pour se relever plus fort. Leur dispute était une de ces claques qui leur permettait de repartir du bon pied.
Mais même si Elyn lui avait pardonné, elle n’oubliait pas. Ce que Lee avait fait restait dans un coin de sa tête, et elle espérait ne jamais avoir à s’en servir ni même à s’en rappeler par la suite. Elyn n’était pas rancunière, mais elle n’était pas du genre à passer l’éponge et à oublier pour autant.
- On est peut-être pas dans la Princesse et la Grenouille, mais tu joues bien ton rôle de prince charmant pas si charmant que ça.
Ils se mirent en marche, marquant la fin de cette conversation. Le chemin se passa en silence, tranquillement. Elyn avait sa main dans celle de Lee, comme pour garder un contact constant avec lui. Ils étaient bien, pourtant quand ils passèrent la porte, la brune regretta vite cette pensée. A l’extérieur, il faisait froid, et son petit short de pyjama ne faisait pas le poids face au vent new yorkais.
Lee la gardait contre lui, et Elyn le remerciait même si il n’était pas d’un grand secours contre le froid. Ils passèrent des rues bondées à proximité de l’académie à d’autres où les passants se faisaient plus rares, et la brune en profitait pour observer tout ce qu’il y avait autour d’elle. Même après plus d’un an dans cette ville, elle n’avait pas eu le temps de tout voir. Ce soir là, Lee l’emmenait là où elle n’avait jamais été. Elyn sourit face à ces bâtiments de briques, ces alignements de maisons mitoyennes dans les quelles elle rêvait de vivre plus tard.
Enfin, il débouchèrent sur une petite place, et les yeux d’Elyn se remplirent d’étoiles, comme un enfant face à ses cadeaux le matin de Noël. La statue de la Liberté leur faisait face. Fière, impressionnante. La brune se sentait à la fois faible et forte face à ce monument grandiose. Alors qu’elle restait immobile, les yeux grand ouverts, Lee vint se placer dans son dos et elle lia ses doigts aux siens sur son ventre, profitant de la chaleur de son souffle sur son cou.
Pendant plusieurs minutes, elle observa cette grande dame face à elle, se laissant éblouir par la lumière de sa flamme en la fixant trop longtemps. Puis Lee se plaça face à elle et lui proposa de danser. Après tout, ils étaient venus là pour ça. Elyn attrapa sa main et se rapprocha de lui en répondant à sa révérence en riant.
- Avec plaisir, Monsieur.
Elle plaça une de ses mains sur l’épaule de Lee, et l’autre dans celle du brun. Tout doucement, ils commencèrent à bouger. Par moment, Lee la faisait tourner face à lui, et Elyn riait. Ils étaient biens, ils étaient eux. Puis elle posait sa tête sur l’épaule du jeune homme se collant tout contre lui. Pas parce qu’elle avait froid, mais parce que ce moment lui donnait envie d’être encore plus proche de lui que ce soit physiquement ou non. Elle voulait tout savoir de ce jeune homme énigmatique, de ce que cachaient ces yeux bleus dans les quels elle pourrait se perdre des heures.
Mais ce n’était pas le moment de parler. Ils auraient tout le temps de le faire, plus tard, quand ils seraient devant un bon café un samedi après midi pluvieux.
A cet instant, Elyn profitait simplement de Lee, et de ses bras serrés autour d’elle alors qu’ils dansaient devant cette statue mythique, seule témoin de leur moment privilégié.
Le bonheur que Lee lut dans les yeux de son amoureuse remplit son cœur de joie. Il l’avait caché, avait fait comme si ses mots ne l’atteignaient pas, comme si il ne la croyait pas… Mais en vérité, il avait réellement eut peur de la perdre, lui qui n’avait jamais pratiqué le couple avant Elyn, et qui ne savait pas vraiment comment s’y prendre…
Pourtant, elle était toujours là, visiblement heureuse, et même si elle lui en voudrait peut-être toujours, elle n’avait pas fuit, ne l’avait pas quitté. Lee, à cet instant ne savait pas si, si cela avait été le cas, il aurait eut la force et le courage de se battre.
Alors, lorsqu’elle accepta de danser avec lui au milieu de la nuit, dans le froid et le vent, au bord de l’eau et sous le regard de la Liberté, il préféra oublier tout le reste, et se laisser aller à la guider dans sa passion.
Un moyen pour Elyn de retrouver sa confiance en elle, et un moyen pour Lee de garder la confiance qu’elle avait placée en lui, et de prendre du plaisir avec sa petite amie, même si ce ‘rencard’ n’avait pas grand chose de traditionnel…
Le jeune homme la fit tournoyer, la rattrapa, l’emmena flirter avec les étoiles, laissa son rire tinter la nuit et défier la voûte… Puis elle se colla contre lui, et Lee l’enveloppa de ses bras avec amour et tendresse. Il poussa un long soupir, sans cesser de bouger au rythme de leurs coeurs, posé, apaisé, à sa place…
La nuit était le moment parfait pour ce genre de moment… Les lumières de la ville apparaissaient comme des petites chandelles, et le ciel était un dôme protecteur, piqueté de millions de lucioles. L’environnement idéal…
Lee voulait que cette soirée soit inoubliable. Qu’Elyn la voit comme une page de leur histoire, une page importante. Leur première réconciliation en tant que couple, leur premier moment véritablement intime. La première fois où le jeune homme s’était senti entièrement lui-même, entièrement un.
Il y avait ce petit quelque chose de magie, et de mystère que Lee aimait tant… Ce petit quelque chose d’imaginaire qui faisait toute la différence. Parce qu’avec Elyn, il se sentait à la fois totalement dans la vraie vie, et totalement perdu dans un autre monde. Un monde qui n’appartiendrait qu’à eux, et où elle serait une princesse, et lui son prince. Ou son serviteur. Qu’importe, il serait sien.
Et lorsqu’ils regarda son amoureuse ce soir là, Lee ne fit que sourire, et lui répéter une fois encore combien il tenait à elle.
- Mademoiselle, je crois que vous êtes une bien vilaine princesse ! Vous venez de voler mon cœur…
Les gens auraient sans doute trouvé cela ringard, et Elyn serait elle-même peut-être de cet avis. Mais Lee s’en moquait. Il s’en était toujours moqué. Et plus encore depuis qu’il partageait sa vie si ennuyeuse avec quelqu’un. Sa vie qu’il avait presque jurée de vivre seule éternellement. Ce quelqu’un qu’il avait rejeté trop longtemps, par peur d’être distrait.
Et au fond, il comprenait pourquoi il avait tant tardé. Elyn lui faisait tourner la tête. Il aurait pu s’oublier lui-même si il n’avait pas été un minimum lucide. Car lorsqu’il se noyait dans ses yeux sombres, il voyait tout ce dont il avait toujours rêvé, tout ce qu’il avait jamais voulut.
Et il ne pouvait que sourire à cela. Sourire, encore et encore.
Will You Love Me Anymore ? (Elyn & Lee) - Complete
Résumé : Lee, qui se sent coupable de n'être pas allé voir Elyn plus tôt, la cherche partout. Il la trouve finalement dans sa chambre d'internat. Venu pour s'excuser, Lee trouve une Elyn dégoûtée d'elle même et de ses cicatrices, qui pense que jeune homme va la rejeter... Mais les choses se passent tout autrement, et c'est finalement Lee qui va rassurer l'étudiante, tenter de lui redonner la foi, de lui redonner confiance en elle, et faire que l'avenir des deux étudiants ressemblent plus à un conte de fée qu'à un voyage en enfer.
