Les fiches recettes de Nadège : comment créer un carnet à reliure japonaise
Atelier pour les enfants à partir de 10 ans et les familles
Il y en a des œuvres dans cette Galerie du temps… Et en plus, sur ce blog, les médiatrices et médiateurs du musée vous partagent plein de conseils et d’astuces pour apprendre à les dessiner !
Je me suis dit qu’il serait intéressant de vous partager une façon de créer un carnet de croquis. Comme ça, vous pourrez dessiner dans un carnet un peu spécial, qui rassemblera tous vos croquis inspirés des œuvres du Louvre-Lens !
Qu’est-ce que la reliure japonaise ?
La reliure japonaise est une technique permettant de relier un nombre de pages plus ou moins élevé grâce à une couture simple. Cette reliure ne nécessite pas de colle et est simple à maîtriser. Elle permet donc de confectionner ses propres livrets et carnets à partir d’un matériel simple. Et en plus, le résultat est très beau et donne un esthétisme particulier aux créations.
Comment faire un carnet de croquis ?
Il vous faut :
- 16 feuilles de papier A4 (type papier pour imprimante),
- une règle,
- un crayon à papier,
- du fil (idéalement du fil de coton ciré parce que c’est plus solide, mais si vous n’en avez pas vous pouvez utiliser du fil à canevas ou à broderie),
- une grosse aiguille à canevas (si vous n’en avez pas, utilisez un pic à brochette et la plus large aiguille que vous puissiez trouver),
- un poinçon (si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser une punaise, ou une épingle à nourrice, un clou ou encore une aiguille à tête),
- des pinces (des pinces à linge par exemple),
- facultatif : une feuille cartonné (type emballage) pour rigidifier le fond du carnet, et une feuille de beau papier qui vous plaît pour la couverture.
1 – Prendre 15 feuilles A4 (on en laisse une de côté, elle servira plus tard).
Par paquets de 3 feuilles, les plier en deux en ramenant le grand côté sur lui-même. On obtient ainsi 5 paquets de 3 feuilles pliées en 2, ce qui va permettre de faire un carnet au format A5.
2 – Découper le carton au format A5, et le papier décoré qui servira de couverture en deux A5 (un pour le recto, et un pour le verso). Coller une des couvertures sur le carton, cela afin de renforcer le fond de votre futur carnet (cette étape est optionnelle).
3 – Superposer les éléments dans cet ordre de haut en bas :
- la couverture souple, avec le motif vers vous,
- les 5 paquets de 3 feuilles, avec le pli du côté gauche,
- la couverture cartonnée, avec le motif vers la table.
4 – Prendre la feuille restante et découper un A5. Cette feuille va servir de gabarit pour faire les trous de la couture. Pour cela, la poser à la verticale. A l’aide d’une règle, tracer un trait à 1,5 cm du bord gauche.
Puis, plier la feuille en deux en ramenant le grand côté sur lui-même. Plier à nouveau en deux, puis encore en deux.
5 – Déplier la feuille. Marquer d’une croix un pli sur deux, en commençant par le pli le plus proche du bord. Il y a 4 repères en tout.
6 – Prendre la couverture et le premier paquet de feuilles. Mettre le gabarit dessus et caler le tout avec des pinces de chaque côté, afin que cela ne bouge plus.
Selon ce que vous avez chez vous (un poinçon, une punaise, un clou ou autre…), faire les trous en suivant les repères du gabarit. Bien passer à travers toutes les feuilles !
Si vous utilisez une aiguille fine, prendre le temps de bien élargir chaque trou, avec un pic à brochette ou un gros clou par exemple. Cela facilitera la couture de la reliure.
7 – Répéter l’étape 6 avec tous les paquets de feuilles restants et la couverture du fond.
8 – Préparer la bonne longueur de fil nécessaire à toute la reliure, en comptant environ 5 fois la longueur du carnet.
Attention, si le fil est trop court, vous devrez recommencer toute la couture. Il est donc préférable de prévoir plus que pas assez ! Enfiler le fil dans le chas de l’aiguille.
9 – C’est parti pour la reliure ! Mettre le carnet avec les trous vers vous. Commencer en passant l’aiguille dans le 2e trou en partant de la gauche, et cela au milieu des feuilles. Ressortir l’aiguille vers le haut, et laisser un bout de fil dépasser au milieu.
10 – Repasser dans le même trou, en passant l’aiguille du bas vers le haut, afin de former une première boucle autour du carnet.
11 – Passer l’aiguille du haut vers le bas dans le trou qui se trouve juste à droite (3e trou en partant de la gauche). Bien tirer le fil. Puis passer à nouveau l’aiguille dans ce même trou, de haut en bas afin de former une deuxième boucle autour du carnet.
12 – Repasser l’aiguille du bas vers le haut dans le trou d’à côté (celui tout à droite). Puis, une nouvelle fois, passer dans le même trou du bas vers le haut, afin de former une troisième boucle autour du carnet.
13 – Toujours dans ce même trou, repasser l’aiguille du bas vers le haut, mais, cette fois, de manière à former une boucle sur l’extérieur droit du carnet (de manière à ce que cette boucle soit parallèle à vous).
