Plus lent dans ce putain de Jeu.
C'est probablement ce qu'aurait dit Robert Earl Davis Junior, aka DJ Screw, dans les années 90, s'il avait été français. Seulement voilà, il était de Houston, et il a inspiré tout le rap de sa ville, avant de toucher le reste du sud des Etats-Unis, puis les Etats-Unis, puis le monde. Respectivement pendant, pendant, après, et largement après sa vie. C'est simple, aujourd'hui, l'héritage DJ Screw est partout : du rap de tous horizons (avec Memphis et Atlanta en tête, pour ceux qui piochent le plus dedans), à la Witch House, pour finir avec ce putain de Vaporwave musique, et la pop plus globalement. Mais bon, là je vais parler de Lil Prod, et Lil Prod, lui, il est français, et il devait probablement écouter Henry Dès dans les années 90, ou n'importe quelle chose pour enfants, du style, le générique des Tortues Ninja.
La Ville Du Putain de Sirop. Le ton est donné : évocation du fameux sirop codéine, celui-là même responsable de la mort de DJ Screw, « purple » balancé toutes les cinq secondes et pochette digne des créations des cultes Pen & Pixels, eux mêmes à l'origine de toute l'imagerie Bling Bling du rap, et – donc – de certaines sorties de Screw.
Voilà ! On est dans le Sud ! Houston ! Carrément !
Mais Hyou-s/-Thon, petit village en France, dans le sud du... Nord de la France ? En fait, Lil Prod est flou, j'ai pas la moindre idée d'où il vient, mais ce que je sais : c'est où il va (pas vraiment quelque part, le gars est sur internet, et c'est tout, et encore) et d'où viennent ses influences majeures (pensez Three Six Mafia avec les Juicy J, Lord Infamous, DJ Paul, Project Pat, Kingpin et compagnie : oui, Lil Prod est aussi et surtout un gros fanna d'horrorcore).
Passons maintenant à l'album en question.
Instrus lentes, jazz, très « rap classique », très DJ Screw... Encore ? Oui ! Encore et toujours, comprenez : La Ville Du Sirop est un pur hommage à ce dernier, que je vous conseille d'aller écouter tout de suite, si ce n'est pas déjà fait. (si, d'ailleurs, ce n'est pas le cas : mais que DIABLE foutez-vous ici ?) Lil Prod, pitché grave donc, balance des prières à la boisson violette dans chaque track, des « tu vois c'que j'veux dire ? » façon film Dorcel, et quelques insultes en anglais, histoire de. L'album est sympa, bien foutu pour son genre, et s'écoute très (trop?) facilement, bien loin de ses autres sorties, plus axées horrorcore, et pas forcément folles, voire limites parodiques et chiantes par moments.
Rien de fou par ici, juste un album de screwed and chopped en français d'un gars un peu étrange qui en reprend tous les codes de la plus simple des façons, le temps d'un hommage.
Lil Prod ressemble à une blague, mais écoutez au moins La Ville Du Sirop, et puis, seuls les vrais savent. Tati Mane