- Je suis désolée monsieur, mais nous n’avons aucune malade inscrite au nom d’Elyn Portley à ce jour.
Lee ne masqua pas sa surprise et il ne savait trop si il devait être déçu ou soulagé. Si Elyn n’était pas là, c’est qu’elle allait mieux, et cette idée le rassurait. Mais le fait qu’il soit arrivé trop tard pour la soutenir avait quelque chose de frustrant.
Le jeune homme se sentait coupable de n’avoir su aider Gab, et peut-être Aiden. Mais celle pour qui il ressentait la plus grande douleur de n’être pas venu sauver, c’était bien elle, son Elyn… Il l’avait chassée pour la protéger, pas pour qu’elle se retrouve à l’hôpital au bout du compte.
L’imaginer sur un lit aux draps immaculés, seule et meurtrie, termina de culpabiliser Lee… Lui qui ne s’était même pas déplacé pour la soutenir dans cette épreuve, alors qu’il était entièrement responsable de ses malheurs…
Mal à l’aise, l’étudiant remercia la jeune femme de l’accueil pour son aide et sortit aussi vite qu’il put de l’hôpital. Il lui fallait retrouver Elyn, le plus rapidement possible. Il fallait qu’il lui parle, qu’il s’assure de sa bonne santé, qu’il la serre contre lui, qu’il l’embrasse. Il fallait qu’il soit à ses côtés.
Pendant des jours il avait évité ce moment, songeant qu’il ne la méritait pas, et qu’elle serait bien mieux seule ou au bras de quelqu’un d’autre. Mais aujourd’hui, il avait envie de se racheter. Qu’elle lui donne une seconde chance.
Il se souvenait ces minutes intenses dans les ombres de la salle de dramaturgie, la peur de la jeune femme, et lui qui avait tout fait pour la calmer… Malgré l’horreur de cette journée, Lee considérait encore ces instants comme les plus beaux qu’il ai jamais vécu, les plus complets.
Il tourna à gauche et prit la rue du métro. Le voyage se fit sans encombre, malgré le stress de Lee. Lorsqu’il arrive devant la NYADA, il poussa un soupir. Il priait pour qu’elle soit là et qu’elle ne soit pas retournée chez elle.
L’étudiant entra prudemment dans l’internat et prit la direction de la chambre d’Elyn, sûr de lui. Lorsqu’il arriva devant la porte, il s’arrêta et prit une grande inspiration. Il fallait qu’il entre avant de perdre toute volonté et tout courage de voir la jeune femme.
Allez Lee, du courage. Elle va pas te bouffer ! Elle est peut-être même pas là…
Il ferma les yeux un moment, réajusta sa chemise - la première qu’il mettait depuis des jours - et passa une main dans ses cheveux, aujourd’hui coiffés. Puis il toqua et attendit qu’on vienne lui ouvrir… Ou non.
Le retour à l’internat n’avait pas été simple. Chaque mur lui rappelait de mauvais souvenirs, chaque bruit l’effrayait. Elyn était rentrée le matin même, son frère l’avait accompagnée, mais elle avait voulu rester seule afin de reprendre doucement ses marques.
Pour la première fois depuis qu’elle s’était réveillée, Elyn avait quitté ses hauts à manches longues et son pantalon de jogging informe pour s’habiller plus normalement. Ses bras étaient nus, et les bandages et les gros pansements avaient laissé la place à de plus petits et plus discrets. Ses plaies se refermaient doucement, sa peau cicatrisait à son rythme. Les coupures sur ses jambes et sur son ventre étaient moins profondes, et on l’avait autorisée à les laisser à l’air libre.
Elyn profitait enfin d’un peu de sérénité. Les murs de sa chambre d’internat la rassuraient, elle se sentait chez elle, même si elle était seule. Elle s’était installée doucement, et avait sorti son roman préféré. Lire lui permettait de partir dans un monde différent du sien, où tout serait différent, moins noir. Ce livre, Elyn avait du le lire des dizaines de fois et pourtant elle ne s’en lassait pas.
Les minutes passaient, et la jeune fille en oubliait tous ses soucis. Et quand des coups se firent entendre à sa porte, elle ne fit même pas attention à sa tenue qui se résumait à un haut sans manches et à un short qui ne couvrait que la moitié de ses cuisses, et donc de ses cicatrices. Les cheveux attachés dans un chignon sans aucune tenue, Elyn alla ouvrir la porte, encore ailleurs.
Voir Lee devant elle la ramena directement à la réalité. Elle avait ouvert la porte en grand. Il voyait tout. Tout ce qu’elle détestait lui sauta à la tête d’un seul coup, et elle eut envie de claquer la porte pour partir se cacher. Mais Elyn se contenta de regarder Lee fixement, sans bouger. Elle était mise à nue devant lui, celui qu’elle voulait le moins décevoir, celui qui n’aurait pas du voir ce qu’elle était devenue.
Elyn baissa les yeux. Le dégoût qu’elle avait d’elle même refaisait surface.
- Salut… Je ne pensais pas te voir ici.. Pas après ce qui s’est passé.
Elle était mal, elle se sentait observée. Comment pourrait-il encore l’aimer après avoir vu ça ? C’était une des premières choses qu’Elyn s’était dit, quand elle avait découvert ce qu’elle était devenue. Elle ne méritait pas qu’un homme comme lui s’intéresse à elle, pas quand elle ressemblait à ça. Elle esquissa un sourire qui sonna très certainement faux.
- Si tu veux partir je comprendrais. T’as pas besoin de te forcer.
Une part d’elle même voulait qu’il parte, alors que l’autre n’avait qu’une envie, se jeter dans les bras du jeune homme pour ne plus jamais s’en détacher. Et ces deux parties se battaient sans merci dans son esprit, la laissant immobile, les yeux baissés dans l’encadrement de la porte de sa chambre.
Lee avait peur. Peur qu’elle ne soit pas là, ou qu’elle n’ouvre pas. Il avait besoin de la voir. Besoin de voir qu’elle allait bien. Besoin de voir qu’elle ne lui en voulait pas… Il n’avait que trop attendu avant d’avoir la force d’aller la voir, et si elle était absente l’étudiant n’était pas certain de de retrouver suffisamment de courage pour la chercher.
Était-ce là une preuve qu’il ne l’aimait pas autant qu’il le croyait ? Lee doutait de tout ces derniers temps, mais pas de ça. Lorsqu’il était sorti de la salle de dramaturgie, il n’avait pensé à qu’à elle. Il partait la sauver. En tirant sur cet homme, il pensait à elle avant tout, au mal qu’il lui avait peut-être fait, ou qu’il lui ferait si il le laissait courir… A l’arrivée des policiers, Elyn avait une fois de plus été le centre de toute son attention. Et depuis une semaine… depuis une semaine il pensait à la jeune femme, sans cesse, et se maudissant d’être si minable avec elle.
Alors, lorsqu’elle ouvrit la porte à ce moment là, et qu’il la vit, toute entière face à lui, il eut envie de pleurer. Pleurer de soulagement, de joie, de douleur et de culpabilité.