14 – Revenir vers la gauche, en passant l’aiguille de haut en bas dans le trou d’à côté (le 3e en partant de la gauche). Toujours bien tendre le fil. Remonter l’aiguille en passant dans le trou d’à côté (le 2e en partant de la gauche) de bas en haut.
15 – Passer l’aiguille dans le trou d’à côté (le 1er en partant de la gauche) du haut vers le bas. Bien tirer le fil, puis repasser à nouveau dans ce trou dans le même sens, afin de former une quatrième boucle autour du carnet. Enfin, comme à l’autre extrémité, passer une troisième fois dans le même trou afin de faire une boucle sur le côté gauche (qui soit parallèle à vous).
16 – La couture du dessus est terminée. Il reste à finir celle du dessous. Pour cela, passer l’aiguille de bas en haut dans le 2e trou en partant de la gauche. Attention, cette fois, il faut ressortir l’aiguille et le fil à l’intérieur du carnet, à l’endroit où se trouve le fil de départ. Ainsi, on peut terminer la couture en faisant un double nœud avec les fils de début et de fin, qui sera caché à l’intérieur du carnet.
17 – Et voilà, votre carnet de croquis est prêt !
Vous n’avez plus qu’à dessiner ! Je vous invite à commencer par les activités de mes collègues, pour apprendre à dessiner :
- l’idole féminine avec Alix https://lelouvrelenschezvous.tumblr.com/post/613042839661740032/japprends-%C3%A0-dessiner-une-%C5%93uvre-de-la-galerie-du
- le miroir à double battant avec Audrey https://lelouvrelenschezvous.tumblr.com/post/613996306986418176/japprends-%C3%A0-dessiner-une-oeuvre-de-la-galerie-du
- ou encore la déesse Bastet avec Géraldine https://lelouvrelenschezvous.tumblr.com/post/613495228977053696/japprends-%C3%A0-dessiner-une-%C5%93uvre-de-la-galerie-du
Et si nous prenions l’air à travers la peinture ? Je vous emmène vous promener à l’intérieur du Paysage idéal de Camille Corot, peintre français du 19e siècle.
Jean-Baptiste Camille Corot
Paris (France), 1796 – Paris (France), 1875
Paysage idéal avec scène de danse antique, dit Danses virgiliennes
Vers 1855-1860
Huile sur toile
Devant cette grande étendue d’herbe, j’aperçois une femme tenant par la main un jeune enfant. Sa main droite semble tendre, vers le ciel, un petit tambourin. Juste derrière eux, au pied d’un majestueux arbre feuillu, un personnage est allongé dans l’herbe. Rêve-t-il tout en écoutant le chant des oiseaux ? Un autre est assis, une flûte à la bouche. Il joue quelques notes à côté de deux amoureux qui s’enlacent. Je ne les dérange pas plus…
Des chants, des éclats de rire, m’entraînent dans la petite allée à droite, véritable rideau de verdure. Une légère brise fait frissonner les arbres. Les feuilles laissent passer la douce lumière de fin de journée.
Je m’avance un peu et j’aperçois des femmes et des hommes joyeux qui dansent en ronde. Comme ils ont l’air de s’amuser !
Tout semble paisible comme l’étendue d’eau située au loin.
Un brin de mélancolie m’étreint. Je me laisse à rêver mon paysage idéal, comme un tableau.
En ce temps de confinement, nous devons rester chez nous mais il nous est possible de nous balader dans le paysage de Camille Corot ! Partons…
Le saviez-vous ?
Ce Paysage idéal, Jean-Baptiste Camille Corot l’a peint à la fin de sa longue carrière. Une carrière de peintre pavée de portraits, de scènes du quotidien mais surtout de paysages.
Né en 1796, il a suivi l’enseignement de deux peintres de paysage reconnus : Achille-Etna Michallon et Jean-Victor Bertin. Incité par ses maîtres à étudier la nature de très près, Corot a voyagé et découvert l’Italie. Au gré de ses promenades dans la ville éternelle de Rome ou dans les collines de la belle Toscane, son œil s’est réchauffé au soleil et son pinceau l’a suivi. Les arbres, les bâtisses, les chemins, les ciels, tout émerge dans ses tableaux grâce à la lumière et aux ombres. Notre œil est guidé par cette alternance qui ouvre et ferme clairières, rivières et ports de mer.
De retour d’Italie, notre ami a poursuivi ses pérégrinations dans diverses régions et notamment, dès les années 1850, dans ce qui se nomme aujourd’hui les Hauts-de-France. Ami du peintre arrageois Constant Dutilleux, il a, en sa compagnie, peint les plages au large de Dunkerque et Boulogne aussi bien que les chemins creux de l’Artois. Sa touche s’est faite plus légère, ses couleurs se sont assourdies pour évoquer la lumière changeante des ciels de la Côte d’Opale, les feuillages aériens des saulées le long de la Scarpe ou encore la pierre claire du beffroi de Douai.
