Pourquoi voir le lendemain? Déjà parce que l'affiche est classe et résume en quelque sorte le film et puis parce que c'est un premier film plutôt réussi dans une veine germano-scandinave à la fois sobre et crue avec cet oeil clinique qui n'explique rien et fait finalement plus froid dans le dos. Pour se faire, Magnus von Horn est épaulé à l'image par Lucazs Zal qui s'était fait remarqué sur le film polonais en noir et blanc, Ida, pour raconter ce fait divers. La photographie de la campagne suédoise accentue la froideur des personnages et le côté clinique du film qui montre plus qu'il ne dissèque le sortir de prison d'un jeune ado et son retour à sa vie d'avant. La force du film est de sans doute ne rien dévoiler. Le spectateur devine, comprend, interprète: la sortie de prison, les retrouvailles gênées entre le père et le fils, le retour au lycée où l'ado est vite mis à l'écart voire bousculé, l'altercation dans un supermarché, l'absence de la mère... Le film alterne de longs plans séquences qui donne ce rythme nordique au film et des actions hors champ finalement significatives et dont on ne voit que le résultat au mieux. Quand on regarde John (Ulrik Munther), on s'interroge sur le mal: visage d'ange, yeux presque candides, sourire qui peut être enjôleur mais une extrême dureté et froideur notamment lorsqu'il évoque son crime. Et s'il n'y avait pas de raison au mal? Et si la société se déshumanisait tout simplement? Et si l'homme n'était qu'un loup pour l'homme et encore plus pour la femme? La réaction des autres au monstre est d'ailleurs souvent plus monstrueuse comme si on devait forcément surenchérir à l'horreur.