Ce qu’il lisait dans les yeux de la petite brune était étrange, mais il mit cela sur le compte du choc. Il priait pour qu’elle ne referme pas la porte sur lui. En n’en fit rien, mais resta muette quelque minutes. Lee ne dit rien lui non plus, attendant qu’elle le repousse ou l’invite à entrer. Elle déciderait, et il obéirait, quel que serait son choix.
La réplique tomba rapidement, sans appel.
Je ne pensais pas de voir ici… Pas après ce qui s’est passé.
Elle lui en voulait. En lui en voulait de lui avoir demandé de partir, de l’avoir abandonnée… Tout était fini. Elle ne voudrait plus de lui, et c’était bien normal. Il était impardonnable. Lee sentit les larmes monter un peu plus, et la tête lui tourna. Il ne savait que dire, que faire. Elyn était là, face à lui, et il ne voyait que son beau visage triste, qu’il eut soudain envie de parsemer de baisers d’excuses…
Puis, la petite brune poursuivit, plus incertaine, et une étrange vibration dans la voix.
Partir ? Se forcer ? Se forcer à quoi ? Lee fronça les sourcils et observa la jeune femme fixement de haut en bas. Sur le moment, il la trouva belle. Comme toujours. Puis seulement lorsqu’il s’attarda sur ses bras et ses jambes, il les vit… des pansements, de longues marques roses… Elles couraient par dizaines sur le corps poupin d’Elyn, flagrantes, horribles…
Trop occupé à s’inquiéter pour lui et pour le sort que lui réservait la jeune femme, Lee n’avait même pas prêté attention à elle, à ce qu’elle pouvait ressentir, à ce qu’elle avait subit. Il savait avant de venir qu’elle avait été attaqué par un fou au couteau. Mais c’était comme si son cerveau avait supprimé l’information au moment où il l’avait vue.
Prenant soudain pleinement conscience de sa culpabilité devant ces cicatrices, l’étudiant eut la nausée. Il se sentit blêmir et dû poser une main sur son front et fermer les yeux pour se sentir un peu mieux.
Il l’avait laissée se faire arracher la peau par un cinglé… Il l’avait laissée souffrir dans un couloir, alors qu’elle se vidait de son sang… Et il n’avait même pas prit la peine d’aller la voir après tout ça, pas même un message, un petit mot. Rien. RIEN !
Fou de honte et de douleur, Lee se laissa complètement aller à ses sentiments. Sans réflechir, il se jeta sur Elyn et l’attira à lui avec force, tout en prenant garde à ne pas la blesser. Il la serra contre lui sans rien dire pendant de longues minutes, les larmes inondant ses yeux pour la énième fois cette semaine. Peu à peu, il se calma. Le nez dans les cheveux de la petite brune, il se sentit apaisé, à l’aise, à sa place.
Enfin, il s’éloigna d’Elyn et saisit son visage entre ses mains pour venir déposer un baiser tendre et salé sur ses lèvres entrouvertes. Il mit tout son amour dans ce baiser, sa passion, sa souffrance. Il lui suppliait de le pardonner, et il espérait tellement qu’elle l’accepte encore…
Il rompit le baiser et reprit sa respiration tant bien que mal. Le visage d’Elyn toujours entre ses mains, il plongea ses yeux humides dans les prunelles chocolat de la demoiselle, et posa son front contre le sien.
- Je suis désolé, tellement, tellement…
Pardonne moi. Pardonne moi. Pardonne moi.
- Je ne vais nulle part, Elyn. Je ne te laisse plus toute seule. Plus jamais… Je suis désolé.
Il ne cessait de s’excuser, mais le faire était un besoin vital à cet instant Il l’aimait, et la perdre à cause de sa lâcheté aurait été fatal pour le jeune homme. Dans un dernier espoir de la garder auprès de lui, il dit la première chose qui lui passa par la tête en lui caressant la joue avec son pouce.
- Tu es si belle…
Il n’avait jamais été plus sincère, et c’était déstabilisant. Lee sentit la tête lui tourner de nouveau, mais cette fois, c’était positif. L’amour, sans doute.
Un petit sourire éclaira son visage.
En voyant la réaction de Lee face à ses paroles, Elyn comprit qu’il n’avait rien remarqué des marques qui couraient sur son corps. Et le sentir la détailler pendant plusieurs secondes, le voir réagir à cette vue lui donna envie de s’enfermer à double tour dans sa chambre, de se cacher sous son lit. Elle le dégoûtait, tout le lui prouvait, et ses peurs ne faisaient que s’intensifier à mesure que les secondes s’écoulaient. Elle se dit alors que Cyrius avait eu tort, et que Lee ne l’aimait peut-être pas si fort qu’il avait bien voulu le lui faire croire. Sans qu’elle ne s’en rende compte, les larmes commencèrent à couler sur ses joues un peu trop blanches.
Elyn pleura plus fort lorsque Lee la prit dans ses bras, comme si cela lui était vital. Elle ne comprenait pas ce qui se passait dans la tête du jeune homme, pourtant elle se sentait revivre entre ses bras. La petite brune arrêta de se poser tant de questions et se plongea dans le baiser que son amoureux lui offrait, y répondant sans retenue, y laissant paraître tout son désaroi, toute sa tristesse, toutes ses peurs. Contre ses lèvres elle se sentait enfin à sa place.
Je ne te laisse plus toute seule. Plus jamais.
Ces mots étaient tout ce qu’elle avait besoin d’entendre pour se sentir en sécurité. Il la protégerait, comme il l’avait déjà si bien fait. Elyn ne comprenait pas pourquoi il était désolé, il n’y avait aucune raison. Elle passa les mains dans les cheveux du jeune homme, s’assurant par ce geste qu’il était bien réel, qu’il était bien à ses côtés.
- Pourquoi tu es désolé ? C’est pas ta faute tout ça.. Tu n’es pas responsable, tu n’aurais rien pu faire.
Les rôles s’échangeaient, Elyn devenait celle qui rassurait, et Lee celui qui avait besoin de l’être. Jamais elle ne pourrait lui en vouloir de ce qui lui était arrivé, elle le remerciait même de ne pas être arrivé à temps. Le voir blessé par sa faute aurait été la pire des choses.
Mais l’entendre dire qu’elle était belle sonnait à ses oreilles comme un mensonge. Pourtant, les yeux du jeune homme dégageaient tant de sincérité que c’en était presque incroyable. Elyn ne parvenait pas à le croire, tout simplement parce qu’elle savait qu’elle ne serait plus jamais aussi belle qu’elle l’avait été. Son corps n’était plus le même. Elle baissa les yeux et soupira.
- Je ne suis pas belle Lee. Je ne le serait plus. Elle désigna son corps d’un geste de la main puis plongea son regard dans les yeux bleus de Lee. Tu ne peux pas me trouver belle, plus maintenant.
Et aussi vite que ses larmes s’étaient arrêté de couler, elles recommencèrent, traçant un sillon invisible sur son visage. Sans réfléchir, elle plongea la tête dans le creux de l’épaule de Lee, s’accrochant à lui pour ne pas sombrer. Elyn laissa aller ses pleurs, incapable de les retenir. Elle n’arrivait pas à faire bonne figure. Comment pourrait-il encore vouloir d’elle ?