Bien que réalisant ses études sur le motif, c’est-à-dire en plein air, il a conservé l’habitude de peindre ses tableaux en atelier, à partir de ses esquisses, ainsi que le lui avaient enseigné ses maîtres. C’est sans doute de la sorte qu’il a procédé pour le Paysage idéal que nous admirons au Louvre-Lens. Difficile d’identifier le lieu où se passe la scène, et pour cause ! Cette promenade à laquelle nous invite Corot est une promenade intérieure. Aidé de ses ébauches et de ses clichés-verre – il a très tôt adopté la photographie – il crée ici une atmosphère douce et irréelle, faite de ses souvenirs, une vision idéale d’un paradis perdu ou à venir, un pays que le poète latin Virgile chante sous le nom d’ « Arcadie ». Ce faisant, il nous invite aussi à visiter notre monde intérieur : fermez les yeux, souvenez-vous d’une belle promenade et refaites-la mentalement...
Au musée, on prend souvent des photos. Pour garder des souvenirs des oeuvres, faire des selfies... Au musée, il nous arrive d’exposer des photos, par exemple celles de Kasimir Zgorecki qui avait son studio de photographe à Rouvroy...
Mais saviez-vous que, dès l’Antiquité, un petit objet ancêtre de l’appareil-photo était utilisé? Cet objet étonnant était appelé “camera obscura” en latin, c’est-à-dire “chambre noire”. Elle permettait de projeter la réalité en 3 dimensions, sur une surface plate, donc en 2 dimensions. Transformer la réalité en une image : magique!
Le saviez-vous?
Les artistes, en particulier les peintres, ont beaucoup utilisé la camera obscura : elle les aidait à composer leurs tableaux!
Prêts à fabriquer votre propre modèle de camera obscura? Il s’agira d’une forme simple appelée sténopé!
Il vous faut :
- deux carré (25x25 cm) de papier épais noir ou d’une autre couleur. Ce papier doit être opaque. Vous pouvez, par exemple, réutiliser un sac en papier, un carton de céréales... (Attention, le papier que nous avons utilisé pour cette explication était encore trop translucide!)
- un petit carré de papier calque, papier sulfurisé ou bout de sac plastique blanc
- une paire de ciseaux
- un crayon de bois
- une pointe ou un crayon pointu
- une règle et/ou une équerre
- du scotch
Préparation : Coupez deux carrés de papier mesurant 25x25 cm.
Fabrication de la première boîte
1 - Pliez la feuille de papier en deux.
Résultat :
2 - Pliez de nouveau la feuille en deux, dans l’autre sens, pour obtenir deux plis.
3 - À partir de chacun des quatre angles de la feuille, mesurez 12,8 cm et faites un point au crayon.
4 - Pliez chaque angle en ramenant la pointe sur le point au crayon.
Résultat :
5 - Repliez le côté plat vers la pointe opposée. Recommencez pour les quatre côtés.
Résultat :
6 - Repliez la feuille en deux.
7 - Découpez un triangle en gardant environ 0,5 cm de distance avec les plis.
Résultat :
8 - Coupez un carré de papier cuisson ou calque un peu plus grand que le carré que vous venez de découper. Placez le papier calque sur le carré ainsi découpé et collez-le avec du scotch.
Résultat :
9 - Tournez la feuille et dépliez deux côtés parallèles.
10 - Formez la boîte en repliant vers l’intérieur les plis situés aux angles du carré comblé de calque.
11 - Repliez la pointe sur les plis ainsi formés, collez la pointe avec du scotch. Faites pareil avec l’autre côté.
La première boîte est faite !
Fabrication de la seconde boîte
Procédez de la même façon, mais avec deux différences :
Étape 3 : à partir de chacun des quatre angles de la feuille, mesurez 14 cm et faites un point au crayon.
Passez de l’étape 5 directement à l’étape 9 ! Ne découpez pas de carré!
Étape 12 : une fois la boîte formée, percez un trou au centre.
La seconde boîte est faite !
Insérez maintenant la première boîte dans la seconde boîte!
Maintenant, c’est à vous de jouer avec votre camera obscura : cherchez un motif bien éclairé et observez-le grâce à la camera. La mise au point se fait en réglant la distance entre le calque et l’objectif, c’est-à-dire la première et la deuxième boîtes. Il faut donc les faire coulisser l’une sur l’autre pour obtenir de la netteté!
Astuce : Attention, le motif est à l’envers ! Et non, ça ne sert à rien de tourner la boîte. ;-)
Savez-vous pourquoi? Les objets éclairés réfléchissent la lumière dans toutes les directions. Or dans la camera obscura, seul un rayon se fraye un chemin à travers le petit trou. Les rayons lumineux ayant une trajectoire en ligne droite, ils se croisent au niveau du trou pour former une image inversée à l’intérieur de la boîte. Le principe est le même que dans l’œil humain, où le cerveau fait le travail de remettre les images à l’endroit. Quelques petites recherches sur Internet devraient vous aider à mieux comprendre...
Vue sur la fenêtre du salon de Paul...
Si les résultats avec le papier calque sont trop flous, essayez de le remplacer par un morceau de sac en plastique blanc...
Envoyez-nous vos essais, vos remarques et vos pistes d’amélioration, et amusez-vous bien!