Léo Ferré, Jean-Roger Caussimon, Lochu, De Guesclin à La Mémoire et la Mer.
a posté le 7 avril 2014 à 12h49
Léo Ferré, préface à Jean-Roger Caussimon Poètes d'aujourd'hui et à Mes Chansons des quatre saisons, LES CHANTS DE LA FUREUR, p 1299: ...Mais qui est donc ce comédien qui se permet, entre deux émissions-bifteck, de descendre dans ce caboulot d'Ostende et d'y croquer quelques frites mouillées de moules marinières et d'y parler d'amitié perdue, de solitude ? Qui est donc ce tragique, haut et fort comme un chêne silencieux dans le vent d'imbécillité qui fonce sur le monde à une vitesse difficilement appréciable...? Un poète ? Pensez-vous !...N'est pas poète qui veut ou qui peut, aujourd'hui. Pour être poète, il convient tout d'abord d'écrire des conneries cernées dans une syntaxe abstruse...Des hommes pensent et tout le monde s'en fout et passe devant des plaquettes invendues...
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/858442-leo-ferre-le-livre-d-annie-butor-est-degueulasse-du-verbe-degueuler.html
a posté le 7 avril 2014 à 11h57
Jean-Roger Caussimon, “Comme à Ostende”, MES CHANSONS DES QUATRE SAISONS, p 159: On voyait les chevaux d' la mer/ Qui fonçaient, la têt' la première/ Et qui fracassaient leur crinière/ Devant le casino désert../ La barmaid avait dix-huit ans/ Et moi qui suis vieux comm' l'hiver/ Au lieu d' me noyer dans un verre/ Je m' suis baladé dans l' printemps/ De ses yeux taillés en amande.../ Léo Ferré, “Les Etrangers”, LES CHANTS DE LA FUREUR, p 471,472: ...T'as le coeur comme ces rocs vêtus de chantilly/ Quand la tempête y a fait un shampoing dans la nuit/ Ta maman t'a croché deux ancres aux doigts de chair/ Et les lignes de ta main ça se lit au fond de la mer...Et les soirs d'illusion avec la nuit qui va/ Dans Brest et dans Lorient on pleure et on s'en va/ Lochu ? L'An Dix mille..Tu te rappelles ?/ Lochu ? L'An Dix mille...
a posté le 6 avril 2014 à 14h54
L-Ferré, Lochu-la-mer, LES CHANTS DE LA FUREUR, p 1317...: ...Quand on sent la marée, on se met une casquette, on achète une carte marine et l'on demande à Lochu de rallumer son voilier. Lochu, je l'ai rencontré en 68. J'étais dans le désordre. Il m'a remis sur la route. La Bretagne, pour moi et dès lors, n'est plus que le sentiment "recommencé", comme la mer de l'autre qui la regardait aussi, la mer, mais du côté de Sète et avec des idées reçues directement de Méditerranée et sans Lochu, pardi ! Lochu toujours recommencé...Les gens qui ne sont pas de la mer lisent les cartes et le Pacifique les poursuit jusque dans les librairies spécialisées...et ils se prennent pour la mer...il y a peut-être le mal de la mer..Il y a ce monde inconnaissable et que nous ne connaîtrons jamais. Salut, Lochu ! Bon vent..
a posté le 6 avril 2014 à 12h47
François André, “De Guesclin à La Mémoire et la mer”, LES COPAINS D'LA NEUILLE n° 26, p 12...: ...”Les Chants de la fureur” proposent...de passer de l' "extrait" de 1962 à la "version longue"...qui devait initialement paraître...en 1977...Il y a eu...entre 1962 et 1977...d'autres "raccordements" publiés, l'un en 1963, l'autre en 1970...La mise en chansons (:sept)...s'étend de 1970 à 1982...La dernière ambition...sera de laisser le lecteur à sa solitude, libre de prendre la vague et la mer, libre de s'immerger dans ces...raz-de-marée, libre de tenir au pied de la lettre le conseil...que Paul Castanier donnait à Allain Leprest écoutant La Mémoire et la mer: "Essaie de ne rien comprendre ! ". Et Leprest de conclure: "Il avait raison, il faut sauter dedans comme dans la mer". La mer qui ouvre son livre.
a posté le 6 avril 2014 à 11h18
Léo Ferré, “La Mémoire et la Mer” (version longue, 1977) et chanson “Des mots”, LES CHANTS DE LA FUREUR, p 808...: ...Arrive marin d'outre-temps/ Arrive marine d'extase/ Quand je m'arrête tu me prends/ Comme je te prends dans ta case/ Négresse bleue blues d'horizon/ Et les poissons que tu dégorges/ Depuis ton ventre et tes façons/ Quand ton "sexo" joue dans ta gorge...Mes souvenirs s'en vont par deux/ Moi le terrien du Pacifique/ Je suis métis de mes aveux/ Je suis le silence en musique/ Le parfum des mondes perdus/ Le sourire de la comète...Les vagues les vagues jamais/ Ne viendront repeupler le sable/ Où je me traîne désormais/ Attendant la marée du diable/ Ce copain qui nous tient la main/ Devant la mer crépusculaire/ Depuis que mon coeur dans le tien/ Mêle ton astre à ma Lumière...
a posté le 5 avril 2014 à 17h45
Léo Ferré, Guesclin, LES CHANTS DE LA FUREUR p 796 à 798 (ou “Léo Ferré Poètes d'aujourd'hui”, 1962): ...les coquillages figurants/ sous les sunlights cassés liquides/ jouent de la castagnette tant/ qu'on dirait l'Espagne livide/ je fais les bars américains/ et je mets les squales en laisse/ des chiens aboient dessous Guesclin/ ils me laisseront leur adresse...ô boys du tort et du malheur/ ô beaux gamins des revoyures/ nous nous reverrons sous les fleurs/ qui là-bas poussent des augures...nous irons sonner le Breton/ au quarante-deux rue Fontaine/ réveille-toi Dédé-façons/ c'est Benjamin qui se ramène/ oui c'est Péret moi le filou/ le glob'trotteur des Mayas tristes/ ferme ton bistre et viens chez nous...à bientôt Dédé à bientôt/ ici quelque fois tu me manques/ viens je serai ton mort gâteau/ je serai ton Péret de planque.
a posté le 5 avril 2014 à 16h47
Léo Ferré, “Guesclin” ( puis “La Mémoire et la Mer”, version longue), LES COPAINS D'LA NEUILLE n°26, p 14,15 (La Rue,1970): ...Je suis devenu le mourant/ Mourant le galet sur ta plage/ Guesclin je reste au demeurant/ Méditerranéen sauvage/ La marée je l'ai dans le coeur/ Qui me remonte comme un signe/ Je meurs de ma petite soeur/ De mon enfant et de mon Cygne...Je suis le fantôme Jersey/ Celui qui vient les soirs de frime/ Te lancer la brume en baisers/ Et te ramasser dans ses rimes...Je prierais Dieu si Dieu priait/ Et je coucherais sa compagne/ Sur mon grabat d'où chanteraient/ Les chanterelles de mon pagne...Il ne prête qu'à ses Lumières...Je lui parlerai de mon père/ Du fils de l'homme et de Guesclin/ Quand je descendais sur la grève/ Et que de la mer de satin/ Luisaient les lèvres de mes rêves...