- Je suis désolée d’être devenue comme ça. Tellement. Ne me laisse pas…
Serrer ses doigts sur le tissu du t-shirt de Lee semblait être sa seule accroche à la réalité. Lee était son pilier, sa bouée de sauvetage. Et même si ces derniers jours sans lui ne lui avaient pas paru si horrible, il était à présent clair qu’Elyn ne parviendrait pas à s’en sortir sans lui.
Lee n’avait pas la réputation de céder les choses facilement. Et entendre Elyn, en pleurs dans ses bras, lui dire qu’il n’aurait rien pu faire, le remplissait plus encore de culpabilité. Évidemment qu’il aurait pu faire quelque chose ! Il aurait pu tuer la bonne personne. Cette idée lui arracha un frisson d’horreur, et il serra un peu plus fort la petite brune contre lui, pour la rassurer elle, et pour qu’elle ne sente pas ses tremblements.
Il n’avait plus le droit de flancher, pas maintenant qu’il l’avait retrouvée, saine et sauve, et qu’elle s’effondrait dans ses bras. Il s’était déjà trop laissé aller cette semaine, avec Gabriel, avec Isabelle, et avec Cyrius. Elyn méritait qu’il soit fort, et présent. Elle méritait toute son attention, et, à l’entendre se dénigrer avec tant de conviction, elle méritait surtout tout son amour.
Et Lee était près à lui donner beaucoup plus que ça. A cet instant, à la voir si fragile, si touchée, si mal en point moralement, il aurait pu faire n’importe quoi. Ses larmes sur son beau visage étaient comme de l’acide sur son coeur, et il aurait voulut qu’elles disparaissent pour laisser place à un sourire radieux, comme elle savait si bien lui offrir.
Alors, lorsqu’Elyn jura qu’elle ne serait plus jamais belle, et que Lee ne pouvait pas la trouver belle, il ne pu qu’aller à l’encontre d’un tel discours. Elle cacha son visage dans son cou et le jeune homme lui caressa les cheveux d’une main, la maintenant contre lui de l’autre. Puis, d’une voix douce et posée destinée à l’apaiser, il laissa parler son coeur.
- Elyn, je suis désolé de te contredire, mais je te trouve belle. Je t’ai toujours trouvée belle. Tu es un rayon de soleil, une étoile, un feu d’artifice… Tu rayonnes tellement, et je refuse de t’entendre dire des choses telles que tu n’es pas belle…
Il la repoussa doucement et glissa une main derrière sa nuque, maintenant son visage près du sien, avant de plonger ses yeux dans ceux de sa belle. Un sourire sincère illumina son visage, et il reprit la parole avec patience.
- J’ai mit du temps à comprendre ce que je ressentais pour toi… C’était tellement soudain, tellement fort… ça m’a fait peur. J’ai cru que je n’arriverais jamais à survivre à cela, que tu ne voudrais pas de moi… Mais tu m’as accepté, … je crois que tu m’aimes, et je n’ai aucune intention de te laisser. Je te l’ai dit, jamais.
Lee marqua une pause et la lâcha totalement. Il fit glissa ses doigts le long des bras nus parsemés de pansements de la jeune femme, et continua à sourire, sans la quitter des yeux, avant de finalement venir prendre ses mains dans les siennes et les mener à ses lèvres pour y déposer un baiser chaste.
- La femme que j’aime et que je trouve belle a un sourire à tomber. La femme que je trouve belle est une merveilleuse danseuse. La femme que je trouve belle a les yeux qui pétillent de malice et de joie. La femme que j’aime est vivante, et c’est tout ce que je demandais.
Doucement, il se pencha et effleura ses joues de ses lèvres comme pour chasser ses larmes qu’il détestait tant. Dans un souffle, il la supplia.
- Je t’en prie, Elyn, arrête de pleurer…
Il en souffrait tellement… Comment lui faire comprendre combien il l’aimait ? Combien il se foutait de ses cicatrices ? Tout ce qu’elles lui faisaient ressentir, c’était de la culpabilité.
Lee n’avait pas envie qu’elle pense ne pas le mériter. Il n’avait pas envie qu’elle se sente non désirable, non séduisante, bonne à jeter. Et au fond, ce qu’il demandait était un peu égoïste… Il voulait simplement qu’elle accepte que lui la trouve belle, que cela lui suffise à elle se sentir belle.
Le jeune homme se pencha vers elle et la saisit sous les genoux avant de la soulever sans difficulté. Elle s’accrocha à lui, et la chaleur de son petit corps contre le sien le combla de bonheur. Il aurait eut envie de fermer les yeux et s’endormir là, contre elle, en la berçant contre son coeur. Mais il devait d’abord régler cette affaire de cicatrices, et se racheter auprès de sa belle.
Lentement, il alla s’asseoir sur le lit d’Elyn et la cala sur ses genoux en la soutenant derrière le dos, afin de l’avoir au plus près de lui. Il ne l’avait pas quittée des yeux une seconde, et il ne comptait pas le faire de si tôt. Lee voulait qu’elle se noie dans ses yeux, qu’elle ne pense qu’à lui, qu’elle ne voit que lui… pendant qu’il bravait l’interdit.
En effet, il avait lentement laissé dériver sa main libre vers le ventre de la jeune femme. Doucement, il lui murmura son souhait :
- Ferme les yeux.
Elle obéit et il souffla sur ses paupières encore humides de larmes, alors que sa main venait de passer sous le T-shirt d’Elyn, jusqu’à son nombril. Il glissa sa main sur les cicatrices laissées à l’air libre, du bout des doigts, tout en continuant à la serrer fort contre lui et à souffle sur ses yeux clos.
Il voulait qu’elle comprenne qu’il n’avait pas peur, qu’il n’était pas dégouté, et qu’il l’aimait toujours autant, même si sa peau avait été touchée par un fou. Même si elle avait l’impression d’être laide, insupportable à regarder, lui l’aimait, qu’importe que sa peau soit douce et satinée ou couverte de traces blanches indésirables.
En suivant les plaies de sa belle sur son ventre, Lee se rendit compte que certaines formaient des dessins. Il sourit, surpris et heureux, et glissa son index sur l’une d’elle qui, avec de l’imagination, pouvait ressembler à un coeur. Sous sourire s’agrandit et il s’approcha de la jeune femme pour lui embrasser la tempe. Elle ouvrit les yeux et il plongea les siens dans ses prunelles sombres.
- Je t’aime. Qu’importe tout ça… A mes yeux, tu es belle lorsque tu souris. Alors je t’en prie Elyn, souris moi…
Jamais Elyn n’aurait pensé pouvoir trouver quelqu’un comme Lee. Il était tout ce qu’elle n’avait jamais osé espérer. Quand il la serrait contre lui, quand il lui disait l’aimer, quand il la rassurait.. Tous ces moments là faisaient qu’elle se sentait enfin bien. Il était là pour elle, et malgré tous ses défauts, il ne la repoussait pas. Au contraire, il se rapprochait, l’aimait plus fort, le lui montrait encore plus.
Jamais Elyn n’avait ressenti ça pour quiconque. Elle se disait que cela devrait lui faire peur, mais ce n’était pas le cas. Peut-être qu’ils s’aimaient un peu trop fort, un peu trop vite, mais ils s’aimaient, et c’était tout ce qui comptait à ses yeux.
Pendant de longues secondes, la jeune fille se contenta d’écouter les paroles de Lee, de profiter de cette sensation qui lui enserrait le coeur et qui lui faisait tellement de bien. Et ces longues secondes lui paraissaient au final tellement courtes, qu’elle aurait aimé que ça dure toujours. Ces mots ne faisaient pas qu’arriver à ses oreilles, ils semblaient se diriger tout droit vers son coeur et y pénétraient sans demander la permission. Ces mots lui faisaient tellement de bien qu’Elyn aurait pu lui demander de continuer pendant des heures. Jamais elle ne se lasserait de la voix de Lee, de son ton calme, rassurant et aimant.
Il l’aimait, comme elle était, avec ses défauts, avec ses qualités. Il était là pour elle, il ne la quittait pas. Elyn commençait seulement à le comprendre, et à le croire. Mais au fond d’elle, quelque chose lui disait qu’elle ne pouvait pas être aimée, qu’elle ne le pouvait plus. Et la voix de Lee chassait ces quelques restes de peur, doucement, comme pour leur demander de partir sans les brusquer.
Quand il lui demanda d’arrêter de pleurer, Elyn se rendit compte qu’elle n’avait jamais arrêté. Les larmes continuaient de rouler sur ses joues, mais ce n’était plus de tristesse ou de dégoût. Ces larmes étaient celles causées par de trop belles paroles, elles n’étaient plus cassantes, elles aidaient Elyn à se reconstituer calmement. Pourtant, Elyn fit tout son possible pour les stopper, parce qu’elle devait au moins cela à Lee.
Dans les bras du jeune homme, Elyn ne se rendit pas tout de suite compte qu’ils étaient sur son lit, et qu’elle était blottie contre lui depuis un moment, la tête plongée dans son cou, respirant son parfum à pleins poumons.
Elyn ferma les yeux sous la demande du jeune homme. Mais lorsqu’elle sentit ses mains douces venir caresser son ventre, elle voulut les repousser, s’enfuir à toutes jambes pour qu’il ne puisse pas sentir ce que son corps était devenu. La danseuse eut un mouvement de recul presque instinctif.
- Non…
Mais Lee continua, et sa douceur eut raison de la dernière once de refus d’Elyn. Elle le laissa parcourir son ventre, retracer ces marques qu’elle haïssait tant avec une telle douceur qu’elle ne put qu’apprécier ses caresses. Elle ne se sentait plus repoussante, mais aimée, chérie comme jamais. Lee avait cette capacité à la faire changer du tout au tout grâce à seulement quelques mots, quelques gestes. Il était la seule thérapie dont elle aurait pu avoir besoin. A ce moment là, tous les traitements semblaient inefficaces, factices à côté de tout le bien que le jeune homme pouvait lui faire.
Une dernière larme s’échappa des yeux fermés d’Elyn alors que le brun traçait quelque chose qui ressemblait fortement à un coeur sur son ventre. Il acceptait tout, même le plus sombre en elle. Jamais elle ne pourrait assez le remercier pour cela. Elyn se contenterait de l’aimer, de tout faire pour qu’il soit aussi bien avec elle qu’elle l’était avec lui.
Lee posa un baiser sur sa tempe, et Elyn ouvrit doucement les yeux, posant son regard sur le visage souriant du jeune homme. Elle ne put que lui sourire en retour, timidement, lorsqu’il lui demanda de le faire.
Toujours posée sur ses genoux, fermement serrée contre son corps, Elyn leva une main et vint doucement caresser le visage de Lee qui ferma doucement les yeux à son tour. Elle commença par ses joues qu’elle caressa tendrement de ses pouces, puis elle retraça son nez du bout de l’index, souriant doucement. Ses doigts passèrent calmement sur le front du jeune homme et elle balaya les quelques mèches de cheveux qui y tombaient. Enfin, Elyn s’attarda sur sa bouche qu’elle effleura tendrement, souriant plus franchement à mesure que les lèvres du jeune homme s’étiraient.
- C’est toi mon sourire. Et je me fiche que ce soit rapide, que ce soit tellement fort qu’un jour ça puisse nous faire mal. Ca va être difficile, mais je sais que tu seras là pour m’aimer pour deux, même si je ne m’aime plus. Je refuse de te perdre à cause d’un malade, et je me battrai pour réussir un jour à te rendre aussi heureux que tu le fais pour moi.
Ils étaient tellement proches qu’Elyn murmurait ces mots presque contre la bouche de celui qu’elle aimait. Ses paroles étaient si sincères qu’elle en étaient déroutantes. Tout leur échange, depuis que Lee était venu toquer à sa porte, n’était que vérité. Ils se livraient l’un à l’autre sans se cacher, sans se mentir.
- Je ferais tout ce qui est possible pour t’aimer aussi fort que tu m’aimes. Parce que je t’aime Lee, et rien ne pourrait changer ça.
Sa voix était à peine audible, comme un secret murmuré pour que jamais personne ne puisse l’entendre, comme une promesse qui pourrait être brisée au moindre haussement de voix. Et pour sceller cette promesse, la jeune fille embrassa Lee doucement, tendrement, amoureusement.
Lee sentit la petite brune remuer un peu sous ses caresses, tentant vainement de s’y soustraire. Il comprenait sa peur, et ses mains ne s’en firent que plus entreprenantes. Finalement Elyn se détendit, et il lui sourit, heureux qu’elle se laisse aller contre lui, qu’elle le laisse explorer son corps meurtri et le guérir de tout son amour.
Elle ouvrit les yeux lorsqu’il lui embrassa la tempe, et le jeune homme sourit. Il plongea ses yeux dans les siens et savoura quelques instants plus tard ses mains satinées sur ses joues. Ses paupières tombèrent et Lee savoura le plaisir des doigts d’Elyn sur son front, dans ses cheveux, sur ses lèvres… Il aimait cette sensation de bien-être et de sécurité. Ainsi, le monde lui paraissait simple, et il aurait pu rester une éternité avec la jeune femme sans s’ennuyer.
Ces petits gestes qu’ils s’offraient pouvaient paraître vraiment bêtes, inutiles, ou vieux-jeu. Mais pour quelqu’un comme Lee qui n’avait jamais connu le véritable amour d’une mère, ni même d’une femme, ces petites attentions étaient magiques. Elles lui redonnaient espoir, envie d’avancer, envie d’aimer. Elyn était son soleil, sa boussole…
Lorsqu’elle osa enfin lui avouer ce qu’elle portait dans son coeur, celui de Lee rata un battement.
« C’est toi mon sourire. »
Elle ne se rendait pas compte à quel point ces simples mots le rendaient euphoriques. Il eut envie de se jeter sur elle pour l’embrasser, mais elle poursuivit, et il se contenta de la sagement la couver sur regard, un sourire de vénération sur le visage.
Elyn voulait le rendre heureux, se battre pour lui. Le jeune homme ne s’était jamais senti si complet, si vivant, si… important. Quelqu’un tenait à lui au point de vouloir le rendre heureux. Quelqu’un qui était plus qu’un frère ou un ami. Quelqu’un avec qui, à cet instant, Lee avait envie de passer sa vie entière.
Il passa le dos de sa main sur la joue d’Elyn et leurs souffles se mêlèrent. Ils étaient si proches qu’il aurait suffit d’un coup de vent pour que leurs visages se rapprochent et que leurs lèvres se touchent.
- Je suis déjà heureux…
Lee était sincère, et il n’avait pas envie que la jeune femme s’inquiète de le rendre heureux. Sa simple présente remplissait son coeur de bonheur, et son âme semblait reconnaître celle d’Elyn lorsqu’elle en était proche. Dans sa folie, Lee était un homme de contes, rêveur, et plein de croyances étranges… Il avait toujours en l’âme sœur, sans vraiment avoir la conviction de la trouver un jour. Mais Elyn était celle qu’il cherchait… Il en était certain. En vérité, il n’avait jamais été aussi sûr de quelque chose au cours de son existence.
Ce que lui avoua la demoiselle ne fit que confirmer ce qu’il pensait déjà, et il lui adressa un sourire amoureux. Elle l’aimait. Pas aussi fort que lui selon elle, mais Elyn l’aimait. Elle lui prouva en déposant un tendre et vrai baiser sur ses lèvres, et le jeune homme y répondit avec entrain, passion, et impatience.
Se décrocher d’elle fut une torture, mais il avait besoin de respirer, et de calmer ses ardeurs, de peur de la brusquer. Lee serra Elyn contre lui et cala sa tête dans son cou pendant qu’il la berçait en fredonnant doucement le début d’une chanson qu’il aimait, et qui lui faisait à la jeune femme.
- Oh, Petit Oiseau… Tu ne sais pas combien je t’aime, mais je suis sûr que tu m’aimes autant…
Il arrêta de chanter pour laisser le silence s’installer un moment dans la pièce. Pour une fois, il n’avait rien de pesant, et Lee ferma les yeux pour écouter le coeur d’Elyn battre, écouter sa lente respiration, respirer l’odeur de sa peau, de ses cheveux, ressentir la chaleur de son corps…
Il aurait pu s’endormir là, tout contre elle… Mais un bruit dans le couloir vint briser leur moment parfait. Lee ouvrit brusquement les yeux, comme sortant d’un rêve, et fronça les sourcils. Inquiet, il voulut aller voir ce qui se passait dehors. A contrecœur, il déposa Elyn sur son lit avec précaution, et plongea ses yeux dans les siens.
- Je reviens dans une seconde.
Il s’apprêtait à s’éloigner lorsque le regard implorant de la jeune femme le fit se stopper net. Ses yeux lui priaient de rester, il se sentit immédiatement coupable d’avoir voulut l’abandonner. Horrifié, complètement paniqué qu’elle ne se remettre à pleurer, ou pire, Lee se glissa sur le lit et vint l’embrasser en guise d’excuse.
Ce fut rapide, et il caressa ses cheveux pour la rassurer alors que ses yeux océan se noyaient dans les abysses de ceux de la brune
- Pardon… Je reste, Elyn. Je ne pars pas. Je ne vais nulle part.
Il se cala contre le mur de son lit, à côté d’elle, et attira sa tête pour qu’elle repose sur son épaule pendant qu’il cherchait sa main pour jouer avec ses petits doigts clairs. Il songea alors à la fusillade et eut un sourire. Cette position était la même que celle qu’ils avaient choisie d’adopter lorsqu’ils s’étaient blottis l’un contre l’autre dans la salle de dramaturgie, alors que tout autour d’eux partait en lambeaux.
Lee l’y avait embrassée pour la première fois. Lui avait avoué ses sentiments. Entre temps, il faillit la perdre des milliers de fois, et cette idée lui arracha un frisson.
Il se retourna vers Elyn et glissa un doigts dans ses cheveux pour replacer une mèche derrière son oreille avant d’embrasser son front, son nez, et effleurer la commissure de ses lèvres entrouvertes. Il se fit alors plus passionné et poussa son baiser plus loin, faisant danser sa langue avec celle d’Elyn alors qu’il entremêlait leurs doigts pour la sentir au plus près de lui.
Pendant tout le temps que dura cette union, il eut l’impression de basculer dans le vide, un vide infini, et tellement plaisant… Alors, lorsqu’il recula un peu pour reprendre son souffle, la chute fut violente. Il grimaça mais réussit à reformer un sourire lorsque ses yeux trouvèrent ceux de la jeune femme, pétillants comme des feux d’artifices. Il se racla la gorge et posa son front contre celui de sa belle.
- Je t’aime moi aussi, Elyn. Et je veux que ça marche entre nous, que ça marche vraiment… Je… c’est la première fois que j’ai ce genre de… relations, et j’ai peur de ne pas être très doué pour ça. Pardonne moi d’avance pour toutes les erreurs que je risque de faire… Si je ne suis pas à la hauteur… S’il te plait, n’oublie jamais le plus important, c’est qu’on s’aime.
Il agrémenta son argument en embrassant leurs mains soudées, et se remit doucement à fredonner la chanson qu’il avait commencée un peu plus tôt.
Dans sa vie, Elyn n’avait jamais été vraiment sûre de grand chose. Elle vivait à cent pourcents sans vraiment se poser de questions. Cependant, elle n’était que rarement certaine de ce qu’elle faisait. Pourtant, quand Lee la tenait dans ses bras en lui disant être déjà heureux, Elyn avait la certitude de l’être également. Parce qu’il était là, à ses côtés, et qu’il ne partait pas. Il se contentait de la serrer dans ses bras sans la juger, sans poser de questions aux quelles elle n’aurait pas voulu répondre. Les seules choses qui étaient dites l’étaient dans le but d’améliorer les choses et qu’ils se sentent tous les deux mieux.
Pour Elyn, cela fonctionnait. Elle se sentait revivre entre les bras du jeune homme, aimée comme elle ne l’avait jamais été en dehors de sa famille. Avec Lee, tout semblait naturel. Elle n’avait pas besoin de se cacher, il l’acceptait comme elle était, avec ses qualités, mais aussi avec ses défauts. Leur seule dispute avait été oubliée si facilement, bien qu’Elyn s’en soit voulue d’avoir réagi de cette façon…
Se séparer des lèvres du jeune homme était comme dire au revoir à un petit bout de bonheur. L’embrasser avec un goût de liberté, de bien être, d’oubli. C’était plaisant, c’était naturel. Mais quand il commença à fredonner doucement, Elyn se dit que Lee avait cette capacité à la faire se sentir bien grâce à de toutes petites choses, et elle comprit qu’avec lui, tout serait plus simple désormais.
Les surnoms que lui donnait Lee n’avait rien de surfait, et ils donnaient à Elyn l’envie de sourire et de l’embrasser encore. Ne sachant quoi répondre à ses paroles, la brune frotta son nez contre celui du jeune homme, le faisant doucement rire.
Un bruit vint couper le silence paisible qui s’était installé. Lee se sépara d’elle et commença à s’éloigner. Et tout d’un coup, tout revint dans l’esprit d’Elyn. La dernière fois qu’il s’était éloigné, ils avaient tous les deux failli y rester. La jeune danseuse lança un regard paniqué à Lee. Elle ne voulait pas qu’il s’éloigne, qu’il la laisse, même si ils ne risquaient plus rien. Cette situation avait un tel goût de déjà vu qu’Elyn en eut l’estomac retourné.
Lee n’eut aucun mal à comprendre ce qui se tramait dans l’esprit de la jeune femme, et il revint vers elle sans poser de question. Il l’embrassa doucement, s’excusa et la rassura.
- Ne t’éloigne plus, s’il te plaît.. Ca me rappelle trop de mauvais souvenirs.
Sa voix tremblait, elle avait tellement peur de le perdre réellement. Mais il resta, et l’embrassa d’une façon tout à fait différente des autres fois. Elyn se perdit dans ce baiser, laissant son corps faire exactement ce qu’il souhaitait alors que leur étreinte se faisait plus pressante. Leurs doigts, leurs langues s’entremêlèrent avec passion et Elyn en oublia presque qui elle était et ce pourquoi ils en étaient arrivés là.
Ils se séparèrent à bout de souffle, et Elyn sut directement que ses yeux brillaient d’un nouvel éclat. Il était resté, il ne l’avait pas laissée là, seule. A ce moment là, elle comprit qu’elle lui vouait une confiance aveugle.
Les mots du jeune homme ne purent que la faire sourire tendrement. Le voir lui avouer tout cela la faisait se sentir tellement importante aux yeux du jeune homme. Elle passa ses mains dans ses cheveux bruns, les caressant doucement comme pour le rassurer.
- Tu seras à la hauteur. Tu l’es déjà tellement. Tu ne pourras pas me décevoir, tout ce que tu fais me fait me sentir bien. Arrête de douter de toi, et si tu le fais, rappelle toi que je t’aime, toi, pour ce que tu es. Pas pour l’homme parfait que tu voudrais être pour moi. On fait tous des erreurs, on en fera tous les deux, mais ça ne sera pas un problème. Reste comme tu es et je serais la plus heureuse.
Lee recommença à fredonner, mais Elyn ne pouvait pas profiter réellement de sa voix qu’elle aimait tant. La seule fois où il avait chanté pour elle, la brune s’était enfuie en ayant peur d’avouer ce qui se passait réellement dans son esprit. Mais cette fois, elle voulait entendre la voix du brun chanter, pour elle seule sans lui demander quoi que ce soit, juste parce qu’ils en avaient tous les deux envie.
- Tu peux chanter pour moi ?
Appuyée tout contre son corps, leurs doigts jouant gentiment ensemble, Elyn le regarda dans les yeux. Elle plongea instantanément dans un océan pur, d’un bleu qu’elle ne pourrait jamais se lasser de regarder. C’était lui, elle n’en avait plus aucun doute.
Lee était impressionné par ce don qu’avait Elyn de briser toutes les barrières de son esprit. Avec elle, ses craintes s’envolaient, et ne restait que l’instant. Évidemment, il se doutait bien que le quotidien ne serait pas toujours simple. Mais avec la jeune femme à ses côté, il avait le mérite de paraître moins effrayant maintenant, moi insurmontable.
Il sourit lorsqu’elle lui assura qu’il serait à la hauteur, et la serra un peu plus fort contre lui en soupirant d’aise. Il ne parvenait pas encore à se rendre compte qu’elle était réellement là, tout contre lui, et entière. Il avait faillit la perdre plusieurs fois déjà, mais il ne la laisserait plus filer.
Elle lui apparaissait comme un petit soleil, et Lee vivait ce moment pour faire sourire sa belle. La voir heureuse, et épanoui. Il oubliait alors tout de ses problèmes, de ses souffrances. Même Adam, très présent dans son esprit ses derniers jours, s’était terré dans un coin et leur laissait un peu d’intimité.
Cette intimité qu’Elyn semblait apprécier tout autant que son compagnon, puisqu’elle demanda à Lee de chanter pour elle. Le sourire que le jeune homme vit sur ses lèvres l’emplit de joie, et il poussa un soupir de soulagement. Il avait retrouvé son rayon de Lune, sa fillette toujours joyeuse, croquant la vie à pleine dent.
Il n’en était pas encore à se dire que tout cela n’était que de son fait, mais puisqu’elle désirait qu’il chante pour elle, alors il le ferait sans hésité. Il suffisait juste de la regarder, se noyer dans ses yeux, et mettre quelques mots sur cette mélodie qu’il fredonnait en la berçant.
Il commença doucement, détachant chaque mot, et saisissant la chanson comme pour raconter une histoire.
Do you ever feel like a plastic bag, Drifting through the wind Wanting to start again ? Do you ever feel, feel so paper thin Like a house of cards, Do you ever feel like a plastic bag, One blow from caving in ?
Il lui posait ces questions à elle, Elyn, et c’était comme il était l’auteur de cette chanson… comme ces mots étaient de lui à elle… Et pour cela, c’était simple, naturel, et sincère.
Lee choisi de garder les yeux ouverts pour s’exprimer. Il entreprit d’envelopper sa belle de son regard et de ne jamais la laisser s’échapper. Parce qu’il avait besoin qu’elle entende, qu’elle écoute, mais surtout qu’elle comprenne ce qu’il s’apprêtait à lui dire.
Lentement, sans lui laisser le choix, il la fit prisonnière de ses prunelles océan, et commença à véritablement vivre la chanson, et l’interpréter pour Elyn.
Do you ever feel Already buried deep Six feet under Screams but no one seems to hear a thing ? Do you know that there’s Still a chance for you ? Cause there’s a spark in you
Lee pensait chacun de ses mots, chacun de ses regards qu’il lançait à la jeune femme alors qu’il continuait à chanter lentement, sans rien d’autre que son cœur et son âme… Il voyait tellement de beauté en elle, tellement d’extraordinaire. Et il espérait qu’en lui disant ce soir, elle arriverait peut-être à se voir comme quelqu’un de spécial, comme quelqu’un de grand.
You just gotta Ignite the light And let it shine Just own the night Like the Fourth of July Cause baby, you’re a firework Come on show ‘em what you’re worth Make ‘em go, “Aah, aah, aah” As you shoot across the sky Baby, you’re a firework Come on let your colors burst Make ‘em go, “Aah, aah, aah” You’re gonna leave them all in awe.
Il voulait qu’elle s’ouvre au monde, qu’elle brille, mais pas uniquement pour lui. Surtout pour elle. Ce qu’il avait vu ce soir lorsqu’elle avait ouvert la porte, c’était de la honte, du dégoût d’elle-même.
Elle pensait de pas mériter Lee, et le jeune homme avait alors compris que sa mission la plus importante serait de lui faire prendre confiance en elle, lui faire combien elle est unique, et belle, et forte et… Elyn.
You don’t have to feel Like a wasted space You’re original Cannot be replaced If you only knew What the future holds After a hurricane Comes a rainbow
Lee la fixait avec amour et chaque mot était motivé par cette envie de la voir sourire, de la voir s’ouvrir, de la voir exploser dans le ciel comme un feu d’artifice, comme un arc-en-ciel, comme le soleil…
Maybe a reason why All the doors were closed So you could open one That leads you to the perfect road Like a lightning bolt Your heart will glow And when it’s time you’ll know
Lui savait déjà. C’était elle… Il ne lui restait-il plus qu’à la regarder et savourer son sourire. Elle devait comprendre que sa chanson n’était pas uniquement un choix hasardeux pour lui faire plaisir. Lee avait choisi ces paroles pour leur sens.
Et ce soir, blottit dans les bras de son amoureuse meurtrie, elles ne pouvaient pas avoir plus de sens.
Lee voyait toute l’étendue de son talent, sa générosité, son envie de vivre, de se battre. Mais la fusillade avait tout détruit, tout emporté. Comme un ouragan. Il ne restait plus rien, que ces cicatrices qu’elle détestait tant…
Mais si le jeune homme chantait ce soir, c’était aussi pour lui montrer que contrairement à ce qu’elle pouvait croire, il demeurait beaucoup de choses… Son amour, sa fierté pour… Elyn n’avait rien perdu de ses pas de danse qui le faisait rêver. Elle souriait toujours. Son courage. Sa spontanéité. Sa grandeur d’âme… Tant de choses qu’il n’était pas le seul à aimer. Tant de choses qui faisaient d’elle quelqu’un de magique, d’explosif, de coloré.
Cause baby, you’re a firework Come on show ‘em what you’re worth Make ‘em go, “Aah, aah, aah” As you shoot across the sky Baby, you’re a firework Come on let your colors burst Make ‘em go, “Aah, aah, aah” You’re gonna leave them all in awe
Lee rapprocha son visage de celui de la jeune femme et posa son front contre le sien avant de faire silence un moment. Il écouta son cœur battre à l’unisson de celui d’Elyn, et il posa leurs mains mêlées sur la poitrine de la jeune femme.
Boom, boom, boom Even brighter than the moon It’s always been inside of you And now it’s time to let it through
Lee cessa de chanter et plongea ses yeux dans ceux d’Elyn.
- Crois en toi, Elyn. Crois en toi autant que tu crois en moi.
Il hésita un instant et souffla son dernier argument.
- Autant que tu crois en nous.
Lorsque Lee avait commencé à chanter, Elyn avait oublié tout ce qui se tramait auparavant dans son esprit. Il la rendait vivante, heureuse. Avec lui, Elyn était elle même sans avoir besoin d’en faire trop, comme depuis le premier jour où elle l’avait aidé à monter ses affaires. Elle n’avait pas besoin de jouer, elle pouvait tout lui dire, et il comprenait. Jamais il ne l’avait jugée.
Elyn profitait de chaque mot et de chaque regard. Elle était bien, blottie dans ses bras, un sourire aux lèvres. Il avait réussi là où toutes les autres tentatives avaient échoué depuis plus d’une semaine. En si peu de temps, Elyn se sentait aimée.
Lee termina la chanson, son front contre celui de la brune, leurs mains liées. Elyn posa sa tête tout contre le cou du jeune homme. Elle avait besoin de cette proximité.
- Merci.
Elle sourit en sentant les frissons qui s’étaient créés sur la peau du brun alors qu’elle soufflait ce petit mot.
Il lui demandait de croire en elle autant qu’elle croyait en eux.. Mais la seule chose qui la faisait croire en eux, c’était Lee et tout ce qui le caractérisait. Il était ce pilier dont elle avait tant besoin pour être heureuse.
Quelques secondes s’écoulèrent pendant les quelles Elyn caressa du bout des doigts la peau de son amoureux.
- J’essayerais. Ca prendra du temps, mais je te promets d’essayer.
Pour lui, elle aurait tout fait. Elle avait tellement peur de le perdre, qu’il en ait assez de la voir se perdre dans ce dégoût qu’elle avait d’elle même… Alors elle essayerait de retrouver cette confiance qu’elle avait en elle avant. Elle redeviendrait celle qu’elle avait été, avec quelques défauts en plus. Elle en ferait une force.
Les minutes passèrent en silence, et Elyn commença à être fatiguée. Toutes ces émotions l’avaient retournée toute entière. Elle bailla dans le cou de Lee en tentant de se faire discrète, mais quand elle releva le tête pour le regarder, elle comprit vite qu’elle n’avait pas été si discrète que ça. Elyn lança un regard d’excuse au jeune homme avant d’attraper doucement sa main, jouant avec ses doigts en souriant.
Elyn semblait heureuse, et c’était actuellement tout ce qui comptait pour Lee. Elle semblait avoir apprécié la chanson, et le remerciement qu’elle glissa à Lee lui arracha un frisson. Il sourit. Elle avait soufflé tout contre sa peau, et il adorait sentir sa peau réagir à si peu. Elle le rendait fou, et Lee perdait la raison.
Il ferma les yeux pour savourer ces instants uniques qu’il partageait, leur bien être, et la simplicité de ce moment. Tous leurs problèmes s’étaient envolés ce soir. C’était comme si rien ne pouvait plus les atteindre. La lumière s’était faite dans leurs coeurs, et Lee était heureux de pouvoir enfin troquer sa tristesse et sa douleur contre un peu d’amour et de tendresse…
Elyn lui promit d’essayer de retrouver sa confiance en elle, et l’étudiant lui sourit, ravi.
- Je t’aiderai. Je serai là pour toi, et je te ferai voir combien tu es unique et incroyable.
Il serra sa main dans la siennes et l’imagina en train de danser, perdue dans un monde connu d’elle seul, si belle, si talentueuse… Il désirait qu’elle retrouve un jour la force de se mouvoir sans penser au pire. Sans penser à ses cicatrices, à ce vendredi noir, et à tout ce qui pourrait l’empêcher d’être totalement heureuse dans sa danse.
Lui n’avait pas encore eut la force de reprendre son violoncelle en main. Il avait peur de le souiller du sang de sa culpabilité. Et faire de la musique n’avait pas été sa priorité de ses derniers jours… Mais cette chanson, offerte à celle qu’il aimait ce soir, elle lui avait redonné l’envie…
L’envie de laisser la musique guider ses pas, guider sa vie. L’envie de laisser glisser sur ses cordes si familières, avec la même douceur qu’ils caressaient la peau d’Elyn… L’envie de se perde lui aussi dans un monde meilleur, plus coloré.
Lee sourit, perdu dans ses pensées. Il sentit alors le souffle chaud de sa belle contre son cou et baisser des yeux emplis de douceur vers elle. Il sourit plus encore lorsqu’il vit qu’elle baillait, et poussa un long soupir.
Après tout ce qu’ils venaient de vivre, il était bien normal de ressentir de la fatigue. Et Lee avait envie de fermer les yeux et dormir depuis des jours. Sans cauchemars, sans craintes de se réveiller en hurlant. Sans crainte de se réveiller seul… Il désirait juste dormir une nuit entière sans bruit, dormir uniquement… Aucun son, aucune image, juste le noir, si rassurant, si protecteur…
Il soupira de nouveau et amena Elyn plus contre lui alors qu’il se laissait glisser sur le lit de la jeune femme. Couché sur les draps moelleux, les idées clairs, entremêlée auprès de son amoureuse, Lee ferma les yeux.
- Dors bien, Petit Oiseau…
Ses paupières étaient si lourdes que les laisser tomber sur ses yeux épuisés était une délivrance. Il avait l’impression qu’il pourrait dormir des jours entiers ainsi serré contre Elyn, dans un cocon de douceur et d’amour. Souriant dans son sommeil, le souffle chaud et rassurant de la danseuse contre son cou, Lee laissa Morphée l’emporter loin, et le bercer comme lui berçait Elyn.
Il ne dormirait pas seul ce soir, et cette simple idée suffisait à lui assurer une nuit longue, et vide, pour la première fois depuis longtemps.




